Face aux besoins de l’IA, le président argentin Javier Milei promeut l'énergie nucléaire
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Aujourd'hui, l'Argentine dispose de trois centrales nucléaires : Atucha I, Atucha II et Embalse.
Reuters
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Aujourd'hui, l'Argentine dispose de trois centrales nucléaires : Atucha I, Atucha II et Embalse.
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Effet d'annonce ou véritable impulsion ? Vendredi, le président argentin, Javier Milei, a fait savoir qu'il souhaitait installer de nouveaux réacteurs nucléaires dans son pays pour faire face à la demande d'électricité qui promet d'exploser dans le secteur de l'intelligence artificielle (IA).
« L'énergie nucléaire est la seule suffisamment efficace, abondante et rapidement évolutive pour faire face au développement de notre civilisation », a-t-il affirmé vendredi dans une vidéo, aux côtés du directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, et d'un conseiller, Demian Reidel, qui prendra la tête d'un « Conseil nucléaire argentin ».
Avec le mode de production énergétique actuel, « nous ne pourrons pas répondre à cette nouvelle demande » de l'IA, a d'ailleurs insisté le président ultra-libéral, affirmant vouloir « supprimer les réglementations qui lient les mains [du] peuple depuis des décennies ».
Aujourd'hui, l'Argentine dispose de trois centrales nucléaires : Atucha I, Atucha II et Embalse. Selon des données officielles, 9% de l'énergie consommée dans le pays en juillet 2024 était d'origine nucléaire.
Ainsi, la première étape sera « la construction d'un [réacteur] SMR sur le site d'Atucha », près de Buenos Aires, selon Demian Reidel. Selon le communiqué officiel, cela « facilitera l'accès à l'énergie dans tout le pays et réduira considérablement les coupures de courant ». Pour rappel, les SMR (« small modular reactor » en anglais) sont plus petits et supposés être de construction plus simple que les centrales conventionnelles.
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Selon l'AIEA, la Russie a inauguré en 2020 la première centrale fonctionnant selon une technologie SMR. Plusieurs projets SMR en cours en Argentine, au Canada, en Chine, en Corée du Sud et aux Etats-Unis sont en attente d'autorisation. En France, EDF mène également un programme, mais peine à tenir une équation économique pertinente compte tenu des choix techniques réalisés, comme nous l'expliquions cet été.
Dans la foulée, Rafael Grossi a jugé l'annonce du président argentin « prometteuse ». Mais d'autres spécialistes ont vivement critiqué cette nouvelle sortie. A commencer par l'ancienne présidente de la Commission nationale de l'énergie atomique (CNEA), Adriana Serquis (2021-2024), laquelle a pointé une « énorme contradiction ». En effet, celle-ci a reproché à Javier Milei de « nier ou d'ignorer le fait qu'il existe déjà un projet » de réacteur type SMR en Argentine « très proche de l'achèvement, appelé CAREM, reconnu dans les analyses internationales comme l'un des plus avancés » et « qui doit être mis en service en 2028 ».
Seulement voilà : depuis l'entrée en fonction de Javier Milei, fin 2023, « la construction du CAREM a été ralentie au point d'être pratiquement à l'arrêt », a déclaré au journal Página12 l'ancien secrétaire à la planification et aux politiques du ministère des sciences, Diego Hurtado (2019-2023).
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Et pour cause : dans le cadre de son plan « tronçonneuse » pour tailler dans les dépenses publiques, le président argentin a supprimé plus de 30.000 emplois dans le secteur public et réduit le budget consacré à la science et à la technologie. Selon les données du syndicat des employés de l'État, les salariés de la CNEA ont ainsi perdu 30% de leur pouvoir d'achat depuis décembre 2024. En septembre 2024, la CNEA a signalé que les travaux du CAREM se poursuivaient, mais avec une réduction budgétaire d'environ 50%.
(avec AFP)
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