"Trump, Viktor Orban, Recep Tayyip Erdogan... 2016 a été une année terrible pour les droits humains." Le secrétaire général d'Amnesty International, Salil Shetty, donne le ton dès le début de la présentation du rapport annuel. Cette année, c'est à Paris que l'ONG a décidé de livrer son constat. Une grande première puisque la réunion a habituellement lieu à Londres.
Au programme : une mise en garde à l'approche de la présidentielle, dans un contexte international anxiogène. "De nombreux responsables politiques répondent aux préoccupations liées à l'instabilité économique ou à la sécurité en accusant les minorités, les migrants ou les réfugiés." Le secrétaire général dénonce une montée en puissance d'une rhétorique du "nous contre eux" et des politiques de "diabolisation".
En première ligne cette année, les Etats-Unis et l'élection de Donald Trump, le décret anti-immigration au cœur du propos. "De notre point de vue, il s'agit d'une décision discriminatoire, islamophobe, inhumaine et illégale. Les Etats-Unis vont devenir moins prospères et moins riches." Mais Salil Shetty donne d'autres exemples pour justifier son alerte : le ministre des affaires étrangères autrichien qui demande une première étape de "tri" pour les réfugiés ou encore la détention de migrants demandée par Orban en Hongrie.
Mais si l'exemple américain est pointé du doigt, le secrétaire général d'Amnesty International n'est pas moins inquiet pour l'Europe. "Depuis cette année, nous pouvons dire qu'il y a une régression. Nous le voyons du côté des droits humains. Lorsque nous voyons Trump parlait de torture, nous voulons faire campagne."
A l'approche de la présidentielle et des législatives, toute l'attention est portée sur la France. "Les yeux sont rivés sur le pays des droits humains. Les périodes électorales sont compliquées car les candidats ont tendance à oublier les droits fondamentaux." Pour ce faire, Amnesty International a établi une liste de recommandations adressées aux partis politiques et aux candidat(e)s à l'élection présidentielle. Les principales concernent notamment la lutte contre le terrorisme, la sécurité et le droit à la vie privée mais aussi, les réfugiés, le droit d'asile, la liberté de réunion, la responsabilité des entreprises et le commerce des armes.
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Ces thématiques sont présentes dans le rapport annuel de l'ONG puisque le document dénonce la reconduction de l'état d'urgence et ses conséquences, l'accueil des réfugiés en France et la discrimination. Présidente d'Amnesty International France, Camille Blanc tempère tout de même et conclut : "Les droits humains ne doivent pas servir d'outils de campagne."
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