Bolsonaro élu président, le Brésil vire à l'extrême-droite

En dépit d'un recul de dernière minute dans les intentions de vote, le candidat du Parti social-libéral, nostalgique déclaré de la dictature militaire, sexiste, raciste et homophobe, s'impose largement au second tour face à Fernando Haddad, son adversaire du Parti des travailleurs (PT).
(Crédits : Sergio Moraes)

Jair Bolsonaro, candidat de l'extrême droite, a été officiellement déclaré dimanche soir élu à la présidence du Brésil au terme d'une campagne électorale sous forte tension qu'il a axée sur la lutte contre la corruption et la criminalité.

En dépit d'un recul de dernière minute dans les intentions de vote, le candidat du Parti social-libéral s'impose largement au second tour face à Fernando Haddad, son adversaire du Parti des travailleurs (PT).

Il est crédité de 55,2% des voix contre 44,8% pour son rival, a annoncé le Tribunal supérieur électoral (TSE).

Dans ses premières déclarations, il a annoncé qu'il gouvernerait la quatrième démocratie la plus peuplée au monde en s'appuyant sur la Bible et la Constitution. Il a également annoncé que toutes ses promesses de campagne seraient tenues.

"Nous allons ensemble changer le destin du Brésil", a-t-il poursuivi, ajoutant que son élection tournait la page du "communisme".

Il a également insisté sur le fait qu'il voulait "unifier le Brésil" en réduisant la bureaucratie et en autorisant les entreprises à prospérer.

Des milliers de sympathisants se sont réunis devant son domicile sur le front de mer de Barra da Tijuca, à Rio de Janeiro et ont lancé des feux d'artifices au moment de l'annonce de sa victoire.

Nostalgique déclaré de la dictature militaire

L'accession au pouvoir de cet ancien capitaine, qui avait frôlé la victoire dès le premier tour, le 7 octobre dernier, a été facilitée par le rejet dans l'électorat du Parti des travailleurs, la formation de la gauche brésilienne qui a dirigé le pays pendant treize des quinze dernières années avant d'être emporté par des scandales de corruption à répétition.

Mais de nombreux Brésiliens redoutent que la victoire de Bolsonaro, ce nostalgique déclaré de la dictature militaire de 1964-1985, ne marque un recul des droits de l'homme, des libertés civiques et de la liberté de la presse.

A 63 ans, celui qui a été élu à sept reprises au Congrès et a adhéré à neuf partis différents au cours de sa carrière politique, a promis de réprimer la criminalité en accordant plus d'autonomie et de liberté aux forces de police, qui seraient autorisées à tirer sur les criminels.

Il propose aussi d'assouplir les lois sur le contrôle des armes afin de permettre à ses compatriotes de se défendre par eux-mêmes.

Bolsonaro, lui-même victime d'une agression à l'arme blanche début septembre alors qu'il était en tournée électorale dans l'Etat du Minas Gerais, s'impose au terme d'une campagne particulièrement violente, avec agressions et intimidations à la clef.

Sexiste, raciste et homophobe

Ses déclarations, ses "sorties" sexistes, racistes et homophobes, en ont fait une figure particulièrement clivante au sein de la société brésilienne.

Mais dans un pays où le taux de chômage oscille entre 12% et 14% depuis 2016 et où près de 64.000 meurtres ont été commis l'an dernier, son programme a trouvé un écho auprès de dizaines de millions d'électeurs, fatigués des affaires de corruption qui ont décimé la classe politique.

Fernando Haddad n'a ainsi été désigné candidat du PT que début septembre, lorsque l'ex-président Luis Inacio Lula Da Silva, condamné à douze ans de prison pour corruption, a renoncé à faire annuler son inéligibilité.

Selon les observateurs de l'Organisation des Etats américains (OEA), le second tour dimanche s'est cependant déroulé dans le calme et l'ordre.

Bolsonaro, parfois surnommé le "Trump des Tropiques", entend renforcer ses liens avec Washington. Le président américain l'a d'ailleurs appelé dimanche soir pour le féliciter et les deux hommes ont exprimé leur intention de travailler "côte à côte pour améliorer la vie des Américains et des Brésiliens", dit un communiqué de la Maison Blanche.

