IA : la Malaisie encadre les exportations de puces américaines
latribune.fr
Washington avait récemment exprimé ses inquiétudes quant à la possible réexportation, via la Malaisie, de puces avancées vers la Chine, en contournement des restrictions américaines.
Face aux craintes de contournement des sanctions, en particulier par la Chine, Kuala Lumpur impose un permis de commerce stratégique sur les puces d'intelligence artificielle fabriquées aux États-Unis.
La Malaisie a annoncé lundi un tour de vis réglementaire sur les exportations de puces d'intelligence artificielle (IA) hautes performances en provenance des États-Unis. Une décision motivée par les soupçons croissants de transbordement illégal vers la Chine, malgré les sanctions américaines.
« Avec effet immédiat, les exportations, transbordements et transits de puces IA de haute performance originaires des États-Unis sont tous soumis à un permis de commerce stratégique », a annoncé le ministère malaisien de l'Investissement, du Commerce et de l'Industrie dans un communiqué.
L'objectif affiché : combler un vide réglementaire dans l'attente d'une révision plus large de la liste des produits stratégiques concernés. « Cette initiative sert à combler des vides réglementaires pendant que la Malaisie procède à un examen plus approfondi de l'inclusion » de ces composants sensibles à sa législation, précise le gouvernement.
Soupçons de détournement vers la Chine
Washington avait récemment exprimé ses inquiétudes quant à la possible réexportation, via la Malaisie, de puces avancées vers la Chine, en contournement des restrictions américaines. Le mois dernier, Kuala Lumpur a confirmé mener des vérifications après des allégations selon lesquelles une entreprise chinoise aurait utilisé des serveurs hébergés en Malaisie et dotés de puces Nvidia pour entraîner des modèles d'IA destinés à être rapatriés ensuite en Chine.
Le Wall Street Journal rapporte notamment que des ingénieurs chinois auraient voyagé en Malaisie en mars avec des disques durs contenant des données sensibles. Ces données auraient été utilisées pour entraîner des modèles IA dans des centres de données locaux, avant d'être rapatriées en Chine.
Les États-Unis ont renforcé ces dernières années leur arsenal réglementaire pour limiter l'accès de la Chine aux composants critiques, notamment dans le domaine des semi-conducteurs avancés et de l'intelligence artificielle. L'objectif affiché est double : freiner le développement des capacités militaires chinoises et préserver l'avance technologique américaine.
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Kuala Lumpur, acteur majeur dans l'assemblage et le test de composants électroniques en Asie, se retrouve au cœur de cette bataille technologique. Le nouveau permis imposé ce lundi vise à éviter que le pays ne devienne une plateforme de contournement, à son insu ou non.