Déficit public : la France ne tiendra pas l'objectif de 2,3% en 2018

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(Crédits : Reuters)
Le déficit public de la France est attendu à 2,6% du produit intérieur brut (PIB), soit 0,3 point de plus que prévu précédemment, en raison de la croissance plus faible, a déclaré le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire.

"Il n'y aura pas 2,3% de déficit en 2018". Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a reconnu devant l'Association des journalistes économiques et financiers (Ajef) que la France ne tiendra pas cet objectif en 2018, évoquant un chiffre aux alentours de 2,6% du PIB, soit le niveau atteint l'an dernier. C'est donc 0,3 point de plus que prévu précédemment. Dans son programme de stabilité, envoyé au printemps à la Commission européenne, le gouvernement avait, en effet, annoncé un déficit à 2,3% du PIB cette année, en baisse de 0,3 point par rapport à 2017.

Une faible croissance qui aura "forcément un impact" sur le déficit public

Dimanche, le Premier ministre Edouard Philippe avait déjà concédé que le projet de loi de finances 2019, qui sera présenté fin septembre, sera marqué par un rebond du déficit public sur fond de ralentissement de la croissance. En effet, l'exécutif a ainsi revu sa prévision de croissance à 1,7%, alors qu'il tablait sur 1,9% jusqu'à présent.

"Nous étions [sur un déficit public] à 2,3% du PIB. La moindre croissance va nous amener autour de 2,5 point de déficit. Il faut y ajouter la reprise de la dette de la SNCF Réseau, qui représente 0,1 point", a calculé le ministre, évoquant le chiffre de 3,5 milliards d'euros. "Cela nous met à 2,6%."

Pour autant, le gouvernement maintient "sa trajectoire" des 3% de déficit public (du PIB) - la limite fixée par les règles européennes.

Dette publique : "cinq points en moins" d'ici à la fin du quinquennat

D'après le programme de stabilité élaboré par le gouvernement, la dette publique devait, pour sa part, se réduire à 96,4% du PIB, avant une baisse progressive jusqu'à 89,2% en 2022.

"Je vous confirme que nous ferons cinq points de dette publique en moins sur la durée du quinquennat", a promis Bruno Le Maire, tout en laissant planer le doute sur les chiffres de 2018 et 2019.

Selon l'Insee, la dette publique de la France, fruit de l'accumulation des déficits au fil des ans, s'est établie à 2.255,3 milliards d'euros au premier trimestre 2018, pour atteindre 97,6% du PIB.

(avec AFP et Reuters)

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a écrit le 28/08/2018 à 23:07 :
C'est illusoire de penser faire baisser la dette tant qu'il y a un déficit. Et plus ce dernier est élevé plus la baisse de la dette est illusoire. Prétendre atteindre cinq points de moins dans quatre ans avec un déficit aussi énorme est un crime contre l'intelligence.Si le montant officiel de la dette baisse, ce qui n'est déjà pas sûr, c'est que le problème aura été transféré ailleurs, par exemple par la vente de propriétés
de l'Etat qui lui rapportaient et qui ne lui rapportent donc plus. La situation de pauvreté n'aura donc changé en rien. Il n'y a pas 36 moyens de faire baisser la dette. Il faut baisser les dépenses. Les autres solutions sont des moyens pour la cacher, comme un fond de teint ou une perruque.

