Une histoire de l'industrie
Laurent-David Samama
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... à l’instar du Made in France. Une aubaine pour le secteur industriel qui, après avoir frôlé l’extinction, renaît avec des ambitions nouvelles. (Cet article est issu de T La Revue n°16 - Réindustrialiser et décarboner la France)
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« La concurrence française de l'époque est alors mise au monde sous d'autres latitudes
, explique Benoît Fauconnier, journaliste àLa Voix du Nord
et responsable du blogQuatre Cylindres En Ligne
[1]
.La Renault Clio est produite en majorité en Turquie (et aussi en Slovénie), la Renault Twingo en Slovénie, le Renault Captur en Espagne, la Peugeot 208 et la Citroën C3 en Slovaquie, les Peugeot 2008 et Citroën C3 Aircross viennent d'Espagne. »
À Onnaing, Toyota entend jouer les précurseurs et prend le contre-pied de cette tendance. Annoncée en décembre 1997, l'arrivée de la marque s'accompagne de la création en novembre 1998 d'une filiale qui va construire et exploiter la future usine. Coût de l'investissement : environ 5 milliards de francs de l'époque que l'État et les collectivités locales, certaines des retombées positives à venir, accompagnent à hauteur de 340 millions de francs d'aides publiques ainsi qu'avec la nomination spéciale d'un sous-préfet chargé de mission pour les besoins du projet. C'est le branle-bas de combat : pas moins de mille ouvriers s'affairent à la construction de 101 000 m2 comprenant un bâtiment administratif et cinq ateliers. Avec un maître-mot : proposer un espace compact, pratique, peu gourmand en énergie et jouant sur les synergies. Le résultat de l'aventure se mesure aujourd'hui : la compétitivité est là au point de rendre jaloux les constructeurs hexagonaux.« Chez Toyota, ce ne sont pas des philanthropes,
reprend Benoît Fauconnier.Si la production d'une Yaris est possible en France, c'est que l'entreprise gagne de l'argent en le faisant. Mieux, le constructeur y fabrique même un SUV dérivé sur la même base, le Yaris Cross, depuis la mi-2021, et pourrait donc largement dépasser son objectif de produire à Onnaing plus de 300 000 voitures par an. »
En attendant, Toyota tire profit de sa nouvelle image et remporte nombre de titres qui font vibrer la fibre patriote :« La Yaris a décroché le label "Origine France garantie" (plus de 50 % de la valeur ajoutée du produit fini vient de France), et c'est bel et bien la Yaris la voiture la plus produite en France. »
Et puisque la réussite est au rendez-vous, l'aventure de la réindustrialisation se poursuit avec force. L'emploi y gagne. Du fait de la hausse de volume de production, le constructeur entend poursuivre sa politique de transformation de CDD en CDI. Aujourd'hui, au nombre de 3 750 (sur un effectif total de 5 000 salariés), les contrats à durée indéterminée devraient s'élever à 4 000 d'ici la fin de 2024. Une réussite qui inspire. Dans le Nord, ce seront les méga-usines de batteries qui verront le jour dans les années qui viennent.Laurent-David Samama