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Guerre en Ukraine : entre Moscou et l'Occident, la Chine continue à jouer les équilibristes

latribune.fr

Publié le 02 avril 2022 à 11:44 - Mis à jour le 02 avril 2022 à 14:26

La chine affirme ne pas contourner deliberement les sanctions contre la russie

Photo d'illustration

FLORENCE LO

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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La Chine précise qu'elle n'est pas partie prenante dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine. Malgré ses liens étroits avec Moscou, Pékin ne veut pas altérer ses échanges commerciaux avec l'Union Européenne.

Minimiser son rôle dans le conflit, telle est la stratégie de la Chine. Alors que l'Union européenne a prévenu que tout soutien à Moscou nuirait aux relations économiques de Pékin avec l'Europe, les dirigeants chinois font le choix de temporiser. Il ne faut pas surestimer le rôle de la Chine auprès de Moscou pour mettre fin aux hostilités en Ukraine, a ainsi plaidé Pékin.

Le géant communiste cherche à cultiver une sorte de neutralité

Vendredi, Wang Lutong, le responsable des affaires européennes de la diplomatie chinoise assurait "nous ne faisons rien pour contourner les sanctions occidentales imposées à la Russie". "La Chine n'est pas partie prenante à la crise Ukrainienne, et ce n'est pas parce que l'on dit aux Russes d'arrêter la guerre qu'ils le feront. ça ne marche pas comme ça ", a précisé le diplomate.  Et de bien souligner que "par conséquent, nos échanges commerciaux avec Moscou ne devraient pas être visés". Pékin n'a toutefois jamais condamnée l'invasion russe, et le pouvoir communiste défend son amitié qu'il qualifie "solide comme un roc". Pékin partage avec Moscou un ressentiment contre les occidentaux. Et a souvent critiqué ce qu'il appelle "les sanctions occidentales illégales et unilatérales". Vendredi, le représentant de la diplomatie russe Wang Lutong a d'ailleurs expliqué "Nous nous opposons aux sanctions et les effets de ces sanctions risquent de se répandre dans le reste du monde, entrainant des guerres de devises, des guerres financières et risquant de mettre en péril les chaines d'approvisionnement , les chaines industrielles et même l'ogre économique ".

Business avant tout

Mais, si la Chine prend soin de faire ce type de déclaration, c'est parce qu'elle entend préserver ses liens économiques avec son premier partenaire commercial, l'Europe.Et que les Occidentaux, Etats-Unis en tête, laissent planer la menace de sanctions si la Chine venait en aide à la Russie.

Reste que la position à tenir vis à vis de la Chine n'est pas facile pour les Occidentaux. Ils savent qu'ils ne peuvent pas aller trop loin en matière de menaces contre Pékin qui reste un maillon essentiel de la mondialisation. La Chine a un PIB six fois supérieur à la Russie. Elle reste le premier partenaire commercial des USA. Se lancer dans des embargos ou la mise en place de droits de douanes intempestifs risquerait de se retourner contre eux. Et de priver les populations occidentales de nombreux biens importés.  Et si, de son côté, la Chine reste l'usine du monde, elle sait aussi qu'elle a besoin de débouchés pour écouler et vendre les produits qu'elle fabrique. Pékin veut absolument maintenir sa croissance, surtout à un moment où celle-ci donne quelques signes d'essoufflement, sous l'effet de la reprise de l'épidémie de Covid.

Un conflit dans des relations entre Chine et occidentaux déjà complexes

Mais le conflit Ukrainien prend place dans des relations déjà sensibles entre la Chine et l'occident. L'Union européenne et la Chine ont ainsi conclu, il y a deux ans, un accord d'investissement, mais qui est en suspens après que Bruxelles a sanctionné les responsables chinois de violations présumées des droits de l'homme dans la région du Xinjiang. Pékin en retour a dressé une liste noire de personnalités et entités de l'Union. Wang Lutong vendredi a estimé que la balle était dans le camp de Bruxelles.

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