Non seulement, dans le principe, la dette consiste à faire payer par les contribuables de demain les biens et services consommés par ceux d'aujourd'hui, ce qui est totalement injuste, mais toute dette s'accompagne d'intérêts à payer tout de suite. Pour environ 4 milliards de dépenses publiques actuelles financés par la dette cette année, il y a environ 40 milliards d'intérêts à payer. Autrement dit il y a plus de 35 milliards de dépenses qui n'ont pas lieu à cause de la dette, et cette dernière ne permet pas d'engager davantage de dépenses, mais elle force à en engager moins. Pour se plaindre que les aides publiques baissent de x millions, il y a du monde, mais pour empêcher ce qui les fait baisser de 37 milliards, bizarrement il n'y a plus personne. Ce serait d'une stupidité rare si on ne savait pas que le poison plus efficace est celui que la victime prend volontairement..
Réponse de le 30/08/2018 à 17:04 :
Est-ce que payer pendant 40 ans une infrastructure dont la population va jouir pendant 200 ans (une voie de chemin de fer, un réseau de distribution d'énergie, d'eau, etc.) est anormal?
a écrit le 28/08/2018 à 14:53 :
le pb il est la!
les francais croient que 3%, c'est le deficit minimal a avoir quand ca va!
et quand ca va pas on explose les compteurs vu qu'il faut faire encore plus de relance et de social!
la france c'est 1% -- de la population mondiale et 15%++ des transferts sociaux!
et a population constante y a deux fois plus de fonctionnaires en france qu'en allemagne!
alors soit ca change vite, soit ca va aller a la faillite, et a la guerre civile!
mais bon, vu qu'une bonne revolution chaviste, c'est l'objectif de la neo ultra gauche, ca va!
Réponse de le 29/08/2018 à 16:37 :
Sil es gens étaient mieux payées, il n'y aurait pas besoin de faire de transfert sociaux. Si on augmentait les salaires, les plus riches payeraient moins d'impôts car ils gagneraient moins, et les autres personnes payeraient plus d'impôts.
Pour votre information : ils y avaient des pays sans impôts et sans déficit public : les pays communistes. Si vous voulez essayer, ne vous gênez pas.
Réponse de le 29/08/2018 à 16:37 :
Sil es gens étaient mieux payées, il n'y aurait pas besoin de faire de transfert sociaux. Si on augmentait les salaires, les plus riches payeraient moins d'impôts car ils gagneraient moins, et les autres personnes payeraient plus d'impôts.
Pour votre information : ils y avaient des pays sans impôts et sans déficit public : les pays communistes. Si vous voulez essayer, ne vous gênez pas.
Réponse de le 30/08/2018 à 17:12 :
Vous parlez de la fonction publique d'état ou locale? Avez-vous regardé le nombre de fonctionnaires dans les Länders?
a écrit le 28/08/2018 à 11:19 :
on a déjà entendu du ça dans l ancien monde.....le nouveau monde était une illusion d optique..... ce doit être le réchauffement climatique, ça brouille la vision......comme les mirages dans le désert......
macron est un dessert au niveau de la pensée.......qualifiée de complexe me ses troupes, car totalement incompréhensible...
a écrit le 27/08/2018 à 23:46 :
« Réduction des dépenses publiques », un sujet et très bien documenté par l' UPR.

Traduction : c’est ce que le gouvernement a annoncé avec son plan de 50 milliards d’économie. C’est la fameuse contrepartie du « pacte de responsabilité » pour ne pas faire exploser le déficit. À ce pacte de responsabilité peu efficace sur la compétitivité, il est désormais demandé d’ajouter une nouvelle réduction drastique des dépenses publiques.

Ce qu’il faut savoir – et que tous les économistes savent – c’est que pratiquer des coupes sombres dans les dépenses publiques lorsqu’un pays est déjà en période de stagnation économique est une politique qui ne peut mener qu’à la récession. Et c’est en outre contre-productif puisque la récession entraîne une baisse des recettes fiscales souvent supérieure aux économies réalisées par la réduction des dépenses. En d’autres termes, cela revient paradoxalement à creuser le déficit que l’on prétendait combler…

