Climat : gare à la dictature du prix du carbone

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La recherche d'un prix unique du dioxyde de carbone affaiblit les politiques climatiques
La recherche d'un prix unique du dioxyde de carbone affaiblit les politiques climatiques (Crédits : YVES HERMAN)
Jeune chercheur en économie à l'École des Mines ParisTech, Antonin Pottier fustige dans ses travaux le poids à ses yeux excessif accordé par la plupart de ses confrères au prix unique du carbone et regrette les conséquences de cette quête sur l'efficacité des politiques climatiques.

La plupart des acteurs économiques et des observateurs avertis plaident de longue date pour une tarification du carbone, qui plus est à un prix unique. Si l'on voit se multiplier ces dernières années les initiatives locales, parfois à grande échelle comme dans le cas de la Chine qui doit étendre son marché d'échange de quotas à l'échelle nationale dans les prochaines années, ce Graal du prix unique apparaît de plus en plus clairement hors de portée. Pour Antonin Pottier, ancien élève de l'École normale supérieure et chercheur au Cerna à l'École des Mines de Paris, , auteur de « Comment les économistes réchauffent la planète » au Seuil, l'hégémonie du prix unique du CO2 dans les théories économiques est très dommageable.

Un débat pollué

« La littérature économique donne l'impression que la seule action envisageable pour réduire au moindre coût les émissions de gaz à effet de serre est d'envoyer un signal-prix, de mettre un prix sur le CO2, et que ce doit impérativement être un prix unique partout et pour tous les secteurs », assène d'emblée le chercheur.

« C'est quasiment un dogme, une proposition obligée qui pollue le débat », regrette-t-il.

Pourtant, le prix du CO2 n'est pas l'alpha et l'oméga de la politique climatique. D'autres signaux seraient envisageables en matière d'information, de mobilisation des citoyens, de normes, de financement des investissements.

« Mais ils sont passés sous silence ou marginalisés », regrette-t-il.

« Dans l'efficacité énergétique, des investissements qui seraient rentables dès aujourd'hui ne sont pas faits », observe-t-il.

Ce qui prouve s'il en était besoin que ce n'est pas qu'une question de prix, mais aussi des politiques de formation, de constitution de filières artisanales et industrielles, des mécanismes de financement.

Un accord de Paris polycentrique

Pourtant, certaines choses évoluent dans le bon sens. Ainsi, la prise en compte de co-bénéfices, par exemple en matière de santé, de morts évitées, émerge peu à peu dans le débat et la lutte globale contre le changement climatique a aussi des conséquences locales positives, par exemple sur la qualité de l'air.

Les négociations onusiennes elles-mêmes ont changé de nature avec l'accord de Paris. Le protocole de Kyoto (1997) était fondé sur une approche centralisée. Par des échanges de quotas, il cherchait à répartir les efforts dans les pays où la baisse des émissions était la moins coûteuse. Mais il ne concernait que les pays développés (encore que les États-Unis ne l'aient jamais ratifié), et les pays en développement n'ont pas accepté d'étendre cette contrainte à leurs émissions.

« L'accord de Paris repose plutôt sur une approche polycentrique, souligne Antonin Pottier. Tout le monde participe avec le niveau d'effort qu'il est prêt à faire. L'enjeu est de bâtir une dynamique où le niveau d'effort s'élève progressivement pour atteindre les objectifs. »

Des alternatives au prix unique

Tout n'est pas parfait pour autant.

« Si la participation est universelle, on observe un écart entre les objectifs et les actions menées, à un double niveau », regrette-t-il.

D'une part entre les contributions annoncées par les États et ce qui serait nécessaire pour rester sous la barre des 2°C, mais aussi entre les contributions et les actions mises en œuvre.

« Les trajectoires d'émissions ne suivent pas les réductions prévues », conclut-il.

Quant au prix unique du CO2 préconisé par les économistes, il se heurte à des obstacles, notamment politiques. « Faut-il continuer à répéter cette proposition qui a peu de chance d'être mise en œuvre ou tenter de faire différemment ? », s'interroge le chercheur.

Le marché européen des quotas (ETS) a montré ses limites, notamment pour gérer les imprévus tels que la crise économique de 2008, qui a généré une surabondance de quotas sur le marché et donc un effondrement du cours de la tonne.

« Quant à l'éventualité d'une taxe, le niveau nécessaire à moyen terme pour rester sous la barre des 2°C est très élevé, souligne Antonin Pottier. Cela sera politiquement d'autant plus difficile à faire accepter que cela génère des transferts de revenus importants qui ont un fort impact distributif. En théorie, on sait comment le compenser, mais en pratique c'est compliqué », met-il en garde.

