L'Allemagne engage une réforme historique de sa politique d'endettement
Olivier Mirguet
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Les députés du Bundestag ont examiné en première lecture le projet de réforme constitutionnelle qui autorisera un endettement au-delà des limites actuelles de la Loi Fondamentale.
Tobias Koch / Deutscher bundestag
L'Allemagne engage une réforme historique de sa politique d'endettement
La perspective d'un fonds spécial de 500 milliards d'euros pour relancer l'économie bouleverse les règles constitutionnelles des finances publiques en Allemagne. Friedrich Merz, le futur chancelier, veut agir dans l'urgence.
Les députés allemands ont ouvert ce jeudi, à Berlin, un débat budgétaire qui pourrait aboutir, lors d'un vote le 18 mars, à une réforme historique des règles de financement de l'action publique dans le pays.
Le futur chancelier Friedrich Merz, leader de la CDU et vainqueur le 23 février des élections législatives anticipées, a présenté devant les élus de la chambre basse (Bundestag) les enjeux du fonds spécial de 500 milliards d'euros destiné à financer la modernisation des infrastructures et la relance de l'économie.
La mise en place d'un tel fonds constituerait une première historique dans les finances de l'Allemagne, tenues jusqu'à présent au respect de la règle stricte du frein à l'endettement (Schuldenbremse). Inscrit depuis 2009 dans la constitution allemande, ce dispositif limite la dette publique annuelle à 0,35 % du produit intérieur brut (PIB) du pays.
Des centaines de milliards d'euros pour la Bundeswehr
La création du fonds spécial de financement pour les infrastructures s'accompagnera d'une relance massive des investissements dans la défense. Les financements nécessaires à la modernisation et au réarmement de la Bundeswehr ont été estimés à plusieurs centaines de milliards d'euros. En amont du débat parlementaire, et dans le cadre de leurs négociations en vue de former le prochain gouvernement de coalition, les chrétiens-démocrates (CDU) et les sociaux-démocrates (SPD) se sont déjà mis d'accord pour exclure du frein à l'endettement ces dépenses consacrées à la défense, au-delà d'un point de PIB.
« La décision que nous allons prendre pour notre pays est historique. Le monde entier regarde l'Allemagne. Notre responsabilité s'étend bien au-delà de nos frontières. L'échec n'est pas une option », a prévenu Friedrich Merz, appelant les « forces démocratiques du centre » à voter en faveur « de la liberté, de la paix, de la prospérité et de la justice sociale ».
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