Il faut enfin savoir que l’histoire économique enseigne qu’il n’y a pas de baisse des dépenses publiques réussies sans dévaluation monétaire. Songeons aux exemples récents de l’Allemagne (dévaluation de facto avec l’adoption de l’euro, qui est sous-évalué pour la compétitivité allemande) et de la Suède. Autant dire que la baisse des dépenses publiques est impossible pour la France, du fait que l’euro est très surévalué par rapport à la compétitivité de l’économie française.
https://www.upr.fr/actualite/europe/les-gope-grandes-orientations-politique-economique-feuille-route-economique-matignon
Réponse de le 28/08/2018 à 8:53 :
Il existe pourtant un levier que certains pays comme l'Espagne, membre de l'€, ont actionné avec succès puisque leur croissance est redevenue forte, c'est ce qu'on appelle la dévaluation intérieure qui a exactement les mêmes effets (y compris en termes de pouvoir d'achat d'ailleurs), c'est à dire une baisse des salaires et des transferts sociaux. Personne n'a osé le faire en France si ce n'est à niveau homéopathique (cf baisse des APL l'an dernier), c'est pourtant indispensable.
a écrit le 27/08/2018 à 22:44 :
des analystes très compétents estiment que la croissance en 2018 pourrait se situer en réalité plutôt autour de 1,5% que de 1,7% .
c'est dire que le pronostic de Le Maire de déficit global proche de 2,6 % du PIB est plus qu 'improbable , et qu'en réalité il soit plus élevé .
les annonces du Premier ministre de diminuer encore certaines prestations familiales (aide au logement , allocations familiales ) ,supprimer la plupart des 200 000 emplois aidés destinés aux jeunes adultes recalés par le marché concurrentiel du travail , et le quasi blocage des retraites sur les deux prochaines années alors que l'inflation repasse depuis cette année la barre des 2% ,vont provoquer un coup d'arrêt supplémentaire à la consommation des ménages . les entreprises françaises en seront malheureusement les premières victimes avec les demandeurs d'emploi les moins qualifiés .
en somme ,une bérésina sociale et économique est en train de se préparer .
Réponse de le 28/08/2018 à 8:54 :
Avec le niveau du déficit du commerce extérieur de la France, la consommation des ménages n'est plus vraiment un moteur de croissance...
a écrit le 27/08/2018 à 22:00 :
Le budget est restreint par l’entêtement de ne pas légaliser le marché du cannabis que demandent les Français, et qui représente des milliards de recettes fiscales pouvant largement suffire à financer les déficits de retraites et services sociaux (par ailleurs endettés par les mêmes idéaux politiques...). Le manque d'argent est un mensonge puisque la solution de ce marché légal fructueux dont profitent les États Unis existe !
On va donc droit dans le mur avec un gouvernement totalitaire qui n’entends pas l’opinion, et ses coupes budgétaires ne feront qu’aggraver la pauvreté et l’endettement.
a écrit le 27/08/2018 à 17:20 :
L'arrivée d'un militaire à la tête de la République française (mais qui méritait de s'appeler "de France") a vu à la fois la fin des déficits budgétaires et d'un conflit militaire qui n'étaient pas à notre honneur. Depuis l'arrivée d'un énarque descendant de Louis XV par les chambrières, nous retombons dans les travers des déficits budgétaires et des conflits militaires. Y a-t-il un général, fut-ce à titre provisoire, (les caporaux n'ont pas laissé de bons souvenirs dans l'histoire) pour nous sortir de la m....?
a écrit le 27/08/2018 à 16:28 :
Comment la presse ne se déchaîne pas contre ces incompétents ? Souvenez-vous, lorsque l'année dernière, la Cour des Comptes avait faussement annoncé que la baisse du déficit serait moins forte qu'attendue, (2.9% à la place de 2.6%), on avait parlé d'état catastrophique du budget. Mais en oubliant de signaler qu'il y avait quand même une baisse de prévue. Aujourd'hui, le gouvernement ne prévoit aucune baisse, mais il n'y a pas de réaction.
Alors même que la croissance du restant de la zone euro est très forte. Et que sans aucune baisse du déficit, nous sommes incapables de gnérer de la croissance.
Réponse de le 28/08/2018 à 8:57 :
On paie évidemment l'absence totale d'austérité budgétaire depuis des décennies, et la constitution au cours de celles-ci d'une sphère publique qui s voulait omnipotente et qui n'est qu'impotente.
a écrit le 27/08/2018 à 16:26 :
Comment la presse ne se déchaîne pas contre ces incompétents ? Souvenez-vous, lorsque l'année dernière, la Cour des Comptes avait faussement annoncé que la baisse du déficit serait moins forte qu'attendue, (2.9% à la place de 2.6%), on avait parlé d'état catastrophique du budget. Mais en oubliant de signaler qu'il y avait quand même une baisse de prévue. Aujourd'hui, le gouvernement ne prévoit aucune baisse, mais il n'y a pas de réaction.
Alors même que la croissance du restant de la zone euro est très forte. Et que sans aucune baisse du déficit, nous sommes incapables de gnérer de la croissance.
a écrit le 27/08/2018 à 16:08 :
Bruno Le Maire c'est du blabla dans le vide. Aucune réforme courageuse dans la réduction du sureffectif des fonctionnaires et des économies drastiques sur le fonctionnement de l'état. Que des mesures de pacotilles ! On voit bien que Le Maire a été formé à l'ENA. Tellement plus facile de taper en permanence sur la société civile en particulier sur le privé qui bosse et ne passe pas sont temps à se plaindre, à faire grève en longueur d’année comme savent très bien le faire les agents et entreprises du publics.
a écrit le 27/08/2018 à 16:01 :
Macron a cassé la croissance avec sa politique : le deficit sera donc plus élevé que ca......Ce gouvernement ment comme il respire, il compte tenir combien de temps comme ca ?
a écrit le 27/08/2018 à 15:49 :
Ils sont formidables les gars, ils échouent partout et le brandissent comme raison pour amplifier leurs actes. Amis du détournement radical sémantique, bonjour.

On ne peut que se demander dans quel état va finir le pays à la fin du mandat...
Réponse de le 27/08/2018 à 17:35 :
@Citoyen blasé - Dans le même état que lors de mandats précédents depuis 35 ans.
Réponse de le 28/08/2018 à 9:38 :
Non justement, en cumulant tout ce qui a été cassé depuis le traité de lisbonne, vous savez celui que le peuple français a refusé mais que les politiciens français et européens ont imposé au peuple français ? L'hystérie oligarchique de nos dirigeants politiques ne peut qu’appauvrir exponentiellement le pays.

À un moment où à un autre cela ne peut que casser or vu le niveau historiquement bas de nos dirigeants il ne serait pas étonnant que cela soit maintenant.

NE pas voir les nuances c'est faire preuve de subjectivité.

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