Il soulève une question d'une autre nature : « sur un plan légal comment garantir l'évolution d'un prix sur « à ou 40 ans ? »

Cohabitation de facto de divers mécanismes

Pour autant, la conjonction de certains mécanismes aboutit de facto à des prix différenciés.

« Avoir une pluralité de dispositifs, des mélanges de normes, de taxes et de dispositifs incitatifs conduit à des différences entre le surcoût dû à la tonne de CO2 évitée, détaille Antonin Pottier. Mais ce n'est pas forcément un problème. On peut même imaginer des prix différenciés selon les secteurs, en fonction de leur vitesse de réaction », affirme-t-il.

En revanche, la question qui se pose est de savoir comment coordonner ces différents dispositifs à l'échelle nationale et à l'échelle internationale pour suivre les trajectoires d'émissions promises.

Les États poursuivent déjà plusieurs objectifs de concert, comme l'illustre parfaitement l'objectif européen 3X20 qui vise à la fois une baisse des émissions de gaz à effet de serre, une part des énergies renouvelables dans le mix énergétique et une diminution de la consommation.

« D'une certaine manière, les États européens complètent le signal prix (faible) envoyé par le marché EU-ETS par d'autres politiques, » commente l'économiste.

Attention au ras-le-bol fiscal

Les acteurs infranationaux, notamment les territoires, sont moins sensibles au dogme du prix unique que le gouvernement national.

« Puisqu'ils ne détiennent aucun instrument prix, ils doivent trouver d'autres outils pour mobiliser leurs administrés », explique Antonin Pottier.

Les initiatives locales sont d'autant plus importantes qu'elles donnent de la fierté aux habitants.

« Cela leur donne envie de continuer, d'aller plus loin, c'est pourquoi l'enjeu est de parvenir à convaincre les parties prenantes de la valeur intrinsèque de la transition énergétique », insiste-t-il.

« Il faut que cela vienne des gens, et pas que ce soit seulement une réaction à un signal prix, d'autant plus qu'on observe que certaines motivations extrinsèques, notamment financières, peuvent venir affaiblir les motivations intrinsèques. »

À ce sujet, l'économiste met en garde :

« Sans motivations intrinsèques, l'imposition d'un signal prix élevé se traduira par "ras-le-bol fiscal" ».

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a écrit le 09/02/2018 à 12:48 :
L’utopie d’une valeur mondiale unique des émissions de gaz carbonique, repose sur deux erreurs conceptuelles principales. La première est que nous ne savons pas de façon précises quels sont les moteurs du changement climatique. La sous évaluation massive des émissions de méthane dont on commence à parler en sont un exemple. La seconde est encore plus grave, est de considérer qu’une mesure unique peut s’appliquer à des environnement totalement différents.
Ce dernier point est un sous produit du dogme de la concurrence, dont les effet principaux sont de conduire l’ensemble des être humains de la planète à manger la même chose. Cela conduit à des phénomènes de concentration de risques qui implique des phénomènes moutonniers mis en évidence dans le déroulement de la crise financière et qui consiste à faire porter les risques les pllus extrêmes à ceux qui sont les moins à même de les gérer.
Cela entraîne en outre à induire des comportements dispendieux comme ceux mentionnés dans l’article et qui résulte de mobilisations de moyens excessifs pour vaincre l’opposant tant en agression qu’en défense.
La réelle efficacité ne peut être trouvée que dans une approche dynamique de solution adaptées aux situations et contraintes locales basée sur un processus de réduction des émissions adaptée aux possibilités ambiantes. L’échec des transferts financiers envisagés mais non atteints en est la meilleure preuve
a écrit le 06/02/2018 à 10:10 :
C'est d'ailleurs la base de toute cette fable du rechauffement du à l'activité humaine. Cette escroquerie qui consiste à taxer le carbone émis est l'aboutissement d'un plan conçu des 1987 lorsque le World Wilderness Commitee s'est transformé en banque de l'environnement, ce qui a permis la création du GIEC en 1988. L'étape suivante fut le sommet de Copenhague avec la parution de la note de Simon Linett en 2008, qui concretisa la taxe carbone tout ceci est facilement vérifiable sur le net...
Réponse de le 08/02/2018 à 11:15 :
et?
La planète ne se réchauffe pas et le lobby pétrolier, du charbon et des gaz, si faibles, sont enchantés de la future réduction de leurs revenus!
C'est vrai que Total, BP, Texaco sont des entreprises fort peu influentes!

