Inflation : Bercy appelle les banques et les assureurs à participer à l'effort

Avant l'été déjà, l'exécutif avait demandé aux établissements bancaires et aux assureurs de lutter contre l'inflation. En cette rentrée marquée par la flambée des prix, Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, leur demande de ne pas augmenter leurs tarifs. Le locataire de Bercy prévoit de les réunir rapidement. Sans surprise, les secteurs concernés ne l'entendent pas ainsi. Bras de fer en perspective.
Les banques et les assureurs sont invités par le gouvernement à limiter la hausse des tarifs.
Les banques et les assureurs sont invités par le gouvernement à limiter la hausse des tarifs. (Crédits : Stephane Mahe)

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement demande aux banques et aux assureurs de faire un geste en faveur des consommateurs. Au printemps déjà, Bruno Le Maire les avait invités à faire preuve de modération en matière de frais bancaires et de primes d'assurances.

Bruno Le Maire demande un gel des tarifs

En cette rentrée, le ministre de l'Economie monte une nouvelle fois au créneau. Dans son entretien à Sud Ouest, ce dimanche 21 aout, le locataire de Bercy leur demande expressément de faire un geste. Il évoque sa volonté de réunir dès la semaine prochaine les représentants des filières pour parler du sujet. Alors que l'inflation dépasse les 6 % en France sur un an, du jamais vu depuis les années 80, Bruno Le Maire cherche par tous les moyens à limiter la baisse du pouvoir d'achat des Français. Or, la période de la rentrée est souvent propice à l'adhésion à des assurances, scolaires notamment.

Les banques comme les assurances freinent des quatre fers. Elles estiment déjà bien assez participer à l'effort national. Ainsi, la fédération des banques françaises (FBF) rappelle-t-elle à la Tribune que les « banques ont, depuis plusieurs années déjà, pris des engagements de plafonnement des frais d'incidents bancaires pour les clients les plus fragiles. Près de 700.000 personnes ont d'ailleurs bénéficié en 2021 de ce système d'accompagnement ». Au total, près de 4 millions de personnes modestes sont ainsi couvertes et voient leur tarifs bancaires plafonnés.

Reste que selon une étude de Panorabanques, publiée en début d'année, les frais bancaires doivent augmenter en 2022 de près de 2%. Si cette hausse est inférieure à l'inflation, elle figure, selon ce comparateur de prix, parmi les plus élevées depuis 2017.

Les banques et assureurs résistent

Par ailleurs, la FBF souligne aussi « les banques françaises sont parmi les plus gros contributeurs aux finances publiques françaises, avec environ 23,9 milliards d'euros d'impôts, de prélèvements, de charges sociales en France, et qu'à ce titre elles sont d'importants contribuables ».

De leur côté, les assureurs estiment être très présents en soutien des personnes victimes des intempéries et des incendies cet été. Avec la hausse des tarifs des coûts de matériaux, elles se trouvent souvent face à des coûts de remboursement de sinistres plus élevés. Les assurances se défendent aussi en mettant en avant des offres spécifiques pour les jeunes en recherche d'emploi afin qu'ils puissent accéder à moindres frais à des garanties pour l'habitation ou la voiture.

Pour l'heure, aucune date précise n'a été communiquée à ces secteurs concernant la réunion, mais pourront-elles tenir très longtemps sur leurs positions ? Rien n'est moins sûr car les bénéfices des établissements pourraient jouer contre elles. Un seul exemple: depuis le début de l'année, BNP affiche des profits records. Après une année 2021 historique en termes de bénéfices, le groupe pourrait réaliser en 2022 un des ses plus beaux résultats : il déjà engrangé plus de 5 milliards d'euros de profits, soit une hausse  de 13% sur un an.

Vers une taxe exceptionnelle sur les banques ?

Plane aussi la menace d'une taxe exceptionnelle sur ces secteurs. L'idée n'est pas française mais en Espagne, en Belgique ou encore en Hongrie, les gouvernements envisagent de taxer temporairement les banques et les assurances pour financer les mesures anti-inflation. Le modèle est simple, il s'agit de les prélever comme pour le secteur pétrolier. En Angleterre, Italie, ou Espagne justement, les géants de l'énergie qui ont engrangé des super profits avec la crise sont taxés.

Pour l'heure, la France n'a pas pris cette voie. La question d'une taxe dite sur les super-profits a bel et bien été discutée à l'Assemblée nationale et au Sénat cet été, à l'occasion de la discussion du texte sur le pouvoir d'achat. Mais elle n'a pas été adoptée. Le gouvernement d'Emmanuel Macron préfère inciter ces entreprises à faire des gestes. C'est ce qu'a fait par exemple Total, qui applique une ristourne à la pompe, en plus de celle de l'exécutif. Idem pour les compagnies d'autoroute, qui réduisent les tarifs des péages à certains clients, selon des conditions précises...

Mais le sujet est loin d'être enterré. Il pourrait même revenir en force cet été, lors du débat sur le budget. Les assureurs et les banquiers sont donc sur leurs gardes. Ces secteurs le sont d'autant plus que dans l'opinion publique française, leur image n'est pas toujours très favorable.

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Commentaires 5
à écrit le 24/08/2022 à 15:20
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Et les assureurs eux aussi. Ils augmentent à chaque catastrophes les cotisations. Mais par la suite, une fois les calamités remboursées, ils ne rebaissent pas les cotisations. Et ces augmentations s'empilent à chaque fois. Tout bénéfices pour eux sur...

à écrit le 24/08/2022 à 9:47
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Nationalisation des comptes courants si M Le Maire veut contrôler les frais bancaires.

à écrit le 24/08/2022 à 9:11
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Les banques lol.. tx directeur bce en mars 2022: 0,5% tx crédit conso banque : 1,5%, tx bce en août 2022:1,5%, tx crédit conso bq : 4,5% … l inflation a bon dos surtout un bon moyen de se payer les consommateurs …comme dans beaucoup service de secteu...

à écrit le 24/08/2022 à 9:10
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Les banques lol.. tx directeur bce en mars 2022: 0,5% tx crédit conso bansue : 1,5%, tx bce en août 2022:1,5%, tx crédit conso bq : 4,5% … l inflation a bon dos surtout un bon moyen de se payer les consommateurs …

à écrit le 23/08/2022 à 19:51
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"les avait invités à faire preuve de modération en matière de frais bancaires et de primes d'assurances." quand ils ont une petite baisse de moral, les banquiers se repassent la demande en boucle, et rigolent, rigolent. :-) Modération, ah ah ah. Et l...

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