Alors que le continent européen connaît une guerre a sa frontière avec la Russie depuis maintenant deux ans, la question d'un réarmement des pays qui le composent ressurgit. Pas plus tard qu'en janvier, Emmanuel Macron exhortait, lors de ses vœux à l'armée, l'industrie de défense nationale à passer en mode « économie de guerre ». Peu de temps après, le chef d'état-major de l'armée allemande, Carsten Breuer, affirmait, quant à lui, que son armée devrait être « apte à la guerre ».
D'autant que, les pays de l'OTAN, dont 29 sur 31 sont européens, subissent la pression des Etats-Unis qui les pressent d'augmenter leurs dépenses militaires depuis plusieurs années. Donald Trump a d'ailleurs remis de l'huile sur le feu début février en affirmant qu'il ne défendrait pas les pays membres n'ayant pas consacré 2% de leurs budgets à la défense s'il était réélu en tant que Président. Tous s'étaient, en effet, engagés en 2006 à atteindre ce seuil, mais seuls onze d'entre eux étaient au-dessus de la barre des 2% l'an dernier, selon l'Alliance.
Le conflit en Ukraine a cependant contraint le Vieux continent à replacer cet objectif au centre de ses préoccupations. Ainsi, en 2022, les dépenses militaires de l'Europe ont atteint 314 milliards d'euros, une progression record depuis plus de trois décennies, selon les données de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Cela représente, en effet, une hausse de 30% par rapport à 2012. Et ce chiffre devrait encore grimper en 2023 et 2024 au vu des nombreuses annonces de chefs d'Etats européens allant dans ce sens. Cependant, sur le Vieux continent, l'ampleur des dépenses militaires varie fortement d'un pays à l'autre.