ENTRETIEN EXCLUSIF. Les difficultés relatives à la dette affectent la capacité des Etats à financer la transition écologique. Or, le changement climatique génère des dépenses supplémentaires. Une spirale qui pèse sur les comptes publics, explique Simon Cueva, ancien ministre des Finances de l'Equateur et coauteur d'un rapport d'experts sur la dette.
LA TRIBUNE-La COP 29 se tient à Bakou en Azerbaïdjan jusqu'au 22 novembre. Plusieurs ONG et Etats ont hésité à se rendre à cette réunion très contestée. Que faut-il attendre de ce sommet ?
SIMON CUEVA- L'organisation des COP dans des pays à forte production d'hydrocarbures est devenue une routine. Les progrès à attendre seront sans doute limités, mais ce n'est pas une raison pour qu'il n'y ait pas de discussion. D'un côté, on voit de plus en plus les effets du réchauffement climatique. Les pays doivent désormais faire face à des désastres climatiques ou à la détérioration de la nature.
En parallèle, on assiste à des conflits sur les besoins de ressources et de financement pour faire face à ces défis. Les pays en développement ont dû affronter un contexte plus difficile avec des difficultés d'accès au financement de marché et une remontée des taux. Les pays riches doivent également faire face à des problèmes de soutenabilité fiscale et financière.
Aux Etats-Unis, l'élection de Donald Trump apparaît comme un retour en arrière dans la lutte contre le réchauffement climatique. En quoi cette victoire peut-elle ralentir cette bataille cruciale ?
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Les discours de campagne de Donald Trump n'ont pas donné beaucoup d'importance aux questions environnementales. Avec l'arrivée de Trump, il y a beaucoup d'incertitudes entre les promesses de campagne et la réalité. Il est probable qu'il y ait moins d'effort dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Pour les pays émergents, ce contexte international n'est pas favorable. La politique économique américaine devrait aller vers plus de protectionnisme commercial. Les baisses d'impôts pourraient engendrer une hausse du déficit budgétaire. L'inflation américaine et les taux d'intérêt à moyen terme devraient également augmenter. Ce contexte devrait engendrer un coût de financement plus élevé pour les pays émergents. Il va être plus difficile de mener des politiques environnementales ambitieuses, pourtant essentielles pour le monde.