Etats-Unis : une rencontre avec le président serait-elle bénéfique aux entreprises ?

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Selon les deux universitaires américains de l'étude, le cours des actions des entreprises dont le Pdg a rencontré Trump augmenterait de 0,16 % de plus aux prévisions sur trois jours.
Selon les deux universitaires américains de l'étude, le cours des actions des entreprises dont le Pdg a rencontré Trump augmenterait de 0,16 % de plus aux prévisions sur trois jours. (Crédits : Reuters Carlos Barria)
Deux universitaires publiaient en avril une étude démontrant que les chefs d'entreprise ayant rencontré Barack Obama voyaient grimper leur action et gagnaient plus de contrats. Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, les universitaires se sont rendus compte que cette observation serait encore plus vraie.

Depuis son élection en novembre, Donald Trump n'a cessé de rencontrer les dirigeants des grandes entreprises américaines mais aussi étrangères pour évoquer la situation économique et financière du pays ainsi que son programme.

Ces entretiens, qui ont d'abord eu lieu dans la Trump Tower à New York, ont dû se révéler utiles au président puisqu'une fois arrivé à la Maison-Blanche il les a poursuivis. La création d'un conseil composé, cette fois, de dirigeants d'entreprises américaines exclusivement va d'ailleurs dans ce sens. Il permet régulièrement au président d'échanger avec les entreprises sur les défis auxquels elles font face mais aussi sur leurs attentes.

Rencontrer Trump plutôt qu'Obama serait plus bénéfique

Ces rencontres auraient plus d'incidence que certains ne voudraient le penser. En effet, Jeffrey Brown et Jiekun Huang, deux professeurs de finance à l'Université de l'Illinois ont publié, en avril une étude dans laquelle ils observent une hausse du cours des actions des entreprises, peu après que leur Pdg rencontre le président.

Si l'étude en question portait sur les deux mandats d'Obama, Jeffrey Brown et Jiekun Huang, affirment dans le Financial Times, que c'est également vrai avec Donald Trump. Les auteurs estiment que le cours des actions d'entreprise, dont le Pdg a rencontré Donald Trump, connait une augmentation de 0,16 % supérieure aux prévisions sur trois jours, contre seulement 0,07 % avec Barack Obama.

Les deux hommes sont parvenus à cette conclusion après avoir recensé les visites de dirigeants d'entreprises du S&P 500 auprès des deux présidents et suivi le cours des actions les jours suivant la réunion. Les chercheurs notent également que Donald Trump a rencontré 75 chefs d'entreprise durant ses cinq premiers mois de mandat contre 24 pour Barack Obama sur la même période.

Au-delà des rencontres, un "effet Trump"

Si les augmentations dont il est question restent relativement faibles, cela n'empêche pas certains observateurs de s'interroger depuis six mois sur l'influence du président. En effet, un débat est né outre-atlantique pour savoir comment le marché réagirait après des visites à la Maison-Blanche.

Trump rencontre les PDG de grandes entreprises américaines durant la transition

Le président Donald Trump rencontre, avec son vice-président Mike Pence, les dirigeants des principales entreprises américaines. Ici avec Peter Thiel (Paypal) et Tim Cook (Apple) (Crédits photo : Reuters.)

Pour le moment, les chiffres avancés par les deux universitaires sont meilleurs pour Trump que ceux observés durant le mandat Obama mais ils rappellent que les données sont encore trop limitées pour dessiner une tendance sur le long terme.

Cependant, certains observateurs nuancent les résultats de cette étude, à l'instar de Jean-Eric Branaa, maître de conférence sur la société et la politique américaine à Paris 2 Assas, joint par La Tribune :

"Il n'y a pas réellement d'effet de rencontre avec le président américain. La bourse et les marchés se portent très bien en général depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche", explique Jean-Eric Branaa.

Pour l'universitaire, spécialiste des Etats-Unis, les rencontres n'auraient ainsi pas d'impact majeur sur les marchés, mais ces derniers resteraient attentifs à ce qu'il se passe à la Maison-Blanche. C'est en effet le contexte économique et financier général qui porte les entreprises en bourse même si les interactions avec l'Administration sont importantes pour les marchés et les dirigeants.

Les GAFA reviennent vers Trump par nécessité

Durant la campagne présidentielle américaine, il était de bon ton dans les entreprises de montrer des doutes à l'égard de la candidature et du programme de Donald Trump. Mais, depuis son arrivée à la Maison-Blanche, les critiques se sont faites plus discrètes et les entreprises ont appris à travailler avec le nouvel occupant du bureau ovale.

"D'ailleurs, si la Sillicon Valley et Hollywood se présentent comme peu favorables à Donald Trump, on a vu les GAFA revenir vers le président et se présenter au Conseil car il faut un interlocuteur", poursuit Jean-Eric Branaa.

Les conclusions de l'étude ne peuvent pourtant pas être généralisées selon Jean-Eric Branaa qui explique que certaines entreprises présentes au Conseil comme Uber et Tesla traversent une période agitée. D'ailleurs, si la majorité des dirigeants invités se rendent aux réunions, certains n'hésitent pas à montrer leur désaccord avec le président américain. Ainsi, Elon Musk (Tesla) et Bob Eager (Disney) ont claqué la porte de ces rencontres après que l'occupant du bureu ovale a décidé de retirer les Etats-Unis de l'Accord de Paris.

> Lire aussiAccord de Paris : aux Etats-Unis, la résistance s'organise

Pour le moment donc, Donald Trump cohabite sans grande difficulté avec les entreprises américaines dans le domaine des nouvelles technologies ou de l'énergie. Le réel test n'est pourtant pas encore passé pour le président qui, six mois après son arrivée à la Maison-Blanche n'a pas encore dévoilé de réel projet.

Pour Jean-Eric Branaa "c'est en septembre que l'on découvrira les vraies réformes de Donald Trump en matière fiscale et douanière". Pour le moment, il n'a été seulement question que de "faire disparaître les régulations".

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Commentaires
a écrit le 21/07/2017 à 19:17 :
Il est toujours bénéfique de discuter, surtout quand l'interlocuteur a les moyens de changer les choses. Les États-Unis ne sont pas un pays socialo-communiste où "l'élu" (avec 20% des voix des inscrits au 1er tour et moins de 50% de votants au 2e tour) peut mépriser les sans-dents et autre rien du tout :-)
a écrit le 21/07/2017 à 9:04 :
Cela semble logique, hommes d'affaires et politiciens étant compromis les uns avec les autres depuis très longtemps maintenant il est logique que quand un homme politique gagne son corrupteur en profite.

Enfin logique... pour l'empire des faibles.

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