Coronavirus : près de 900.000 morts et suspension des essais du vaccin d'Oxford
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Brendan McDermid
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La concurrence fait rage pour mettre au point un vaccin. La Russie a annoncé début août avoir développé le "premier" vaccin contre le COVID-19, dont plus d'un "milliard de doses" ont été précommandées par 20 pays étrangers, selon le Fonds souverain russe impliqué dans son financement.
La pandémie a fait plus de 894.000 morts dans le monde et 27.421.340 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mardi à 17h00 GMT.
La région Amérique latine et Caraïbes à elle seule enregistre plus de 300.000 morts et l'épidémie frappe particulièrement le Pérou (plus de 30.000 décès). Ce pays déplore le taux le plus élevé au monde de morts rapporté au nombre d'habitants, avec 93,28 décès pour 100.000 habitants, selon un classement publié par l'université américaine Johns Hopkins.
L'Europe connaît un rebond du nombre de cas: la session du Parlement européen prévue la semaine prochaine à Strasbourg a été annulée en raison du risque sanitaire jugé trop élevé et se tiendra à Bruxelles.
En France, plus de 6.500 cas nouveaux de COVID-19 ont été comptabilisés au cours des dernières 24 heures, la Direction générale de la santé alertant sur "une nette dégradation de la situation". L'Espagne a elle dépassé la barre des 500.000 cas diagnostiqués. Et en Angleterre, les rassemblements de plus de six personnes (contre 30 actuellement) seront interdits à partir de lundi.
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Pour élucider un éventuel effet indésirable grave chez un participant, le groupe pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca, partenaire industriel de l'université britannique Oxford, a annoncé une pause dans les essais mondiaux de son vaccin dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et les Etats-Unis, après l'apparition d'une "maladie potentiellement inexpliquée" chez un volontaire.
Les vaccinations seront stoppées jusqu'à ce qu'un comité indépendant évalue l'incident, dont aucun détail n'a été révélé, mais qui est probablement un effet secondaire important.
Selon le site spécialisé Statnews, les essais ont été interrompus en raison "d'une suspicion d'un effet indésirable grave chez un participant au Royaume-Uni".
Pour David Lo, professeur à l'Université de California Riverside, "d'autres effets indésirables" ont déjà été signalés, "comme de la fièvre, des douleurs (..) donc cela pourrait être quelque chose de plus grave", a-t-il affirmé à l'AFP.
Cette pause dans les essais pourrait retarder l'un des projets occidentaux parmi les plus avancés, avec ceux des sociétés américaines Moderna et Pfizer, chacun étant en train de recruter des dizaines de milliers de volontaires afin de vérifier que les doses sont sûres, et empêchent les personnes vaccinées de tomber malades du COVID-19.
Les trois sociétés disaient jusqu'à présent espérer des résultats avant la fin de l'année ou le début de 2021, et ont commencé à fabriquer des millions de doses en avance au cas où ils seraient probants.
AstraZeneca a pré-vendu des centaines de millions de doses à de multiples pays dans le monde, plus qu'aucun de ses concurrents. Impliqué, avec l'Argentine, dans la production et la distribution en Amérique latine de l'éventuel vaccin d'AstraZeneca, le Mexique a indiqué que son déploiement pourrait être retardé.
La suspension d'essais cliniques "n'est pas un événement inhabituel... et par conséquent l'arrivée du vaccin pourrait être retardée dans la région", a affirmé Hugo Lopez Gatell, sous-secrétaire à la Santé du gouvernement en conférence de presse.
Aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé dans le monde, nombre d'experts craignent que le président américain Donald Trump ne fasse pression pour faire autoriser un vaccin contre le coronavirus avant la présidentielle du 3 novembre. Le républicain, candidat à sa réélection, a affirmé que son pays disposerait d'un vaccin "cette année".
Son rival démocrate, Joe Biden, a expliqué lundi qu'il voudrait "voir ce qu'en disent les scientifiques", et les autorités sanitaires du pays ont assuré que le processus d'homologation d'un éventuel vaccin serait fondé sur les résultats scientifiques.
Face à la polémique croissante, les patrons de neufs sociétés développant des vaccins ont voulu rassurer le grand public en signant un engagement commun à s'en remettre aux résultats des essais cliniques avant de demander une autorisation.
La Commission européenne a annoncé mercredi avoir trouvé un accord préliminaire pour obtenir 200 millions de doses d'un potentiel vaccin contre le coronavirus développé par l'alliance germano-américaine Biontech/Pfizer, avec l'option d'en acquérir 100 millions de doses supplémentaires, sixième accord de ce type conclu par l'UE.
L'Allemande Biontech et le laboratoire américain Pfizer développent depuis plusieurs mois ce projet de vaccin, entré fin juillet dans une phase d'essais cliniques à grande échelle. Début juillet, ils avaient fait état de résultats préliminaires positifs, après l'avoir testé sur 45 personnes.
Les Etats-Unis avaient annoncé le 22 juillet payer 1,95 milliard de dollars pour obtenir 100 millions de doses du potentiel vaccin Biontech/Pfizer. Le Japon a également conclu un accord avec les deux entreprises pour s'assurer 120 millions de doses.
Pour l'Union européenne, c'est le sixième accord de ce type: elle s'est déjà liée avec le duo franco-britannique Sanofi-GSK, l'américain Johnson & Johnson, l'allemand CureVac et la biotech américaine Moderna afin de sécuriser la réservation d'un grand nombre de doses.
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Enfin, la Commission a signé le 14 août un contrat d'achat anticipé avec le groupe pharmaceutique suédo-britannique AstraZeneca pour 300 millions de doses, avec une option pour 100 millions de doses supplémentaires.
(avec l'AFP et Reuters)
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