Ah non, le dérèglement climatique, c'est un coup des chinois, me souffle Trump!

Si le marché du carbone relève de l'onanisme dû au faible prix du CO2, un prix du carbone élevé appliqué de partout à tous les secteurs réorienterait les économies du monde de manière efficace. Le seul problème est politique comme le révèle l'article.
a écrit le 06/02/2018 à 9:28 :
L'auteur a tout à fait raison de mettre en garde sur la dictature du prix du carbone.Pourquoi un prix carbone? C'est la résultante d'une politique inéfficace de lutte contre l'effet de serre et le changement climatique. Cette politique ne consiste à pas grand chose: efficacité énergétique sur laquelle les ingénieurs travaillent depuis 1974 avec des progrès de plus en plus difficiles,transition énergétique mot pour dire pas grand chose, énergies renouvelables qui sont loin de suffire. Il est temps de changer de politique énergétique surtout que la conversion des énergies permet de limiter à rien l'accroissement de température à l'échéance 2040, de purifier l'air des villes et mêmes des campagnes. Cerise sur le gateau cela coute bien moins cher que les politiques actuelles et sur 20 ans vous économisez l'équivalent de la dette française. Dans ce cadre le prix du carbone revient à son vrai rôle qui est d'être un accélérateur vers la conversion des énergies. Je parle de conversion car je n'imagine pas les humains rennoncer à la lumière électrique ,à leurs frigidaires, à leur lave-linges,à leurs lave-vaisselles et à leurs chères voitures.
a écrit le 06/02/2018 à 1:42 :
"Jeune chercheur en économie à l'École des Mines ParisTech", l'économie n'étant pas une science, un "chercheur en économie" ne peut exister dans le sens scientifique du terme. Autant parler de "chercheurs en astrologie". Les conclusions du "chercheur" prouvent d'ailleurs son manque de rigueur scientifique. Nous sommes dans un monde "mondialisé", de fait, quand ça coûte trop cher de polluer dans un pays, plutôt que de respecter l'envirronnement, on va polluer dans un pays voisin et ensuite polluer une seconde fois pour importer les produits fabriqués. On peut discuter sur l'utilité de la taxe carbonne en elle même, mais vouloir en moduler le tarif selon la localisation des industries c'est être sûr qu'elle soit rendue inutile par des pots de vin distribués à des politocards peu regardants.
a écrit le 05/02/2018 à 23:09 :
L'escroquerie du siecle: il ya quelques jours j'ai contacte ECOCERT pour des infos sur un audit "BIlan Carbone".Je suis viticulteur. J'ai ete mis en relation avec une societe qui se propose - moyennat finance bien sur - de m'auditer.
Ma premiere question a ete la suivante: Quel est le bilan POSITIF d'un hectare de vignes, sachant que la vigne renouvelle completement son feuillage tres dense tous les ans.

Reponse: ah ben, on est pas la pour prendre en compte les aspects positifs.Ça n'est pas la mission qu'on nous a confie! => Tout est fait " a charge" afin de VENDRE des CERTIFICATS CARBONE et s'acheter une bonne conscience. Peu importe le respect de l'environnement, du moment qu'on paye.......
Eh, oui parce qu'un paysan qu'on accuse de tous les maux de la pollution, peut etre qu'en fait son bilan carbone est bien meilleur que celui du citadin donneur de leçons. Vous imaginez le scandale!! Le monde a l'envers!

Elle est pàs belle la vie.....
Réponse de le 08/02/2018 à 11:22 :
la vigne stocke zéro carbone en comparaison d'une prairie sauvage ou d'une forêt. Débroussailler pour planter une vigne, c'est un bilan carbone négatif. Sans parler du gasoil ou des désherbants, des fongicides.
Sauf si vous évitez des imports d'Afrique du Sud. Mais je pense plutôt que vous allez augmenter la production nationale.

