Existera-t-il un jour un traitement efficace contre le coronavirus ?
latribune.fr

Photo d'illustration
Handout .
latribune.fr

Photo d'illustration
Handout .
Le Pr Yazdan Yazdanpanah, directeur de l'Institut d'immunologie, inflammation, infection et microbiologie (I3M) à l'Inserm et expert auprès de l'OMS, a indiqué que "trois stratégies sont à un niveau avancé" lors d'une conférence de presse à Paris.
Autres pistes possibles, des traitements à base d'"anticorps monoclonaux", "mais c'est moins avancé", a relevé Pr Yazdanpanah.
Les chercheurs peuvent s'inspirer des travaux sur les deux autres coronavirus Srars et Mers à l'origine d'épidémies mortelles, celle du Mers étant toujours en cours. Mais la possibilité de cultiver ce nouveau coronavirus, "permet aussi de tester des molécules, dont certaines déjà disponibles pour d'autres pathologies", souligne le Pr Yazdanpanah.
Le Pr Yazdanpanah a encore évoqué une autre stratégie en cours d'évaluation, qui consisterait à vérifier si des gens exposés ont le virus avant l'apparition des symptômes et, si c'est le cas, de faire un traitement précoce. Pour l'instant, a-t-il résumé, le traitement le mieux connu, et le seul disponible, est le kaletra car il a été utilisé notamment en post-exposition au VIH.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Reste, parmi d'autres, une interrogation:
Un élément capital à comprendre pour la stratégie thérapeutique, a noté ce médecin, également chef du service maladies infectieuses de l'hôpital Bichat (Paris) qui a admis en réanimation un touriste chinois de 80 ans dans un état grave.
Les chercheurs de l'Institut Pasteur à Paris sont parvenus à isoler et à mettre en culture des souches du nouveau coronavirus, une première en Europe qui représente "une avancée majeure" dans la recherche d'un vaccin et d'un traitement.
Les chercheurs ont utilisé des prélèvements réalisés sur les premiers cas de coronavirus confirmés en France, vendredi 24 janvier, qu'ils ont inoculés dans des cellules déjà connues pour permettre la multiplication d'autres coronavirus proches.
Certains prélèvements n'ont rien donné, mais pour deux prélèvements issus d'un même patient, "dès le lundi", une bonne partie des cellules étaient détruites, "suggérant la présence du virus", ce qui a ensuite été confirmé par l'analyse, détaille Sylvie Van der Werf, responsable du centre national de référence des virus respiratoires de l'Institut Pasteur.
La mise en culture de ce nouveau virus, apparu en décembre dans la ville de Wuhan, dans le centre de la Chine, le rend "désormais disponible pour la recherche", explique l'organisme de recherche.
On pourra notamment tester sur lui l'efficacité de "molécules antivirales connues", le modifier "avec pour objectif de proposer un candidat vaccin" ou encore étudier son fonctionnement pour "identifier des talons d'Achille qui permettraient de développer des stratégies thérapeutiques" et mettre ainsi au point de nouveaux traitements.
L'analyse des anticorps présents chez les patients infectés par le virus permettra aussi de "mettre au point un test sérologique adapté pour le dépistage de l'infection" à plus large échelle.
Différent du test de diagnostic rapide, qui recherche directement le virus et non les anticorps, ce test sérologique est important "à plus long terme", selon Sylvie ban der Werf. Il permettra en effet de savoir "parmi les personnes qui ont été en contact" avec le virus, "quelle proportion a pu être infectée sans développer de symptômes", ce qui donnera "des données plus précises sur la capacité de transmission de ce virus".
À lire également
L'Institut a constitué un groupe chargé de mettre au point un vaccin contre le "coronavirus de Wuhan" et espère qu'il sera disponible d'ici 20 mois, a déclaré vendredi Christophe d'Enfert, directeur scientifique au sein de la fondation.
(avec l'AFP et Reuters)
latribune.fr