Immobilier en Chine : Shanghai réduit les taxes sur les transactions
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Comme le gouvernement chinois, la ville de Shanghai renforce son soutien au secteur immobilier. La deuxième plus grande ville de l'ex-Empire du milieu va mettre en place différentes mesures destinées à réduire certaines taxes imposées aux transactions immobilières à compter du 1er décembre, ont annoncé les médias d'État.
Ainsi, lors du calcul de la TVA et du revenu effectués pour une vente, il n'y aura désormais plus de distinction entre logement « ordinaire » et « extraordinaire ». Ces derniers, qui ont une surface supérieure ou égale à 144 mètres carrés, faisaient jusqu'ici l'objet de taxes plus élevées. Les résidents seront par ailleurs exempts de TVA lorsqu'ils revendront un logement détenu depuis au moins deux ans.
La municipalité va également augmenter la surface minimale à partir de laquelle s'applique la taxe sur les actes de propriété pour les biens immobiliers, imposée à l'acheteur. Elle passera à plus de 140 mètres carrés, contre 90 mètres carrés auparavant. Si bien que, pour l'achat d'un appartement d'une valeur de 10 millions de yuans (1,31 million d'euros), cette taxe sera de 100.000 yuans. Contre un plancher de 300.000 yuans auparavant, selon les calculs de Yan Yuejin, analyste chez E-House China Research and Development Institution.
Bruce Pang, chef économiste de JLL, s'affiche toutefois sceptique sur les effets des mesures qui seront appliquées à Shanghai. Selon lui, une simple baisse des coûts de transaction ne déclenchera pas de rebond durable.
Un avis partagé par les utilisateurs du réseau social chinois Weibo. Les prix immobiliers à Shanghai « ne chuteront pas assez pour qu'un travailleur puisse acheter », estime un internaute. Un second ajoute que « même avec davantage de soutien, le marché immobilier aura du mal à se redresser à court terme ». Le secteur immobilier a néanmoins terminé en hausse lundi à la Bourse de Hong-Kong et de Shanghai, à la suite de ces annonces.
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Ces mesures prises par la ville de Shanghai s'inscrivent dans le sillage de celles du gouvernement central. La semaine dernière, la chaîne de télévision publique CCTV, citant diverses agences gouvernementales dont le ministère des Finances, avait indiqué que les incitations fiscales pour les transactions immobilières seraient « renforcées ».
Pékin a également annoncé ces derniers mois une série de mesures visant à stimuler l'activité, notamment des baisses de taux d'intérêt et l'assouplissement de certaines restrictions à l'achat de logements. Ce car le secteur immobilier a longtemps représenté un quart du produit intérieur brut (PIB) du pays, profitant d'une croissance fulgurante pendant deux décennies. Mais il est frappé par une crise d'ampleur depuis maintenant plusieurs années, qui menace l'entièreté de l'économie chinoise.
Les promoteurs souffrent, en effet, depuis 2020, d'un durcissement par Pékin des conditions d'accès au crédit. Une décision qui a entraîné la mise à l'arrêt de chantiers, désormais inachevés. Ils pâtissent surtout d'un recul des prix qui déprécie la valeur d'un bien, dissuadant les Chinois d'investir dans la pierre. Cette situation se répercute sur la confiance des ménages et sur la consommation, qui s'est effondrée ces dernières années.
Le gouvernement ne se cantonne pas seulement à des mesures en faveur de son secteur immobilier. Début novembre, il a dévoilé un plan ambitieux pour alléger la dette publique et inciter les gouvernements locaux à renoncer à leurs politiques d'austérité, qui ont aggravé le ralentissement économique de la Chine. Pour cela, l'exécutif chinois a approuvé une proposition visant à échanger six mille milliards de yuans (840 milliards de dollars) de dettes locales cachées contre des prêts officiels accordés à des conditions plus favorables. Pour rappel, les dettes cachées sont définies comme des emprunts dont un gouvernement local est responsable, mais qui ne sont pas divulgués aux citoyens qu'il administre ou à d'autres créanciers.
Reste que, pour beaucoup d'observateurs, cela demeure insuffisant.
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Il en va de l'atteinte de son objectif d'une croissance de 5% de son PIB pour cette année. Le gouvernement a affirmé début novembre qu'il devrait bien être atteint. Mais pour Bruno Vanier, président de la société de gestion Gemway AM, « le vrai risque pour la croissance, c'est 2025 ». C'est pourquoi, selon lui, « la Chine devrait donc annoncer de nouvelles mesures, plus importantes, en décembre et février prochain. Mais cela dépendra de la politique de Trump ». Le futur ex-président américain a promis d'imposer des droits de douane de 60% à 100% sur les produits chinois importés aux États-Unis. Une menace qui, si elle était mise à exécution, pourrait aggraver encore plus la déjà difficile situation de l'économie chinoise.
(Avec agences)
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