Donc c'est peut être sa réponse qui vous a agacé...
a écrit le 05/02/2018 à 18:07 :
Tout à fait d’accord avec cette analyse. Les vrais problèmes environnementaux que sont, la pollution des mers et des rivières, la déforestation des grandes forêts sud-américaines, le trafic, toujours plus dense des marchandises lié au principe du flux tendu, l’obsolescence programmée des matériels manufacturés et la financiarisation excessive de toute notre économie..
On préfère assommer les gens avec le CO2 anthropique, qui serait le seul responsable du changement climatique. Pourquoi parce, que le CO2 anthropique, on peut le taxer en, s’appuyant sur des résultats douteux, mais bien présentés par une équipe de scientifiques aux ordres, et ça rapporte, aux états et aux spéculateurs des marchés carbone. Le marché des droits carbones n’est plus là pour « encadrer » la régulation des missions de CO2, il est devenu une extension du domaine de la finance.
Le paramètre CO2 n’est pas suffisant, pour démontrer de façon évidente et non discutable, la corrélation du réchauffement, avec le développement industriel. Mais il est très pratique pour assoir les mesures coercitives.
Bref, on peut constater que l’argument écologique une fois de plus, ne sert qu’à justifier des taxes, et favoriser les phénomènes spéculatifs sur la nature, en jouant sur la culpabilité des citoyens.
a écrit le 05/02/2018 à 17:19 :
tout le monde applaudit à l'air pur , l'eau transparente , le jardin d' Eden . Hic , la croissance démographique va démentir toutes ces élucubrations et ce d'autant plus que les nouveaux entrants souhaitent consommer ... les termites sapent tout et nous montrent le chemin . Il serait plus judicieux de pousser la seule énergie du futur , l'hydrogène .
a écrit le 05/02/2018 à 16:53 :
Septembre 2017 :

L’affaire a été baptisée l'« escroquerie du siècle ». Des peines allant jusqu’à neuf ans de prison et un million d’euros d’amende ont été prononcées ce mercredi à Paris dans le procès « Crépuscule », une gigantesque fraude à la TVA sur le marché des droits à polluer.
Ce dossier constitue l’une des multiples branches de la gigantesque escroquerie à la TVA sur le marché du CO2, qui au total a coûté 1,6 milliard d’euros au fisc français. La combine, une fraude classique à la TVA appliquée au marché européen des quotas de carbone conçus pour lutter contre le réchauffement climatique, consistait à acheter des droits d’émission de CO2 hors taxe dans un pays étranger, avant de les revendre en France à un prix incluant la TVA, puis d’investir les fonds dans une nouvelle opération. La TVA n’était jamais reversée à l’État.Sur les douze personnes condamnées, la peine la plus lourde, soit 9 ans de prison, a été prononcée contre Cyril Astruc, considéré par le tribunal comme « l’ordonnateur et bénéficiaire principal de la fraude », et un mandat d’arrêt a été émis contre lui. Sept autres prévenus, pour la plupart gérants de paille des sociétés impliquées ou intermédiaires, ont été condamnés à des peines allant d’un an d’emprisonnement à quatre ans et 375.000 euros d’amende, et deux ont été relaxés. Une amende de 8 millions d’euros a en outre été infligée à la banque turque Garanti Bankasi, poursuivie pour blanchiment. ous les condamnés devront par ailleurs verser solidairement à l’Etat quelque 146 millions d’euros de dommages et intérêts, équivalents au préjudice de cette fraude qui s’est déroulée entre avril 2008 et mars 2009.
a écrit le 05/02/2018 à 14:52 :
Total vient de trouver de nouveaux gisements de pétrole, ....les Russes chez eux idem en plus du gaz....les bagnoles hybrides sont hors de prix et on nous bassine avec le carbone et la pollution....de la tartufferie mais au passage le quidam passe à la caisse dans tous les cas....
a écrit le 05/02/2018 à 13:47 :
Pour notre pays une question essentielle se pose la taxe carbone est elle une ligne budgétaire face à l'impossibilité de réduire notre dépense publique. Le budget 2018 en est une preuve l'augmentation la taxe sur le diesel nommée avec beaucoup d'hypocrisie par l'exécutif dont M. Hulot taxe carbone n' a RIEN de carbone elle sert à respecter, la encore hors gribouille comptable, les 3 points demandés par Bruxelles. Les politiques qu'ils soient de droite de gauche ou d'un nouvel, ordre type LREM n'ont JAMAIS respecté la ventilation des taxes qu'ils inventent pour boucher tel ou tel sujet considéré comme à risques mais comme variable budgétaire. M. Pottier fait un bonne analyse mais elle ne peut concerner un état voyou sur le plan fiscal et taxes la France. L'exécutif d'aujourd'hui très technocratique n'échappe pas à la magouille de l' "impotaxe" un mot politique qui devrait figurer dans nos dictionnaires.
a écrit le 05/02/2018 à 13:23 :
Le modele incitatif existe deja, ce sont les CEE. Si vous avez un projet d'investissement residentiel qui vous fait economiser de l'energie, vous y avez droit. C'est encore peu, mais ca existe et ca va sans doute accelerer.
a écrit le 05/02/2018 à 12:28 :
Article intéressant, même si cela parait quasiment insoluble, voir désespérant.

