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Guerre en Ukraine : l'Allemagne, les Etats-Unis et l'Otan s'opposent à l'envoi de troupes occidentales

latribune.fr

Publié le 28 février 2024 à 08:35 - Mis à jour le 28 février 2024 à 08:42

Olaf Scholz a affirmé ce mardi qu'« aucun soldat » ne serait envoyé en Ukraine par des pays d'Europe ou de l'Otan (Photo d'illustration).

Olaf Scholz a affirmé ce mardi qu'« aucun soldat » ne serait envoyé en Ukraine par des pays d'Europe ou de l'Otan (Photo d'illustration).

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Emmanuel Macron a appelé lundi les alliés de l'Ukraine réunis à Paris à un « sursaut » pour assurer la « défaite » de la Russie, annonçant de nouvelles mesures pour fournir plus d'armes à Kiev. Le chef de l'Etat français a également mis les pieds dans le plat, n'excluant pas l'option d'un envoi de troupes occidentales à l'avenir. Sauf que ses alliés ne partagent pas son point de vue.

[Article publié mardi 27 février 2024 à 07h51, mis à jour le mercredi 28 février 2024 à 09h35] La piste avancée par Emmanuel Macron d'envoyer des troupes occidentales au sol en Ukraine ne fait pas consensus. Lundi soir, le président français a brisé un tabou, en n'excluant pas l'envoi de militaires européens en Ukraine. Mais il ne s'agit pas d'envoyer des hommes au combat. Cet hypothétique envoi de troupes serait lié à des actions identifiées comme prioritaires pour les Européens : cyberdéfense, coproduction d'armement en Ukraine, déminage...

Lire aussiUkraine : à situation désespérée, soutien démesuré ?

L'option n'a pas trouvé d'écho favorable de l'autre côté de l'océan Atlantique. Un à un, les porte-paroles américains, de la Maison Blanche au département d'Etat en passant par le Pentagone, ont catégoriquement rejeté l'idée lors des points de presse qui jalonnent une journée typique à Washington.

«Le président Biden a été clair sur le fait que les Etats-Unis n'enverront pas de soldats combattre en Ukraine», a déclaré Adrienne Watson, porte-parole adjointe du Conseil de sécurité nationale (NSC).Joe Biden estime que «le chemin de la victoire» passera par une aide militaire pour l'instant bloquée par le Congrès, a-t-elle ajouté.

Lire aussiGuerre en Ukraine : ces pays européens où les budgets de défense sont montés en flèche

Interrogé pour savoir si les Etats-Unis écartaient également l'envoi de soldats en Ukraine à des fins de formation par exemple, le porte-parole du département d'Etat Matthew Miller a répondu : « Nous n'allons pas envoyer de troupes sur le terrain en Ukraine ». Les seuls militaires américains présents en Ukraine le sont au sein de l'ambassade et ils font « un important travail » de vérification de l'emploi des armes fournies par les Etats-Unis à l'Ukraine, a précisé le porte-parole du NSC John Kirby.

L'Allemagne dit non...

Dès mardi, le chancelier allemand, Olaf Scholz, a douché les espoirs français, affirmant qu'aucun « aucun soldat » ne serait envoyé en Ukraine par des pays d'Europe ou de l'Otan.

Il a jugé lors d'une conférence de presse que « ce qui a été décidé entre nous dès le début continue à être valide pour l'avenir », à savoir « qu'il n'y aura aucune troupe au sol, aucun soldat envoyé ni par les Etats européens, ni par les Etats de l'Otan sur le sol ukrainien ». Outre-Rhin, son avis est partagé. Pour Michael Roth, chef de la commission des Affaires étrangères au Bundestag (chambre basse du Parlement allemand), l'envoi de soldats est « un faux débat. ». « Je ne connais personne qui le veuille sérieusement, même pas en Ukraine. Ils ont surtout besoin de munitions, de défense aérienne, de drones, d'armes à longue portée », a-t-il affirmé.

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« [Emmanuel Macron]veut faire monter les enjeux et le rôle de la France pour avoir un siège à la table de la redéfinition des équilibres de la sécurité européenne», estime un diplomate d'un autre pays allié devant ce nouveau cavalier seul français.

... Relayée par d'autres pays européens

Sur le Vieux Continent, force est de constater que la plupart des intéressés se sont empressés mardi de prendre leurs distances avec ce scénario, dont Madrid, Prague et Varsovie. L'Otan n'a « aucun projet » d'envoi de troupes de combat en Ukraine, a renchéri mardi un responsable de l'Alliance. L'envoi de troupes en Ukraine n'est « pas d'actualité », a quant à lui déclaré le Premier ministre suédois Ulf Kristersson, dont le pays va devenir le 32e membre de l'Otan.

De son côté, le gouvernement espagnol s'est, comme l'Allemagne, montré réticent à cette possibilité. « Nous ne sommes pas d'accord », a tranché, ce mardi, la porte-parole de l'exécutif, Pilar Alegría, en insistant, en revanche, sur le caractère « urgent » d'« accélérer » l'envoi de matériel militaire à Kiev.

Le gouvernement italien, lui, a souligné que l'aide occidentale à l'Ukraine « ne prévoit » pas le déploiement de troupes européennes ou de l'Otan, évoqué la veille par le président français Emmanuel Macron. Le soutien international à l'Ukraine « ne prévoit pas la présence sur le territoire ukrainien de troupes d'Etats européens ou de l'Otan », indique un communiqué du gouvernement.

Plus ambigu, le Royaume-Uni a affirmé « ne pas prévoir de déploiement à grande échelle » de troupes en Ukraine en plus du « petit nombre » de personnes déjà sur place « pour soutenir les forces armées ukrainiennes, notamment en termes de formation médicale. »

Le Quai d'Orsay en soutien d'Emmanuel Macron

Sans surprise, les propos d'Emmanuel Macron ont été salués par la présidence ukrainienne alors que la Russie a quant à elle estimé qu'il n'était « absolument pas dans l'intérêt de ces pays » d'envoyer des soldats en Ukraine.

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La présence de troupes occidentales en Ukraine ne ferait pas franchir « le seuil de belligérance », a défendu le chef de la diplomatie française, clarifiant les propos polémiques du président. Face à l'agressivité de la Russie, les Occidentaux devaient « envisager de nouvelles actions de soutien à l'Ukraine », a répété Stéphane Séjourné, évoquant des opérations telles que le déminage, le cyber ou « la production d'armes (...) sur le territoire ukrainien ».

«Certaines de ces actions pourraient nécessiter une présence sur le territoire ukrainien sans franchir le seuil de belligérance», a-t-il déclaré.

(Avec AFP)

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