Droits de douane de Trump : le Brésil, le Mexique et la Canada de plus en plus sous pression
latribune.fr
Donald Trump justifie ces hausses tarifaires par la lutte contre l'immigration clandestine et le trafic de fentanyl, affirmant vouloir forcer ses voisins à mieux contrôler leurs frontières.
Washington durcit le ton face aux Brics, au Canada et au Mexique. Donald Trump menace d'imposer des droits de douane à 100% aux pays du bloc émergent s'ils s'éloignent du dollar, tout en confirmant des taxes de 25% sur les importations nord-américaines dès samedi. Une escalade protectionniste aux conséquences incertaines
Donald Trump brandit à nouveau son arme favorite : les droits de douane. Sur Truth Social, le président américain a menacé d'imposer une taxe de 100% aux membres des Brics s'ils poursuivent leurs efforts pour se libérer du dollar. Ce bloc, qui comprend notamment le Brésil, la Chine et l'Inde, explore depuis plusieurs années la création d'une monnaie alternative.
« L'idée que les membres des Brics tentent de s'éloigner du dollar, pendant que nous restons les bras croisés, est TERMINÉE », a déclaré Donald Trump sur son réseau social Truth.
Le Brésil a immédiatement réagi. Le président Luiz Inacio Lula da Silva a prévenu que son pays appliquerait la « réciprocité » en cas de sanctions. Les États-Unis sont le deuxième partenaire commercial du Brésil, qui y exporte principalement des produits industriels. Lula a en outre estimé jeudi que la décision de son homologue Donald Trump de retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le climat était « un recul pour la civilisation humaine. »
Le Canada et le Mexique ne devraient pas échapper à une surtaxe de 25%
Dans le même temps, Donald Trump a confirmé qu'il imposerait dès le 1er février une taxe de 25% sur les produits canadiens et mexicains, malgré l'accord de libre-échange signé lors de son premier mandat. Ottawa et Mexico tentent d'obtenir des exemptions, notamment sur le pétrole. La question d'exempter ou non l'or noir est loin d'être un détail : selon un rapport du Congrès américain, le Canada et le Mexique comptent pour 71% des importations de pétrole brut des États-Unis, le Canada représentant 60% à lui seul. Les États-Unis sont toutefois eux-mêmes un gros producteur.
Cette offensive inquiète les économistes. Selon Oxford Economics, les nouvelles taxes pourraient coûter 1.2 point de croissance aux États-Unis et faire plonger le Mexique en récession. Pour Wendong Zhang, professeur à l'Université Cornell, le Canada et le Mexique risquent de voir leur PIB reculer de 3.6 % et 2 %, tandis que l'impact sur les États-Unis serait plus limité (-0,3 %). Pour Wendong Zhang, professeur à l'Université Cornell, si le choc ne sera pas si fort pour les États-Unis, il le sera sans aucun doute pour les deux autres pays.
«Dans un tel scénario, le Canada et le Mexique peuvent s'attendre à voir leur PIB reculer respectivement de 3,6% et 2%, les États-Unis de 0,3%» , estime l'expert.« La Chine elle aussi souffrirait d'une escalade de la guerre commerciale existante, mais bénéficierait en même temps des tensions entre les États-Unis, le Mexique et le Canada. »
Trump justifie ces hausses tarifaires par la lutte contre l'immigration clandestine et le trafic de fentanyl, affirmant vouloir forcer ses voisins à mieux contrôler leurs frontières. Le Canada a envoyé un émissaire à Washington pour négocier un sursis. « S'ils agissent rapidement, il n'y aura pas de droits de douane », a assuré Howard Lutnick, le futur secrétaire au Commerce, devant le Congrès.
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Cette approche n'est pas sans rappeler les tensions entre Washington et Bogota : après avoir initialement refusé l'atterrissage de vols transportant des migrants expulsés, la Colombie avait subi une menace de sanctions commerciales avant qu'un accord ne soit trouvé. Reste à savoir si cette offensive douanière de Donald Trump est un levier de négociation ou le début d'une nouvelle guerre commerciale.