Une ETI sur deux anticipe une baisse de son chiffre d'affaires cette année
latribune.fr
Malgré le repli de l'inflation, les coûts de production sont toujours perçus comme les patrons des ETI affectant la rentabilité (95%), l'activité (84%) ou les projets d'investissements (71%).
Près d'une entreprise de taille intermédiaire (ETI) sur deux anticipait en octobre un repli de son chiffre d'affaires en 2024 par rapport à l'année précédente, dans un environnement très largement jugé dégradé et préoccupant, selon le baromètre Palatine-Meti publié ce jeudi.
Le moral n'est pas bon. Près de la moitié des chefs d'entreprise de taille intermédiaire (45,2%), selon le baromètre Palatine-Meti ce publié jeudi*, anticipait un repli de son chiffre d'affaires en 2024. 22,6% le voient stable et 29% en hausse. Ces entreprises comptent entre 250 et 4 999 salariés et ont un chiffre d'affaires inférieur à 1,5 milliard d'euros. Lors du précédent baromètre en juin, ces proportions étaient quasiment inversées : 14,1% des ETI anticipaient une baisse du chiffre d'affaires, 31,3% une stabilité et 45,3% une hausse.
Les dirigeants d'ETI sont également 67,7% à penser que leur secteur d'activité s'est dégradé en octobre par rapport à la même période en 2023 (contre 39% précédemment), 64,5% jugent leur carnet de commandes moins fourni et 61,3% font état d'une dégradation de leur rentabilité d'exploitation. Environ quatre sur dix (41%) ont vu leur trésorerie se détériorer par rapport à octobre 2023, et 22,9% rencontrent des difficultés de remboursement de crédit ou redoutent que cela survienne.
Le pessimisme domine
Malgré le repli de l'inflation, les coûts de production sont toujours perçus comme affectant la rentabilité (95%), l'activité (84%) ou les projets d'investissements (71%). Par ailleurs, les ETI restent affectées par certaines difficultés : hausse de la masse salariale (97%), difficultés de recrutement (92%), prix de l'énergie (77%) et coûts de financement (77%).
Dans ce contexte, le pessimisme domine. Ainsi, 58,1% des répondants se disent assez ou très inquiets quant aux perspectives d'activité pour le quatrième trimestre, et 72,6% pour le premier trimestre de 2025.
« L'activité des ETI est sévèrement ébranlée à l'issue du troisième trimestre de l'année et les principaux indicateurs dessinent des perspectives particulièrement préoccupantes pour la fin 2024 comme pour le début 2025 », a commenté Frédéric Coirier, PDG du groupe Poujoulat et co-président du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti). « Il est à redouter que la teneur des débats actuels, si elle devait présager des arbitrages budgétaires finaux, ne fasse qu'aggraver, et durablement, la situation des ETI », a-t-il ajouté, en référence au projet de budget 2025 du gouvernement.
Les TPE s'inquiètent aussi
Par ailleurs, mi-octobre, la Banque de France révélait que les défaillances des grandes entreprises (GE) et des ETI avaient augmenté de 90,9% par rapport à la moyenne des dix ans d'avant-Covid. 63 ETI-GE ont défailli ces douze derniers mois contre 33 par an avant la pandémie. Julien Laugier, économiste au groupe BPCE, estimait alors que « l'actuelle vague de défaillances n'est pas du tout alimentée par la vague de créations d'entreprise », puisque « plus de la moitié des PME-ETI défaillantes ont plus de dix ans ». « Plus que le nombre, c'est la taille des entreprises en défaut qu'il faut surveiller », commentait le directeur des études Altares, Thierry Millon, car leurs difficultés « font peser un risque fort sur l'économie et l'emploi des territoires. » Les 6.200 ETI françaises représentent environ 25% de l'emploi en France, selon le Meti.
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Dépendantes de la santé des ETI, les très petites entreprises (TPE) ont aussi fait part début octobre de leur préoccupation. Selon une étude du Syndicat des indépendants, 86% de ces entreprises de moins de 10 salariés et 2 millions d'euros de chiffre d'affaires étaient dans un état d'esprit « négatif » au troisième trimestre, un chiffre qui est à ce niveau depuis le début de l'année, contre 81% au troisième trimestre 2023. Ainsi, 41% des chefs de TPE se disent « inquiets », 27% « désabusés », 11% « en colère » et 7% « déprimés ». Seuls 5% sont « optimistes », 6% « sereins », 4% « confiants ». Plus de la moitié d'entre eux (55%) ont des problèmes de trésorerie, dont 26% « importants ».
* L'enquête a été réalisée par internet du 16 au 23 octobre auprès de 1.200 ETI, avec une forte représentation des ETI industrielles (49,2%).