Japon: statu quo sur les taux
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Le yen s'est affaibli de 0,4 % face au dollar, atteignant 155,44 yens pour un billet vert.
KIM KYUNG-HOON
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Le yen s'est affaibli de 0,4 % face au dollar, atteignant 155,44 yens pour un billet vert.
KIM KYUNG-HOON
Après plus de deux jours de réunion, la Banque du Japon (BoJ) a décidé ce jeudi de maintenir son taux directeur inchangé à 0,25%. Une annonce qui a rapidement entraîné un recul de la monnaie japonaise. Cette dernière s'est affaiblie de 0,4% face au dollar, atteignant 155,44 yens pour un billet vert.
Afin de contrer le retour de l'inflation dans l'archipel depuis deux ans et demi, la BoJ avait entamé en mars un resserrement de ses taux, après dix ans de politique monétaire ultra-accommodante où ils étaient restés quasi-nuls. Même si elle reste au-delà de la cible de 2% fixée par la BoJ, la hausse des prix à la consommation au Japon a légèrement ralenti en octobre (+2,3% sur un an hors produits frais), après avoir déjà reculé en septembre, rendant moins pressant un nouveau tour de vis monétaire.
Surtout, la conjoncture reste précaire : si la BoJ constate dans son communiqué que « l'économie japonaise s'est redressée modérément » et « devrait continuer à croître », l'institution souligne les risques à venir : « évolution de l'activité et des prix à l'international », ainsi que « des prix des matières premières », et « des décisions des entreprises en matière de fixation des salaires et prix ». Or, la croissance du PIB de la quatrième économie mondiale ne cesse de s'essouffler, à 0,2% sur un an au troisième trimestre, contre 1,3% sur la même période en 2023.
De l'avis général, le gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, cherche en effet un moment approprié : une hausse inopinée des taux en juillet avait pris de court les investisseurs et fait dégringoler la Bourse de Tokyo, attisant la colère du gouvernement.
Une majorité d'experts mise désormais sur un prochain relèvement en janvier, après la finalisation du budget par le gouvernement minoritaire du Premier ministre Shigeru Ishiba. Son cabinet vient de faire adopter un plan de relance colossal équivalant à 136 milliards d'euros pour doper le pouvoir d'achat face à l'inflation : enveloppes aux ménages à faibles revenus, subventions pour le carburant, baisse des revenus imposables... Mais pour le financer, le budget doit encore être révisé en profondeur.
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« Alors que le gouvernement minoritaire discute de réformes budgétaires et fiscales avec les forces d'opposition (au Parlement), ce serait un mauvais moment pour la BoJ d'augmenter son taux » en décembre au risque de refroidir l'activité, estime Tsuyoshi Ueno, économiste au NLI Research Institute. Par ailleurs, « le tableau des augmentations de salaires de 2025 sera plus clair en janvier », à mesure que progressent les négociations en ce sens dans le pays.
La BoJ « pourrait resserrer ses taux (en 2025) davantage que beaucoup ne l'anticipent », estime Marcel Thieliant. Il signale le renforcement récent de l'inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) et le renchérissement continu dans les services, « de quoi convaincre (l'institution) que les pressions inflationnistes sont d'origine nationale plutôt qu'importées ».
Malgré un léger regain de confiance chez les grandes entreprises manufacturières (+14 selon le baromètre trimestriel de la BoJ), les prévisions restent moroses.
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Enfin, l'impact des décisions de la Réserve fédérale américaine ajoute aux incertitudes. La Fed, qui a légèrement abaissé son taux directeur, prévoit désormais un rythme plus modéré de baisses pour 2025. Cette prudence a renforcé le dollar, rendant la devise japonaise moins attractive.
(Avec AFP)
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