Cela renvoie aux constats et aux propositions de la commission Stern-Stiglitz (https://www.oxfordmartin.ox.ac.uk/videos/view/645). Voir aussi document de présentation : 2017/11/171102_Stern_lecture.pdf

Étant donné que nous sommes dans une économie de marché et que cela reste le moins mauvais des modèles, il parait logique d’utiliser les mêmes outils pour essayer de progresser et de réguler. Quand on voit l’impact de la croissance sur l’emploi et de l’emploi sur les votes, il est peu probable que l’on change de fondements de sitôt. On a déjà du mal à intégrer le concept de l’automatisation qui a pourtant chamboulé tout le siècle dernier. Si la décroissance avec du succès, chacun limiterait ses excès et tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Par expérience j’avoue que ce n’est évident de se restreindre, surtout si on voit les autres gaspiller et polluer sans états d’âmes. Ce sont donc des comportements peu fiables, sinon capricieux.
Idéalement il faudrait une forme de conscience collective, mais on en est loin et l’on reste au principe du NIMBY. Seule la dégradation de l’environnement immédiat semble avoir de l’impact, et encore, dans ce cas les gens réclament réparation à la collectivité, qui du fait des coûts ne pourra pas suivre longtemps. Les surcouts pour les assurances et les Etats étant inévitables, ils font ce qu’ils savent faire, appliquer des hausses de taxes.

Il faut commencer par balayer devant sa porte :
Pour la France, en ce qui concerne l’Empreinte Carbonne, il faut surtout consulter le rapport du SDES et du Ministère de la transition écologique et solidaire : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/Datalab/2017/Datalab-25-menages-environnement-cc-ed-2017-oct2017.pdf
Tout est écrit.

Le pétrole représente 30 % de l’énergie primaire consommée, l’essentiel (les 3/4) dans les transports (http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/user_upload/Datalab-13-CC-de_l-energie-edition-2016-fevrier2017.pdf
Actuellement les prix sont moyennement élevés, pas spécialement en raison du bas prix du baril de pétrole, puisqu’il ne compte que pour 1/4 du prix, le reste correspond au raffinage et à la distribution et pour plus de la moitié aux taxes). D’ailleurs les prix du litre de carburant en France ne sont pas si élevés, par rapport à d’autres pays européens. Même s’il y a une hausse depuis 2010, on vient d’avoir 20 ans de baisse en valeur comparative du SMIC (https://www.economie.gouv.fr/files/rapport-prix-marges-consommation-carburants.pdf)
En ce qui concerne les transports, on peut certainement mieux faire surtout avec le développement de l’électromobilité, du collaboratif, voire un retour des transports collectifs.

A défaut de taxation CO2, on peut miser sur une évolution technologique majeure. La Chine ayant subi plus rapidement les effets secondaires de la révolution industrielle ils s’engagent sur un développement massif des énergies renouvelables et des véhicules électriques. On peut espérer qu’ils réussissent là où nous avons en partie échoué.
Réponse de le 05/02/2018 à 20:56 :
Commentaire judicieux. :-)

Ce que je constate néanmoins c'est que la réalité est tellement différente d'un pays à l'autre.

Les diverses hausses du prix du pétrole à la pompe qui ont eu lieu aux USA ces dernières décennies n'ont affectées la consommation que très peu à la baisse, et dans certaines périodes elle a même augmentée.

Et si l'on regarde du côté de la Chine ou de l'Inde, la marche forcée de l'industrialisation depuis 30 ans les ont conduit à hypothéquer la santé de centaines de millions d'individus, et d'en tuer tout autant.

L'immense retard industriel de beaucoup de pays en développement et l'effet d'une mondialisation à grande vitesse, font que les problèmes liés à la pollution et à la santé sont aussi en train de s'étendre à d'autres régions du monde qui n'ont pas le luxe de se pencher sur de telles ''questions triviales'' qui ralentiraient leur ''course en avant''.

A mon avis, il y a plusieurs pistes de solution possibles :
1) Réduire considérablement l'industrialisation des produits rapidement désuets et peu fiables en favorisant les produits durables, réutilisables, ré-usinables, dont on peut recycler les matières premières, en encourageant le partage et la location des biens et des ressources localement, etc;
2) Réduire la longueur des circuits de distribution et favoriser les achats locaux, fabriqués localement, en consommant des produits de saison, par exemple;
3) Enfin, si la nécessité force à l'ingéniosité, le développement de nouvelles technologies propres et peu énergivores devraient aussi apporter son lot de bonnes solutions viables et faciles à implanter.

