Gary Johnson : l'alternative à l'offre "Clinton - Trump" ?

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Gary Johnson se présente pour la deuxième fois à l'élection présidentielle américaine.
Gary Johnson se présente pour la deuxième fois à l'élection présidentielle américaine. (Crédits : Reuters)
Face à Hilary Clinton et Donald Trump, Garry Johnson du parti libertarien tente de se faire une place dans la campagne présidentielle américaine. Une mission quasi impossible.

Jamais un candidat américain issu d'une autre famille politique que celle du parti démocrate ou du parti républicain n'a remporté une élection présidentielle aux Etats-Unis. Aujourd'hui, dans une campagne où la popularité des deux principaux candidats n'a jamais été aussi faible, les sondages indiquent l'envie d'une alternative chez les Américains, peu satisfaits de l'offre "Clinton-Trump".

C'est précisément sur cette vague que le candidat du parti libertarien, Gary Johnson a décidé de surfer. "Le bipartisme est un système de dinosaure", a-t-il dénoncé sur CNN, lors de sa première interview jeudi dernier, aux côtés de son coéquipier et candidat à la vice-présidence, William Weld.

 Un parcours de « self made-man »

Né à Minot (dans le Dakota du nord) en 1953, Gary Johnson fait ses études à l'université du New Mexico et les paie en effectuant toute sorte de petits boulots,comme il le raconte sur le site internet de sa campagne. Il ouvre ensuite une petite entreprise qui, en 20 ans, devient la plus grande du Nouveau Mexique dans le secteur du bâtiment. Il est élu gouverneur du Nouveau Mexique à deux reprises, en 1994 et en 1998, sous l'étiquette républicaine.

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Durant ses mandats, il met son veto sur plus de 750 lois, ce qui lui vaut le surnom de "gouverneur veto". Par ailleurs, le gouverneur réduit les impôts à 14 reprises et diminue les dépenses de l'état du Nouveau Mexique. En 2003, lorsqu'il quitte ses fonctions, le Nouveau Mexique se retrouve à l'équilibre, une situation plutôt rare dont seuls quatre états peuvent se targuer à l'époque et qu'il ne manque pas de mettre en valeur.

En 2011, Gary Johnson renonce à briguer la présidence du parti républicain et rejoint le parti libertarien qu'il estime plus en accord avec ses idées. Il devient le candidat de ce parti pour la présidentielle de 2012 et réunit 1% des voix, soit près de 1.3 million de personnes.

Le candidat du plus grand des petits partis

Peu médiatisé en France, le parti libertarien américain né en 1971 fait partie des rares petits partis qui tout comme les Verts parviennent à se faire une petite place aux côtés des deux géants. Longtemps représenté par Ron Paul, qui réclamait la fin de la Fed (la banque centrale américaine) et le retour à l'étalon-or,  le parti libertarien prône la liberté individuelle et une faible intervention de l'Etat dans l'économie.

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Interrogé à la radio américaine NPR, Gary Johnson explique que les libertariens proposeraient "le meilleur des démocrates" avec "la liberté et le droit de chacun de prendre des décisions concernant sa propre vie" et le meilleur des républicains avec le principe d'un "gouvernement réduit". Mais résumer le parti à un mélange des deux mouvements politiques serait le simplifier.

Emploi, politique étrangère, immigration : ses idées

Sur l'emploi, Gary Johnson se présente comme le candidat qui éliminera les impôts sur les entreprises afin d'attirer les entrepreneurs. Selon Gary Johnson, une telle réforme permettrait de faire des Etats-Unis "l'aimant de l'emploi" du monde et par la même occasion de décourager les entreprises qui créent des comptes off-shore.

Concernant la politique étrangère et de défense des Etats-Unis, Gary Johnson s'oppose à l'interventionnisme américain. Selon lui, les nombreuses actions de l'armée américaine ont conduit à renforcer les menaces comme celle de l'EI alors qu'elle devaient les éviter. Il prône donc une réorganisation complète des interventions américaines.

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Sur l'immigration, l'ancien gouverneur n'a pas manqué de condamner les propos du candidat républicain Donald Trump qui avait déclaré vouloir ériger un mur entre les Etats-Unis et le Mexique au frais des contribuables mexicains. William Weld, candidat à la vice-présidence aux côtés de Gary Johnson a quant à lui déclaré sur CNN jeudi dernier : "On ne peut pas être président des Etats-Unis lorsque l'on s'exprime ainsi". Pour Gary Johnson, la solution n'est pas de se barricader mais plutôt de revoir le système légal d'immigration.

La liberté individuelle avant tout

Valeur centrale du parti libertarien, la liberté individuelle est évidemment défendue par le candidat qui déplore la présence de l'Etat dans trop de domaines. Sur les questions telles que le port d'arme, l'avortement, le mariage homosexuel ou la consommation de drogue, le candidat s'en remet à la liberté individuelle.

Ainsi, l'ancien gouverneur estime que les citoyens américains ont le droit "d'épouser qui ils veulent, de s'armer s'ils le veulent, de prendre leur propre décision concernant leur corps et leur vie personnelle du moment que cela ne porte préjudice à personne".

Sur CNN, le candidat à la vice-présidence William Weld a déclaré : "Nous aimons à penser que nous allons être la troisième possibilité de vote". Mais pour le duo Johnson - Weld, tout se jouera dans les sondages, car pour pouvoir participer aux débats de l'automne prochain, le candidat du parti libertarien devra atteindre les 15% d'intention de vote dans les sondages nationaux.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2016 à 18:22 :
Beau discours mais non crédible. En néolibéralisme actuel les institutions privées sont tout autant nocives pour les libertés individuelles que les institutions d'Etat.

Donc privilégier les libertés individuelles oui pourquoi pas mais si c'est pour les soumettre comme actuellement à la volonté des multinationales et des actionnaires cela n'a aucune cohérence et sent l'imposture à plein nez.

Bref les élections aux états unis...

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