Suppression de jours fériés : le gouvernement espère plus de 4 milliards d'euros dès 2026
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La suppression de jours fériés pourrait impacter la consommation.
SARAH MEYSSONNIER
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La suppression de jours fériés pourrait impacter la consommation.
SARAH MEYSSONNIER
Chiffon rouge ou véritable mesure, la suppression possible de deux jours fériés continue d'agiter le débat politique. Et le gouvernement entend bien justifier cette disposition par la contribution qu'elle pourrait apporter à son objectif de renflouement du budget. Il a ainsi confirmé qu'il visait un rendement de 4,2 milliards d'euros dès 2026 pour le budget de l'État, selon le document d'orientation qu'il vient d'adresser aux partenaires sociaux.
Dans ce courrier, le gouvernement souhaite « porter en projet de loi de finances pour 2026 une mesure de suppression du caractère férié de deux jours, le lundi de Pâques et le 8 mai », pour les salariés du secteur privé comme du public.
« Les salariés mensualisés et les agents publics ne seront pas rémunérés davantage pour ces nouvelles heures de travail » et « en contrepartie, les employeurs du secteur privé s'acquitteront d'une contribution qui sera affectée au budget de l'Etat », un dispositif calqué sur celui de la journée de solidarité.
Le gouvernement invite les partenaires sociaux de lui faire savoir « d'ici au 1er septembre » s'ils souhaitent engager une négociation, qui devra le cas échéant se conclure « au plus tard le 30 septembre ».
Il est fort à parier que la mesure, présentée comme un levier pour augmenter le volume annuel de travail, produire davantage et renforcer la compétitivité économique de la France, ne passe pas comme une lettre à la poste. Les syndicats sont montés directement au créneau à l'image de la CGT et de la CFDT, tandis que le patronat a exprimé sa réticence face au dispositif de taxation qui doit permettre de flécher une partie des gains vers les caisses de l'Etat.
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D'autant que les gains annoncés sont loin d'être aussi évidents que l'affirme le gouvernement. Au lendemain des annonces faites le 15 juillet par le Premier ministre François Bayrou, la docteure en économie et directrice générale de l'Institut Avant-garde, Clara Léonard, avait réagi sur France Culture. Prenant l'exemple de la journée de solidarité du lundi de Pentecôte, dont elle rappelle que celle-ci est finalement souvent chômée, elle constate que l'apport à la richesse nationale est plus limité que celui d'une journée de travail classique. Là où elle devrait générer 0,4 point de PIB supplémentaire (calcul fait en rapportant le produit intérieur brut aux 250 jours ouvrés annuels), elle n'ajoute que 0,06 selon les calculs de l'Insee. Elle voit deux causes à cela : « Le niveau de production est contraint par la demande, qui n'augmente pas. Et le temps de loisir est souvent un temps de consommation. Si vous enlevez du loisir, vous enlevez de la consommation. »
Les modalités de la mise en œuvre de cette mesure doivent encore être précisées. Le choix du lundi de Pâques et du 8 mai, d'abord cités en exemple par le Premier ministre François Bayrou dans son discours du 15 juillet, semble néanmoins se confirmer. Le courrier gouvernemental précise néanmoins que le choix des deux jours concernés peut encore être « discuté ».
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Ce document d'orientation a été envoyé samedi aux partenaires sociaux en même temps que la « lettre de cadrage » sur l'assurance chômage, feuille de route fixant le cadre de la négociation d'une nouvelle réforme, avec l'objectif d'atteindre « 2 à 2,5 milliards d'euros » d'économies par an de 2026 à 2029.
(Avec AFP)
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