En somme, je me méfie des systèmes de taxation qui ne sont souvent que des usines à gaz et qui ne favorisent en définitive que l'émergence de nouvelles façons encore plus ingénieuses de les contourner.

J'aime les statistiques... comme celles qui concernent la douce France !

2010 - Les dépenses des Français ont été réduites dans tous les secteurs, sauf un, l'achat ou la location de ''smartphones'' et de connexion Internet... ce qui signifie que l'on a baissé les dépenses en alimentation, en eau chaude, en électricité, en chauffage, en essence et dans les produits de premières nécessitées pour être connecter avec son mobile !!!

2012 - Les dépenses des Français étaient à peu près les mêmes que 2 ans auparavant mais avec la particularité que les Français n'ont plus lésiné sur l'usage de la voiture... quitte à faire quelques économies substantielles sur la sécurité et l'indemnisation.

2016 - 600,000 conducteurs en France (estimation basse) utilisaient leur voiture sans permis (ce que l'on appelle en France le DROIT de conduire) et sans assurances, évidemment. On s'est rendu compte que non seulement que beaucoup de Français roulaient illégalement, mais que leurs biens et leur habitation n'étaient pas du tout assurés !!!

Conclusion : Les Français n'aiment que leur liberté, de ne responsabiliser que les autres et surtout, surtout, que l'on ne touche pas à leur grisbi. :-)

Mon cher ''velkavatar'' pensez-vous vraiment que vos concitoyens sont capables de maturité et de discipline ? Pensez-vous un seul instant qu'ils ont cure de la France, de l'Europe ou de l'écologie ! :-))
a écrit le 05/02/2018 à 11:37 :
les scientifiques affirment. le trou dans la couche d ozone diminue au dessus de l Antarctique de 20% et cella depuis 2005 ! ! et nos flibustiers de la politique continuent de tromper les gens... ne sont plus crédible
a écrit le 05/02/2018 à 11:37 :
les scientifiques affirment. le trou dans la couche d ozone diminue au dessus de l Antarctique de 20% et cella depuis 2005 ! ! et nos flibustiers de la politique continuent de tromper les gens... ne sont plus crédible
Réponse de le 05/02/2018 à 13:09 :
Mais quel rapport entre le trou de la couche d’ozone (dû à l’utilisation de certains fluides frigorifiques, interdits depuis 20-30ans) et le réchauffement climatique (dû entre autres à l’usage des énergies fossiles) ?
Réponse de le 05/02/2018 à 20:22 :
Euh... vous êtes juste en retard d'une guerre. La destruction de la couche d'ozone était la bataille environnementale des années 1980-1990, dont la cause n'était pas le CO2 mais les CFC. Et pour le coup, c'est plutôt un contre-ex pour vous, car l'engagement au niveau mondial de supprimer les gaz problématiques a permis de lever la crise environnementale... Par contre, il était plus facile de trouver un substitut à un gaz utilisé principalement pour les frigos, qu'aux énergies fossiles
a écrit le 05/02/2018 à 11:17 :
Pour etre dans les clous,il faudrait augmenter la taxe carbone de 8% dans les six mois qui viennent.Le gouvernement,lié par la cop21 sera obligé de le faire.Il n'y a que par la fiscalité qu'on pourra changer les mentalités
Réponse de le 05/02/2018 à 12:04 :
Changer les mentalités ? il faudrait que ceux qui gouvernent montrent l'exemple et ce n'est malheureusement pas pour demain. D'accord roulons moins vite et nous consommerons moins, mais pas comme notre premier ministre, adepte du 80 mais qui s'était fait prendre à 150km/h alors qu'il était toujours maire. Et que dire du ministre de l'écologie et de son parc de voitures...ras le bol des donneurs de leçons et des taxeurs en série.
Réponse de le 06/02/2018 à 10:08 :
On changera notre monde avec de la recherche fondamentale : stockage de l'électricité, moteurs zéro gravité ou du carburant à base de lisier de porc (rêvons). L'arrêt des guerres, de la corruption, de la pollution de notre planète et de sa sur-exploitation au profit de quelques uns seraient une grande avancée et ces mesures sont du ressort des politiques de cette planète. La taxe Carbonne n'est qu'un outil de régulation par le marché, bon courage.
a écrit le 05/02/2018 à 10:07 :
Avec ce marché du carbone qui enrichit certains nous ne traitons que des conséquences. Une solution consisterait à accroitre les prix au niveau mondial du charbon, du pétrole et du gaz, solution qui donnerait des marges pour des études fondamentales sur ce sujet. Pour mémoire, l'énergie n'est que la transformation de quelque chose au départ naturel et présentera encore longtemps des effets pervers excepté peut être le solaire thermique assez peut utilisé.
Réponse de le 05/02/2018 à 10:29 :
"excepté peut être le solaire thermique assez peut utilisé"

