Guerre en Ukraine : la Russie inflige 360 millions d’euros d’amende à Google pour « fausses informations »

Google vient de subir la plus lourde amende jamais infligée à une entreprise numérique en Russie : 363 millions de dollars ... que le géant risque de ne jamais payer puisqu'il a quitté le marché russe. La sanction illustre le durcissement du contrôle de l'information par l'Etat russe.
(Crédits : HANNAH MCKAY)

La Russie continue sa guerre de l'information en parallèle du conflit qu'elle mène en Ukraine. Google a été condamné lundi à 21 milliards de roubles d'amende (363 millions d'euros) pour ne pas avoir supprimé des contenus dénonçant la guerre en Ukraine, d'après l'autorité russe des télécoms Roskomnadzor. Il s'agit d'une amende record dans le secteur des télécoms d'après un expert russe du secteur cité par l'agence officielle de presse russe Ria-Novosti.

Le gendarme reproche à la plateforme de vidéos YouTube, propriété de Google, de n'avoir pas bloqué « de fausses informations » sur l'invasion de l'Ukraine, « faisant la propagande de l'extrémisme et du terrorisme » ou « appelant des individus mineurs à participer à des manifestations non autorisées ».

Il ne s'agit pas de la première amende des autorités russes contre Google. Selon la loi russe, l'entreprise a donc reçu une amende proportionnelle à « son chiffre d'affaires annuel » en Russie, a indiqué Roskomnadzor.

Jusqu'à 15 ans de prison pour « fausses informations »

Ces dernières années, l'Etat russe a renforcé ses pressions contre les géants américains du numérique qui ont reçu amendes et menaces, perçu par les autorités comme un des derniers bastions de liberté d'expression sur un Internet, de plus en plus verrouillé.

Rien n'indique toutefois que Google s'acquittera de cette amende. Comme de nombreuses entreprises américaines, le groupe a déserté le marché russe pour dénoncer l'offensive militaire en Ukraine et n'y perçoit plus de recettes. L'entreprise californienne n'a pas réagi à cette sanction qui n'est pas le premier avertissement reçu depuis le début de la guerre en Ukraine.

L'autorité russe des télécoms avait déjà accusé en mars Google et YouTube d'activités « terroristes », laissant planer la menace d'un blocage du moteur de recherche comme l'ont subi Twitter, Instagram et des médias indépendants depuis le 24 février.

Ces mesures d'intimidation ont été rendues possibles par un renforcement de l'arsenal juridique russe pour filtrer l'information en temps de guerre. Ceux qui diffuseraient de « fausses informations » selon la définition qu'en donne la justice russe encourt jusqu'à 15 de prison. De telles peines ont déjà été prononcées depuis le début du conflit en Ukraine.

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Commentaires 3
à écrit le 20/07/2022 à 16:34
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Bonjour, Je joue a un jeu en ligne international, avec des Russes, normal étant gratuit quand on joue bien, et les Russes jouent bien. Pourquoi Poutine s'inquiéterait, pour eux toute info c'est de la propagande, ils sont là pour jouer. Mais ils s...

à écrit le 19/07/2022 à 11:03
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Une fois de plus, on constatera que tout dictateur trouve, presque"naturellement", les relais nécessaires à son pouvoir dans le système judiciaire.

à écrit le 19/07/2022 à 8:06
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Un bon exemple de l'instrumentalisation politique de la lutte contre les fake-news. Les dérives sont sous nos yeux...

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