COP27 : en Égypte, une conférence décisive pour les pays du Sud, en première ligne face aux impacts du changement climatique
Juliette Raynal
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Climat
Photo by Markus Spiske on Unsplash
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Chaque année, l'espoir renaît. Malgré les déceptions de l'édition précédente, les fortes attentes pour la lutte contre le changement climatique ressurgissent à la veille de chaque conférence pour le climat. La COP27, qui se tiendra du 6 au 18 novembre prochain à Charm el-Cheikh en Egypte, ne déroge pas à la règle. « Un changement pourrait s'opérer », veut croire Thibaud Voïta, chercheur associé au Centre énergie et climat de l'Institut français des relations internationales (Ifri) et auteur de la publication COP27 : l'Egypte peut-elle donner un nouveau souffle aux conférences sur le climat ? Mais à cet espoir se greffe la réalité et toute sa complexité. « Les chantiers inachevés de la COP de Glasgow, l'aggravation de la crise climatique, les tensions sur les marchés des hydrocarbures et les risques de récession économique laissent présager d'une COP27 particulièrement difficile », écrit ainsi l'auteur.
L'année dernière, la COP26 de Glasgow avait, en effet, laissé derrière elle un goût d'inachevé. Les images de son président Alok Sharma, en larmes lors de la clôture des négociations, trahissaient la portée très limitée du pacte conclu par les quelque 200 pays réunis pour accélérer la lutte contre le changement climatique. Et pour cause, l'accord signé ne permet ni de tenir l'objectif de hausse des températures sous les 1,5°C, ni de répondre aux demandes pressantes d'accompagnement des pays pauvres, en première ligne face aux effets du réchauffement climatique.
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Néanmoins, la COP27, la première à se tenir sur le continent africain depuis 2016, pourrait constituer un point de bascule. « On sort des COP européennes et on peut s'attendre à une reprise en main des pays du Sud, qui souffrent de plus en plus de l'impact du changement climatique. L'accent va être porté sur les problématiques d'adaptation », pointe Thibaud Voïta. Par ailleurs, Simon Stiell a repris en août dernier les rênes de l'ONU climat. « Est-ce que cela sera synonyme d'accélération des réformes et des processus ? », s'interroge Thibaud Voïta. Dans tous les cas, sa nomination constitue un signal fort car l'homme, jusqu'alors ministre de l'Environnement et de la résilience climatique de Grenade, vient d'un pays particulièrement vulnérable au changement climatique. Et il s'est, par le passé, engagé pour des politiques climatiques très ambitieuses, souligne le chercheur.
Juliette Raynal