Climat, droits de douane et fusions… le marché du café sous tension
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les droits de douane de Donald Trump ont eu un effet non négligeable sur le marché du café.
Shutterstock
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les droits de douane de Donald Trump ont eu un effet non négligeable sur le marché du café.
Shutterstock
Les résultats trimestriels de J.M. Smucker, annoncés mercredi, ont déçu. La société américaine, propriétaire des marques Folgers, Dunkin' et Café Bustelo, - environ un tiers du marché aux États-Unis -, a vu les bénéfices de sa division café chuter de 22 %, sous l'effet conjugué de la hausse des coûts des matières premières, de ventes défavorables, ainsi qu'en raison de dépenses de marketing accrues. Son chiffre d'affaires recule légèrement, à 2,11 milliards de dollars, en dessous des 2,12 milliards anticipés.
Lors de la conférence téléphonique sur les résultats, un dirigeant de Smucker a précisé que de nouvelles hausses de prix étaient prévues « au début de l'hiver », en raison des droits de douane américains de 50 % sur le café brésilien, entrés en vigueur début août. L'action de l'entreprise a perdu jusqu'à 5 % en séance mercredi.
La chute des bénéfices de Smucker reflète une tendance plus large sur le marché mondial. Les contrats à terme sur les cafés arabica et robusta ont atteint des niveaux records depuis mai, respectivement à 385,30 cents à New York et 4 878 dollars à Londres. La participation accrue des torréfacteurs montre une panique pour sécuriser les approvisionnements de décembre, alors que les stocks certifiés à New York tombent à 716 578 sacs, leur plus bas niveau en quinze mois.
À lire également
Au Brésil, la situation est particulièrement inquiétante. Les gelées et orages de grêle dans le sud de l'État de Minas Gerais ont perturbé la reprise végétative des caféiers, réduisant déjà la floraison pour la prochaine récolte... Les exportations durant les seize premiers jours d'août chutent de 31,4 % par rapport à 2024, tandis que les prix moyens augmentent de 47,2 %. Selon l'Abic, le syndicat des professionnels brésiliens du café, la pression des tarifs douaniers américains pèse sur les producteurs qui doivent vendre à prix réduit pour rester compétitifs, alors même que la demande mondiale reste forte.