C'est en effet une bonne pratique peu utilisée maintenant il y a bien mieux à savoir les éolienne marée motrice et off shore, elles ne génèrent que très peu de pollution à la fabrication, elles sont particulièrement solides, le tsunami qui a ravagé la centrale nucléaire de fukushima est aussi passé sur un champ d'éolienne off shore dont une seule a été juste abimée, sur 50 je crois bien.

L'énergie pas chère et peu polluante ça existe mais ça enlève des centaines de milliards aux actionnaires milliardaires qui possèdent le monde.

Voilà pourquoi cela n'avance toujours pas, par pur avidité et donc conservatisme financier.
a écrit le 05/02/2018 à 10:00 :
le raz le bol fiscal est déjà là !! La dictature écolo nous contrarie ( pour rester poli et politiquement correct!!!!!)
a écrit le 05/02/2018 à 9:45 :
En tant que béotien moyen, je cherche à savoir à qui la taxe carbone est versée. Et pour quel usage? Et comment contrôle t-on, son usage? Je me souviens d'une vignette automobile sensée aider les vieux et dont le rôle avait été détourné par l'état. Cette taxe carbone est-elle un impôt international, et à qui profite-t-elle? Qui contrôle? De quelle façon? Va-t-elle aider les pauvres ou enrichir les riches? Beaucoup de réflexion à avoir, et je n'ai pas les éléments pour expliquer ! Et vous, les avez-vous?
Réponse de le 05/02/2018 à 11:59 :
exat voila la question , a quoi vas servir cette taxe, qu il vont taxe aussi le kerosene qui pollue le ciel de plus en plus ,est qui vas gerais cette argent collecte, moi j aimerais les entendre dire qu il replante des forets d arbres qui fabrique de l oxygene, ou qu il vont faire nettoyer les fleuves et la mer de toute cette pollutions humaine, car la mer polluez nous restitue par les nuages de l eau polluez c est le retour naturel des cycles , sans contez les degats sur la faune et la flore de qui sont un resserve de poison pour nous les humains et qu il vont areter de betonne les eaux de ruisselement naturel qui font aujourdhui tant de dEgat en france ext ext ???
Réponse de le 05/02/2018 à 18:21 :
@ en chemin
Suivez ce lien et vous comprendrez mieux l’imposture. Ces quelques extraits sont une tres bon résumé à la question que vous posez
"Non seulement inefficace pour réduire la production de GES, le marché du carbone est aussi nuisible de plusieurs manières. Il entraîne une ruée sans précédent sur les terres et les ressources du Sud par la finance internationale, qui voit dans les crédits de compensation une occasion d’affaire à saisir. Cette financiarisation se fait au détriment des populations locales, qui non seulement n’en bénéficient pas, mais se voient privées de leurs moyens de subsistance et parfois chassé manu militari des territoires qu’elles occupaient depuis des générations. Le documentaire La ruée vers le carbone, réalisé par Amy Miller, est d’ailleurs éloquent à ce sujet. Il est actuellement disponible pour visionnement sur le site de Télé-Québec. (1)
Le marché du carbone est mal réglementé et facile à frauder, puisque les instances chargées d’en assurer le fonctionnement se basent sur les données fournies par l’industrie pour estimer le nombre de tonnes d’équivalent carbone (MT CO2e) produites ou économisées par un projet donné.
il importe de recadrer le débat entourant le marché du carbone. Car ce qui se cache derrière ce système complexe aux visées prétendument vertes, c’est ni plus ni moins que la marchandisation de l’atmosphère. Il s’agit d’un problème d’ordre moral qui nous concerne toutes et tous. C’est pourquoi il faut à tout prix éviter que les termes de ce débat soient monopolisés par les experts tous azimuts. Il faut refuser ce système qui, en se généralisant et s’étendant à la biodiversité, à l’eau et aux services écosystémiques, accentue de manière exponentielle la privatisation de la nature. Spéculer sur la nature pour la sauver est une fausse bonne idée.
En plus des désastres sociaux bien réels, ce modèle inefficace fait office d’écran de fumée. En nous faisant croire que les mécanismes du marché peuvent régler la crise écologique, il retarde la prise de conscience collective à l’effet que notre système économique actuel est incompatible avec un monde viable et qu’il faut le modifier en profondeur. Il en va de la survie de l’humanité".
http://journalmobiles.com/environnement/le-marche-du-carbone-un-pas-de-plus-vers-la-financiarisation-de-la-nature
a écrit le 05/02/2018 à 9:35 :
L’auteur n’apporte pas d’argument précis contre la taxe carbone qu’il critique, et pas de solution alternative.

