Fiscalité internationale : l'Irlande jette un coup de froid sur le projet de nouvelle taxe

A la veille d'une réunion du G7 qui doit se tenir sur le sujet vendredi, l'Irlande a indiqué qu'elle n'avait pas l'intention de renier l'avantage fiscal qu'elle propose aux multinationales, avec un taux à 12,5% sur les bénéfices réalisés. Or, du côté des institutions internationales et de la Maison Blanche, les astres sont en passe de s'aligner pour instaurer une nouvelle taxe.

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Le ministre irlandais a rejeté la proposition américaine dévoilée la semaine dernière par la secrétaire au Trésor Janet Yellen.
Le ministre irlandais a rejeté la proposition américaine dévoilée la semaine dernière par la secrétaire au Trésor Janet Yellen. (Crédits : Christopher Aluka Berry)

L'Irlande a montré une forte résistance mardi sur le projet de Joe Biden de taxer les bénéfices des multinationales d'au moins 15% à l'échelle mondiale au moment où un consensus semblait se dessiner au G7.

Le ministre des Finances irlandais Paschal Donohoe a déclaré que son pays n'avait pas l'intention d'augmenter son taux d'imposition sur les sociétés qui est l'un des plus bas au monde, rejetant du même coup la proposition américaine dévoilée la semaine dernière par la secrétaire au Trésor Janet Yellen.

Imposer le plancher des 15%

"Nous avons des réserves vraiment importantes concernant un taux d'imposition minimum mondial à un niveau tel que cela signifierait que seuls certains pays, et certaines grandes économies, pourront bénéficier de cette base", a expliqué le ministre à la chaîne britannique Sky News.

L'Irlande ne fait pas partie du G7. Mais le pays, qui applique un taux de 12,5% et attire ainsi de nombreuses grandes entreprises du monde entier, est un acteur-clé dans les discussions qui se déroulent sous l'égide de l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE).

La semaine dernière, Janet Yellen avait souligné que 15% était "un plancher" et que les discussions allaient se poursuivre avec l'objectif d'être "ambitieux" et "d'augmenter ce taux".

C'est la première fois que Washington proposait formellement un taux.

Au sein du G7 -qui regroupe l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l'Italie, le Japon, et le Royaume-Uni- Paris et Berlin ont immédiatement apporté leur soutien à cette proposition estimant que 15% était un bon compromis.

Un Conseil économique et financier franco-allemand (CEFFA) se tiendra mercredi. Et les ministres des Finances français Bruno Le Maire et allemand Olaf Scholz, devraient évoquer entre autres ce dossier.

Vers un accord politique au prochain G7 ?

Selon une source proche des discussions en Europe, la proposition américaine a reçu un large soutien et un "accord politique" pourrait être annoncé la semaine prochaine lors du G7 finance à Londres des 4 et 5 juin.

D'autres sources ont, elle, évoqué une simple déclaration de principe, renvoyant au G20 de Venise (Italie) les 9 et 10 juillet.

L'OCDE, qui regroupe 36 pays, avait elle-même signalé l'échéance de juillet.

Des seuils allant de 12,5% à 21%, soutenus notamment par la France, l'Allemagne et le Parlement européen, avaient jusqu'ici été évoqués.

Mardi, la directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, est venue apporter son soutien à la proposition américaine, soulignant que tout taux supérieur à l'imposition actuelle serait "bénéfique" à l'économie mondiale et aux pays.

Lors d'une conversation avec le Washington Post, elle a souligné qu'il était crucial de mettre fin au "nivellement par le bas" en matière de fiscalité pour permettre de remplir les caisses des Etats et investir dans l'éducation, la santé, les infrastructures ou encore l'industrie du numérique.

Le président américain compte précisément utiliser la fiscalité des entreprises aux Etats-Unis et dans le monde pour financer son ambitieux plan d'infrastructures de 1.700 milliards de dollars, qui rencontre pour l'heure la farouche opposition des républicains.

La patronne du FMI a reconnu qu'une fiscalité harmonisée sur le plan mondial était particulièrement complexe puisqu'il s'agit de trouver un consensus sur "le point idéal", celui qui est bénéfique à l'économie mondiale, tout en étant satisfaisant pour les autorités fiscales de chaque pays.

Sollicité, le Trésor américain s'est refusé à tout commentaire sur la prise de position du ministre irlandais, renvoyant aux déclarations de Janet Yellen du 20 mai.

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Commentaires 6
à écrit le 27/05/2021 à 9:44
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Ce qui est forcément très embêtant pour l'UE qui mise beaucoup sur ce pays pour tacler le RU, naïvenement forcément mais bon c'est l'UE.

à écrit le 26/05/2021 à 21:50
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On était à 21% et maintenant 15%... , je crois qu'on a compris la tendance... Il faut sortir de l'Euro comme les anglais ...

à écrit le 26/05/2021 à 21:33
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Moins rapide a baissé son pantalon que d'autres ...

à écrit le 26/05/2021 à 20:00
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il fallait s'y attendre , la France devrait inscrire l'irlande , la hollande et le luxembourg dans la liste des paradis fiscaux .

à écrit le 26/05/2021 à 15:58
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Que Biden abandonne les système fiscal du Delaware, après on verra

à écrit le 26/05/2021 à 10:26
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L'Irlande n'est qu'à 2.5% du consensus minimal de 15%! La convergence des fiscalités en Europe devrait être une condition pour faire partie de l'UE. Le seuil de 15% est vraiment un minimum et toute forme de dumping sanctionné.

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