(Avec Reuters)

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Commentaires 32
à écrit le 30/10/2018 à 13:52
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Beaucoup de procès d'intention dans cet article . Raciste alors qu'il a des députés de couleurs dans son parti ? homophobe , alors qu'il est ouvertement soutenu par des homo célèbres la bas ? et enfin sexiste ? des preuves ? et dans le parti de gau...

le 30/10/2018 à 19:53
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Il suffit de se reporter aux déclarations même de Bolsonaro. Un type qui dit qu'il préférerait voir son fils mort plutôt qu'homosexuel, est homophobe. D'ailleurs il le revendique. Idem pour les orientations racistes, l'obsession contre les "commu...

à écrit le 30/10/2018 à 12:32
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J'espère qu'il va enrichir les riches et pousser les pauvres au suicide ,amen

à écrit le 30/10/2018 à 11:58
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la gauche fasciste s'autorise (à s'autoriser) à qualifier le nouveau Président du Brésil, sans tenir compte de ses propres tares et pires horreurs

à écrit le 30/10/2018 à 8:48
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les responsable sont les socialos bresilien et leurs magouilles idem pour la France mais quand seront il juge qui plus ont saborde leur partie pour mieux renier leur passé trouble

à écrit le 30/10/2018 à 8:07
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C'est énorme cette élection. Elle envoie un signe positif pour les prochaines élections européennes.

à écrit le 30/10/2018 à 7:01
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Mais, mais, mais... Le sens de l’histoire bégaie? Certains pays osent s’opposer aux forces du progrès? On peut être contre l’homosexualité et gagner? On peut être contre l’insecurité et gagner! Mais c’est pas possible! Bon, sinon, c’est quoi ce nouv...

à écrit le 29/10/2018 à 22:03
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Très belle victoire électorale de monsieur Bolsonaro ! Qu'il puisse maintenant mener son programme politique et atteindre ses objectifs pour la prospérité et la sécurité du Brésil !

à écrit le 29/10/2018 à 16:22
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Bah oui, avec cette abomination, il faut se consoler. Une taxe écologique et solidaire et sociale pour un beau pays fraternel rempli de gentils..à 0,6% avec la plus large des assiettes possibles.

à écrit le 29/10/2018 à 15:49
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Voila un pays qui s'apprêtait a voter socialisme corrompu il y a encore peu et qui vote maintenant droite décomplexé ! Plutôt que de nous décrire à l'avance ce qui risque d'arriver, le peu de vrai journalistes qui nous reste pourrait il étudier ce q...

à écrit le 29/10/2018 à 14:45
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Amnésie collective d'une histoire pourtant tourmentée, ou phénomène de rejet ? Le climat d’insécurité quasi permanent a probablement influencé les votes, mais cela peut aussi être le fait que c’est l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Pour...

le 29/10/2018 à 16:20
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Gros travail d'information, comme d'habitude. Je ne suis pas convaincu que Bolsonaro ait le profil de l'homme qui mettra en œuvre les mesures préconisées par l'OCDE. La violence n'est qu'une des facette du rejet du PT au pouvoir. Les Brésilien...

à écrit le 29/10/2018 à 14:21
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C'est a croire que les médias ne comprennent pas la différence entre "les causes" et "les conséquences" et s'emmêlent allégrement les pinceaux! Et souvent ne comprennent pas qu'elles en sont la cause pour mieux en raconter les conséquences!

à écrit le 29/10/2018 à 14:20
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C'est a croire que les médias ne comprennent pas la différence entre "les causes" et "les conséquences" et s'emmêlent allégrement les pinceaux! Et souvent ne comprennent pas qu'elles en sont la cause pour mieux en raconter les conséquences!

à écrit le 29/10/2018 à 13:41
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Cad créer des taxes pour un monde meilleur, plus solidaire, plus meilleur et enfin plus choucroute comme chez nous.

