Biden affirme que Trump va mener les Etats-Unis au « désastre économique »
latribune.fr
Joe Biden a défendu son bilan économique, alors que les Américains, préoccupés par la hausse du coût de la vie, ont élu son rival il y a plus d'un mois. - photo d'illustration.
Dans un discours défendant son bilan, le président américain Joe Biden a vivement critiqué mardi les propositions économiques de Donald Trump, qualifiant sa politique de « désastre ».
Joe Biden n'a pas mâché ses mots face aux annonces du président élu, qui doit lui succéder le 20 janvier. Dans son viseur : la hausse des droits de douane, que Donald Trump prévoit d'appliquer dès son entrée en fonction à hauteur de 25% sur les produits importés du Canada, du Mexique et de 10% sur les produits venant de Chine, les trois principaux partenaires commerciaux des États-Unis. « Cette approche est une énorme erreur », a déclaré mardi Joe Biden lors d'un discours à la Brookings Institution, à Washington.
« Je prie Dieu pour que le président élu rejette le "Project 2025". Je pense que c'est un désastre économique pour nous et la région »,a-t-il ajouté, en référence au programme ultraconservateur qui pourrait guider le second mandat de Donald Trump.
Il a notamment mis en garde contre les projets de réduction d'impôts pour les plus riches, qui, selon lui, entraîneraient des déficits massifs ou des coupes dans des programmes clés tels que la santé, l'éducation ou les aides aux anciens combattants.
Mexique, Canada et Chine appellent Trump à revenir en arrière
Janet Yellen, secrétaire au Trésor, a également exprimé ses craintes concernant les hausses de droits de douane promises par Donald Trump. « Cette stratégie pourrait faire dérailler les progrès réalisés en matière d'inflation et nuire à la croissance », a-t-elle déclaré mardi lors d'un événement organisé par le Wall Street Journal.
Et les actuels responsables américains ne sont pas les seuls à critiquer le projet du républicain. « Président Trump, ce n'est pas par des menaces ou des tarifs douaniers que vous allez arrêter le phénomène de l'immigration, ni la consommation de drogue aux Etats-Unis », avait argumenté la présidente mexicaine dans une lettre, présentée fin novembre, lors d'une conférence de presse quotidienne. Cela « provoquerait aux Etats-Unis et au Mexique de l'inflation et des pertes d'emploi », avait détaillé Claudia Sheinbaum. Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, avait pour sa part, rappelé être « essentiel pour l'approvisionnement énergétique » des Etats-Unis.
Enfin, du côté chinois : «Imposer des taxes douanières à volonté sur des partenaires commerciaux ne résoudra pas les propres problèmes des Etats-Unis», avait répondu He Yadong, porte-parole du ministère chinois du Commerce. « Les Etats-Unis devraient respecter les règles de l'OMC (Organisation mondiale du commerce, ndlr) et travailler avec la Chine selon les principes de respect mutuel, de coexistence pacifique et de coopération gagnant-gagnant afin de promouvoir ensemble le développement stable et durable des relations économiques et commerciales Chine-Etats-Unis », avait-il ajouté.
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Biden défend son mandat
Concernant son bilan, Joe Biden a défendu ses mesures économiques, alors que les Américains lui ont reproché la hausse du coût de la vie à cause d'une inflation ayant notamment atteint 9,1% en novembre 2022.
«Le président élu Trump hérite de l'économie la plus forte de l'histoire moderne, dont tout le monde aurait envie », a affirmé le président sortant.
En novembre, l'inflation (PCE) est, en effet, retombée à 2,3% sur un an, et la Réserve fédérale américaine a acté en septembre une première baisse de ses taux directeurs de 50 points de base. Réitérée en novembre avec un recul cette fois de 25 points de base - ils sont désormais situés dans une fourchette de 4,50% à 4,75%.