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Blé : l'interdiction des exportations indiennes fait exploser les prix

latribune.fr

Publié le 16 mai 2022 à 11:11 - Mis à jour le 16 mai 2022 à 11:24

Blé

L'Inde a exporté 220.000 tonnes de blé en 2019, 2,15 millions de tonnes en 2020 et 7,21 millions de tonnes en 2021.

Reuters

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La décision de l'Inde d'interdire ses exportations de blé afin d'assurer la "sécurité alimentaire" de sa population a entraîné une flambée du prix de la tonne de cette denrée qui a atteint 435 euros à l'ouverture ce lundi.

Après le gaz et le pétrole, c'est désormais le prix du blé qui atteint des records à 435 euros la tonne. "On a marqué un record à l'ouverture pour les blés de la nouvelle récolte. C'est un plus haut toutes échéances confondues sur Euronext, en réaction à l'annonce de l'Inde", a déclaré à Gautier Le Molgat, analyste au cabinet Agritel.

Sauf autorisation spéciale du gouvernement, l'Inde a pris la décision d'interdire toutes ses exportations futures de blé afin d'assurer la "sécurité alimentaire" de ses 1,4 milliard d'habitants et de garantir l'approvisionnement de ses vastes programmes sociaux, notamment la distribution mensuelle d'aliments de base gratuits et subventionnés à des millions de familles pauvres. Seuls les contrats conclus avant le décret pris samedi pourront être honorés. Les demandes des pays seront maintenant approuvées au cas par cas "afin de répondre à leurs besoins". "Il s'agit d'une mesure de correction du marché", a justifié dimanche le secrétaire indien au commerce, BVR Subrahmanyam "car la flambée des prix intérieurs n'est pas compensée" par l'offre et la hausse des prix était une "réaction de panique". Certaines régions du pays ont vu les prix du blé et de la farine augmenter de 20 à 40% ces dernières semaines, a-t-il précisé. "Nous ne voulons pas que le blé aille d'une manière non réglementée où il risque d'être thésaurisé et ne pas être utilisé aux fins que nous souhaitons qu'il serve - à savoir, les besoins alimentaires des pays et populations vulnérables", a encore expliqué BVR Subrahmanyam.

Deuxième producteur mondial

L'Inde a exporté 220.000 tonnes de blé en 2019, 2,15 millions de tonnes en 2020 et 7,21 millions de tonnes en 2021. Elle comptait en exporter 10 millions cette année. Selon les estimations, la production de cette année devrait diminuer d'au moins 5% par rapport aux 109 millions de tonnes récoltées en 2021. En cause, la canicule de mars dernier, la plus chaude jamais enregistrée en Inde, imputée au changement climatique. Le pays a connu des températures parfois supérieures à 45 degrés Celsius ce qui a affecté les régions productrices de blé, dans le nord de l'Inde.

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Blé, orge, betterave, maïs... Risque de pénurie accru en France à cause de la sécheresse

Mais si l'Inde est le deuxième plus grand producteur de blé au monde, le pays reste un acteur marginal sur le marché mondial, produisant essentiellement cette céréale pour la consommation intérieure. Près de la moitié de ses exportations de 2021 sont destinées au Bangladesh. Ses exportations ont d'ailleurs été limitées en raison de problèmes de qualité et des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) concernant les subventions agricoles de l'État.

L'Inde appelée à prendre ses responsabilités

Les ministres de l'Agriculture du G7, réunis à Stuttgart en Allemagne, samedi, ont critiqué cette décision alors que la guerre en Ukraine et la baisse des exportations venant d'Ukraine notamment, ont déjà mis le marché mondial du blé sous forte tension. "Si tout le monde commence à imposer de telles restrictions à l'exportation ou même à fermer les marchés, cela ne fera qu'aggraver la crise et cela nuira aussi à l'Inde et à ses agriculteurs", a déclaré le ministre allemand de l'Agriculture, Cem Özdemir. "Nous nous sommes prononcés contre des restrictions d'exportation et appelons à maintenir les marchés ouverts (...). Nous appelons l'Inde à prendre ses responsabilités en tant que membre du G20", a-t-il ajouté.

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New Delhi avait exprimé sa disposition à venir en aide aux marchés mondiaux en cas de problèmes d'approvisionnements causés par l'invasion de l'Ukraine le 24 février, comptait auparavant pour 12% des exportations mondiales. "Nos agriculteurs se sont assurés de prendre soin non seulement de l'Inde mais de l'ensemble du monde", avait dit le mois dernier le ministre du Commerce et de l'Industrie, Piyush Goyal. La semaine dernière encore, l'Inde a déclaré qu'elle enverrait des délégations en Égypte, en Turquie et ailleurs pour discuter de l'augmentation des exportations de blé. Il n'était pas clair si ces visites auront lieu.

Tendance à la hausse des prix du blé

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Au-delà de faire craindre une pénurie de blé pour les pays les plus dépendants des exportations de l'oléagineux, la décision de l'Inde fait donc grimper le prix de la tonne de blé. Il dépasse ainsi le précédent record, le 13 mai dernier, qui atteignait 422 euros la tonne à l'ouverture suite aux nouvelles prévisions mondiales américaines qui sabraient d'un tiers la production ukrainienne de blé pour 2022/2023. Ce nouveau record s'inscrit dans une tendance à la hausse depuis plusieurs mois. Le prix du blé a en effet augmenté de 40% en trois mois et le marché est très tendu du fait des risques de sécheresse dans le sud des États-Unis et en Europe de l'Ouest.

Avec AFP

latribune.fr

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