« Toutes les raisons sont réunies » : la baisse des taux de la BCE se précise
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Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.
BENOIT TESSIER
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Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.
BENOIT TESSIER
[Article publié le jeudi 28 novembre 2024 à 16h01 et mis à jour à 16h28] Lors de la prochaine réunion à la BCE le 12 décembre, l'institution a de fortes chances de baisser une nouvelle fois ses taux. C'est ce qu'estime ce jeudi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.
Pour rappel, la BCE avait fortement relevé ses taux dans le sillage de la reprise post Covid-19 puis de la guerre entre la Russie et l'Ukraine, qui a fait s'envoler les prix énergétiques, avant de desserrer l'étau à partir de juin dernier. L'institution a de nouveau abaissé en octobre ses taux directeurs pour la troisième fois consécutive depuis le début 2024. Le taux de dépôt a ainsi été ramené à 3,25%.
La plupart des économistes prévoient que la BCE décidera de nouvelles baisses lors de ses prochaines réunions, jusqu'à ramener le taux de la facilité de dépôt à 2%. Une fois revenue à ce niveau, la politique monétaire de la zone euro serait considérée comme neutre, c'est-à-dire qu'elle ne freinerait ni ne stimulerait l'économie.
« Il n'y aura, à mon avis, aucune raison de maintenir notre politique monétaire en territoire restrictif », a estimé François Villeroy de Galhau, rappelant le contexte qui devrait « nous situer durablement à 2% d'inflation ». Ainsi que les perspectives de croissance limitées en Europe.
Selon des estimations de la BCE et de la Banque de France, le taux neutre se situe entre 2% et 2,5%, a rappelé le gouverneur. « En d'autres termes, à 3,25%, nous disposons encore d'une marge de manœuvre importante pour mettre fin à l'orientation restrictive de notre politique monétaire », a-t-il souligné.
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Mi-octobre, François Villeroy de Galhau avait mis en garde à propos de l'existence d'un « risque » de passer sous cette barre des 2%. Une inflation inférieure à 2% étant considérée comme pénalisante pour la croissance économique.
Des propos qui viennent confirmer ceux de la présidente de l'institution, Christine Largarde. « Les nouvelles informations sur l'inflation montrent que le processus de désinflation est en bonne voie », avait-elle déclaré fin octobre. En zone euro, l'inflation a ralenti plus que prévu en septembre, à 1,7% sur un an, soit en dessous de l'objectif de la BCE fixé à 2%. En octobre, elle atteint pile 2% sur un an, d'après Eurostat.
Lundi, c'est le chef économiste de la Banque centrale européenne, Philip Lane, qui a estimé que de nouvelles baisses de taux directeurs devraient également avoir lieu en 2025.
Certains économistes tablent également sur une prochaine baisse le 12 décembre. Cette baisse sera de 0,25 point de pourcentage, selon le consensus. Mais Christine Lagarde ne ferme pas non plus la porte à une baisse plus importante de 0,5 point de pourcentage. Notamment en cas de sérieuse dégradation de l'économie européenne. Un scénario qui n'est cependant pas privilégié.
De son côté, la reprise du crédit se confirme depuis les dernières baisses de taux. Les prêts aux ménages et entreprises de la zone euro ont continué à augmenter en octobre grâce à la baisse des taux d'intérêt. Ils restent tout de même faibles dans le contexte d'incertitude économique, a annoncé ce jeudi la Banque centrale européenne (BCE). Les crédits immobiliers ont augmenté de 0,8%, légèrement plus qu'en septembre. Mais ils sont encore bien loin du niveau de croissance observé jusqu'à la mi-2022, supérieur à 5%, avant le cycle de hausse des taux entamé pour faire face à la forte inflation.
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Aux Etats-Unis, la banque centrale se montre, elle, prudente. La baisse des taux de la Réserve fédérale (Fed) devrait être réalisée « graduellement », a estimé l'ensemble des responsables de l'institution financière.
En l'état, l'inflation se rapproche de l'objectif et le marché de l'emploi reste solide, avec un taux de chômage qui tourne autour des 4%. Et l'économie dans son ensemble continue d'afficher une tendance très positive. Un contexte qui incite plutôt les responsables de l'institution à envisager d'« aller graduellement vers un taux neutre », selon le compte-rendu (minutes) du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), publié mardi. Un taux d'intérêt neutre, ou naturel, désigne, selon la théorie économique, le niveau auquel le taux d'intérêt n'a d'effet ni restrictif ni expansionniste sur l'économie.
(Avec AFP)
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