Quel est le but de cet article ?
a écrit le 05/02/2018 à 9:34 :
Ils ni a pas d énergie propre ils y a des impots la seule énergie propre c est de riant consommé leS bâches de gâcher du carbone qu and je Pete c est du carbone alors ??
a écrit le 05/02/2018 à 9:25 :
Merci pour cette excellente analyse qui sort des messes habituelles néolibérales.

"En théorie, on sait comment le compenser, mais en pratique c'est compliqué"

Traduction: Parce que en théorie les riches doivent des payer des impôts mais en pratique il y a les paradis fiscaux.
Réponse de le 05/02/2018 à 13:13 :
La taxe carbone n’est pas un impôt pour les riches ou les pauvres mais pour tout le monde (enfin surtout les pauvres, en proportion).

Et le risque de fuite n’est pas vers les paradis fiscaux mais vers les pays à la réglementation environnementale plus laxiste.

Le but du jeu est justement de faire appliquer la taxe carbone par tout le monde. Et on est plutôt en lente mais bonne voie avec les mesures décidées en Chine.
Réponse de le 05/02/2018 à 14:31 :
"La taxe carbone n’est pas un impôt pour les riches ou les pauvres mais pour tout le monde (enfin surtout les pauvres, en proportion)."

Surtout pour les propriétaires de capitaux gros producteurs de carbone, un milliardaire ayant des actions dans des centaines de conglomérats produira beaucoup plus de carbone que le citoyen lambda.

"Et le risque de fuite n’est pas vers les paradis fiscaux mais vers les pays à la réglementation environnementale plus laxiste. "

Comme le Panama, le luxembourg, les pays bas, la belgique, les bermudes et-c... La règlementation fiscale y est inexistante, comme quoi moins l'état de droit est présent dans les pays et plus les actionnaires milliardaires investissent dedans.

"Le but du jeu est justement de faire appliquer la taxe carbone par tout le monde. Et on est plutôt en lente mais bonne voie avec les mesures décidées en Chine. "

Jamais "tout le monde" en économie n'est sur un même pied d'égalité, pourquoi voudriez vous que brusquement tout le monde valide la nouvelle religion néolibérale lié à l'argent "vert" ?

Regardez l'UE, on s'appelle union et pourtant tout les pays se tirent dans les pattes...
a écrit le 05/02/2018 à 8:06 :
Suite. Cette augmentation du prix de l'énergie serait favorable au climat (l'écologie), mais serait aussi favorable à l'économie avec la réduction du chomage et du taux de croissance de l'économie.
Réponse de le 05/02/2018 à 10:55 :
C’est bien d’employer le conditionnel, car à ce stade, selon ce à quoi l’on croit, l’on est finalement sûr de rien !!!
a écrit le 05/02/2018 à 7:52 :
Le problème n'est pas de taxer l'énergie, mais de répartir les charges sociales sur le travail et sur l'énergie, à NIVEAU CONSTANT. Voir la note n°6 du CAE. Qui arrivera à le comprendre! Cela implique d'utiliser la notion de "double dividende". Les Français seraient ils incapables de le comprendre?
Réponse de le 05/02/2018 à 10:02 :
Et vous, seriez vous capable de traduire pour les non initiés ???
Réponse de le 05/02/2018 à 17:20 :
A man x. Merci de votre attention. Je pense que vous évoquez la notion de double dividende. Il faut lire Mireille Chiroleux Assouline pour cela. Mais je pense que cette notion de double dividende correspond à des synapses du cerveau situées dans des régions différentes, et sans doute des hémisphères différents; notre système éducatif, basé sur l'analyse plutôt que sur la synthèse fait que les Français ont des difficultés à utiliser la notion de double dividende. Il faudrait revoir toute notre politique de l'éducation.

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