Face aux droits de douane de Trump, le Canada muscle son jeu
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Le Premier ministre démissionnaire Justin Trudeau a d'ores et déjà annoncé que son pays répliquerait avec des contre-mesures ciblées.
STEPHANE MAHE
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Le Premier ministre démissionnaire Justin Trudeau a d'ores et déjà annoncé que son pays répliquerait avec des contre-mesures ciblées.
STEPHANE MAHE
Le Canada se prépare à affronter un choc économique majeur. Face aux menaces de Donald Trump d'imposer des droits de douane de 25% sur les produits en provenance du Canada et du Mexique à partir du 1er février, Ottawa a annoncé un plan de soutien massif aux travailleurs et aux entreprises susceptibles d'être affectés.
Ce dispositif, qui pourrait atteindre plusieurs milliards de dollars canadiens, s'inspire des mesures prises durant la pandémie de Covid-19.
« Le Canada va soutenir et protéger les travailleurs, quelle que soit la décision irrationnelle prise au sud de la frontière », a déclaré Steven MacKinnon, ministre canadien du Travail, en conférence de presse. Une position réaffirmée par le député Randy Boissonnault : « Si vous voulez savoir ce que nous ferons, regardez comment nous avons aidé les gens pendant le Covid ».
Ces nouvelles taxes, si elles sont appliquées, auraient des répercussions majeures sur l'économie canadienne, dont les États-Unis sont le premier partenaire commercial. Près de deux millions de travailleurs canadiens dépendent directement des exportations vers leur voisin du sud. Le Premier ministre démissionnaire Justin Trudeau a d'ores et déjà annoncé que son pays répliquerait avec des contre-mesures ciblées, pouvant aller jusqu'à 150 milliards de dollars canadiens (102 milliards d'euros) de droits de douane sur des importations américaines.
Pour Donald Trump, cette hausse des taxes est un moyen de pression sur ses voisins afin d'obtenir des concessions sur la lutte contre le trafic de migrants et de fentanyl, un opioïde responsable de milliers de morts aux États-Unis. Howard Lutnick, pressenti pour être le prochain secrétaire au Commerce, a déclaré que le Canada et le Mexique pourraient éviter ces sanctions s'ils prenaient des « mesures concrètes » pour enrayer ces flux illégaux.
Le gouvernement canadien a déjà annoncé un plan de 1,3 milliard de dollars canadiens (865 millions d'euros) pour renforcer la sécurité à la frontière canado-américaine. David McGuinty, ministre de la Sécurité publique, doit se rendre à Washington pour en présenter les détails. Il a toutefois rappelé que seuls 1% des migrants illégaux et du fentanyl entrant aux États-Unis provenaient du Canada.
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Alors que l'ensemble de la classe politique canadienne s'inquiète des répercussions des nouvelles taxes américaines, les stratégies de riposte divergent. Si certains, comme le Premier ministre de l'Ontario Doug Ford, prônent une réponse ferme et immédiate, d'autres, notamment la Première ministre de l'Alberta Danielle Smith, refusent toute interruption des exportations énergétiques vers les États-Unis. « L'Alberta n'acceptera pas de droits de douane sur l'exportation de notre énergie, et nous ne soutenons pas non plus une interdiction des exportations de ces mêmes produits », a-t-elle affirmé.
Les déclarations de Donald Trump sur le Canada, qualifiant le pays de « 51e État américain », ont renforcé un sentiment nationaliste parmi les Canadiens. Ses attaques répétées contre Justin Trudeau et ses références au « gouverneur Trudeau » ont suscité une indignation généralisée. « Jamais, au grand jamais, le Canada ne fera partie des États-Unis », a martelé le Premier ministre sortant, trouvant un écho favorable au sein de l'opinion publique. Ce sentiment de souverainisme se fait ressentir jusqu'au Québec qui prépare sa propre constitution.
Selon Mark Brawley, professeur de relations internationales à l'université McGill, ces déclarations pourraient paradoxalement renforcer la cohésion nationale : « Nous avons des valeurs différentes et elles sont incompatibles pour que nous devenions un seul pays. » Cette opposition frontale entre Ottawa et Washington pourrait bien être un tournant dans les relations bilatérales.
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Dans les jours à venir, Ottawa intensifiera ses négociations pour éviter une escalade commerciale qui pourrait profondément bouleverser son économie. Mais face à l'attitude intransigeante de Donald Trump, le Canada semble résolu à se défendre avec fermeté, quitte à s'engager dans un bras de fer économique sans précédent.
(Avec AFP)
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