Vente à perte de carburant : les coulisses d'une « drôle » d'idée

Fanny Guinochet
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Carburants : Elisabeth Borne et Bruno Le Maire ont voulu agir vite contre la flambée des prix
Reuters

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Carburants : Elisabeth Borne et Bruno Le Maire ont voulu agir vite contre la flambée des prix
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La demande, ou plutôt l'ordre, est venu du plus haut niveau. Il y a une dizaine de jours, inquiet de voir les prix à la pompe dépasser les deux euros le litre, Emmanuel Macron a, selon une source, demandé à Matignon de se pencher « de façon urgente sur le sujet ». Elisabeth Borne s'est donc exécutée, demandant à ses collaborateurs et ministres d'être disruptifs et de trouver le moyen de contenir les prix de l'essence sans retour d'une ristourne à la pompe. En est ressortie l'idée de lever, de manière exceptionnelle, l'interdiction de revendre à perte, validée par la Première ministre. Celle-ci devrait entrer en vigueur début décembre prochain, a précisé Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, ce lundi matin, et pourra être mise en place pendant 6 mois. Après l'adoption d'un projet de loi au Parlement cet automne.
Le gouvernement a cherché à agir vite. La crainte est forte de voir un mouvement de grogne monter autour de la flambée des prix des carburants. Dans la macronie, le traumatisme des gilets jaunes n'est jamais loin, surtout quand, comme c'est le cas en cette rentrée, la problématique du pouvoir d'achat arrive en tête des enquêtes d'opinion. Selon un sondage Elabe en effet, 78% des Français se serrent la ceinture, et un tiers saute des repas. Et avec un baril de pétrole qui se rapproche des 100 dollars, les craintes n'en sont que décuplées.
Pour réduire la facture des automobilistes, Bercy a d'emblée évacué l'hypothèse d'une nouvelle ristourne à la pompe. Trop coûteux -celle de l'an dernier a coûté 8 milliards d'euros à l'Etat-, à l'heure où la présentation budgétaire sera orientée sur la réduction de la dépense publique. D'autant que ce dispositif ne cible pas les automobilistes qui en ont le plus besoin.
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Le gouvernement a donc cherché à faire porter l'effort sur les entreprises. Et quand les distributeurs se sont plaints de ne pouvoir faire un geste sur les prix en raison de la réglementation sur les ventes à perte, l'idée de jouer sur ce levier a fait son chemin.
Fanny Guinochet