à écrit le 29/10/2018 à 13:32
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Un titre d'article digne de Libération. Bravo La Tribune. Encore un effort et plus personne ne vous lira.

le 29/10/2018 à 20:07
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C'est sûr, Bolso est un dangereux trotskyste....Mdr.

à écrit le 29/10/2018 à 13:03
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les électeurs brésiliens veulent mettre fin à la criminalité. En France, les milliers de dealers qui quadrillent les grandes villes ont le champs libre. A en croire les médias, la justice s’intéresse plus à la politique qu'aux narco-trafiquants. Je n...

à écrit le 29/10/2018 à 12:44
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Si seulement la gauche française avait envoyé là bas ses meilleurs produits : Royal, Hidalgo, Lang, Kouchner, Jospin...les brésiliens auraient été sauvés du désastre annoncé. Seulement voilà, lorsqu’on n’en a pas les moyens, on ne vote pas à gauche....

à écrit le 29/10/2018 à 10:31
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Il est toujours dangereux pour un pays de ne pas investir suffisamment au niveau football, la France a sans doute investi un maximum et se retrouve donc épargné par ce genre d'extrême...

à écrit le 29/10/2018 à 9:58
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Ouf c'est la fin du communisme et l'écroulement économique (et donc social) du pays… Et l'arrivé du Libéralisme… Le BRESIL futur plus riche pays au Monde ?

le 29/10/2018 à 20:08
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Ah oui, c'est vrai le Brésil était une dictature communiste, comme la corée du nord sans doute.

à écrit le 29/10/2018 à 9:46
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il a déclaré "Nous ne pouvons plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche" c'est clair et la raison de son élection (Trump et tout ceux à venir) ! Maintenant on verra bien la suite mais c'est probablement ce ...

à écrit le 29/10/2018 à 9:29
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64000 meurtres l’an dernier Précarité... Il y a beaucoup de violences... Le plus important dans ce contexte n’est pas de «  diviser » mais de rassembler un peuple contre ce climat malsain Quel que soit le parti politique, il faut une poigne de fer ,...

le 29/10/2018 à 9:50
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Je vous suggere d'aller au Bresil en vacances. Vous y verrez des gens tres heureux en apparence. L'ecart entre la France et ce tres grabd pays est patent. Vous vous rendrez compte que c'est un pays tres violent et ce depuis toujours. Son histoire ...

le 29/10/2018 à 13:31
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@matins calmes : ce n'est pas parce que le Brésil est miné depuis longtemps par la violence qu'il faut se résigner à ce qu'elle perdure. L'exemple colombien montre qu'on peut en sortir à condition qu'elle soit vigoureusement combattue, que son origin...

à écrit le 29/10/2018 à 9:28
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La social démocratie corrompue jusqu'à l'os a mené à TEMER le président de droite non élu, aussi corrompu, peut-être plus même, que ceux du PT, qui a fini de massacrer le pays, la voie était ouverte au nihilisme. Les élections du monde sont tout...

le 29/10/2018 à 13:05
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C'est sur que ce serait tellement mieux l'anarchie. C'est certain que tout irait mieux : économie, écologie, sécurité, social, solidarité.

le 29/10/2018 à 13:33
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Enfin, c'est surtout l'insécurité galopante qui a mené le Brésil où il en est rendu...

le 29/10/2018 à 17:32
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"Enfin, c'est surtout l'insécurité galopante qui a mené le Brésil où il en est rendu..." L'insécurité est venue en même temps que des dirigeants de plus en plus corrompus et donc lâchant de plus en plus de leste à la mafia. J'espère quand mêm...

le 29/10/2018 à 20:13
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"C'est sur que ce serait tellement mieux l'anarchie." Le PT n'est pas et n'a jamais été l'anarchie. Le PT, ni plus ni poins corrompu quel es autres, a fait reculer la misère, la faim, et l'illettrisme au Brésil. Ce que n'ont pas fait les partis de dr...

à écrit le 29/10/2018 à 9:26
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Que la société brésilienne prospère sereinement, c'est tout ce qui importe. Les prochains mois seront intéressants à observer.

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