L'administration Trump rétropédale sur sa décision de geler des aides publiques
latribune.fr
La présidence américaine avait demandé aux ministères et agences fédérales de geler une partie des dépenses « d'assistance », à savoir des subventions et allocations notamment.
POOL
L'administration Trump rétropédale sur sa décision de geler des aides publiques
Cette décision, annoncée la veille, avait semé une grande confusion sur des programmes d'assurance-santé, de distribution de nourriture ou encore de soutien aux vétérans.
L'administration Trump fait marche arrière sur sa décision de geler des aides publiques. Annoncée tard lundi soir par la Maison Blanche, cette mesure est finalement abandonnée, d'après plusieurs médias américains dont CNN et le Washington Post. L'Office du budget, rattaché à l'exécutif américain, l'a fait savoir mercredi via une note envoyée à tous les ministères et à toutes les agences fédérales, reproduite par ces organes de presse.
Pour rappel, la présidence avait demandé aux ministères et agences fédérales de geler une partie des dépenses « d'assistance », à savoir des subventions et allocations notamment. Selon le mémo, l'objectif était « d'éliminer le poids financier de l'inflation sur les citoyens, mettre fin aux politiques "woke" et d'instrumentalisation de l'֤État ». Cela concernait potentiellement des centaines, voire des milliers de milliards de dollars irriguant tout le pays.
Dans la foulée, plusieurs ONG et organisations représentant les petites entreprises avaient saisi la justice. Selon eux, la mesure aurait dévasté des programmes éducatifs et liés à la transition énergétique, des aides aux personnes âgées, aux familles démunies ou aux anciens combattants, l'aide internationale ou encore l'aide prévue pour les zones touchées par des catastrophes naturelles.
Les procureurs généraux de 23 États avaient aussi annoncé vouloir contester ce texte de l'exécutif. Les démocrates estimaient que cette mesure représentait une attaque illégale contre l'autorité du Congrès en matière de dépenses fédérales. Le responsable de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, avait ainsi dénoncé une « décision illégale, dangereuse, destructrice, cruelle », et un « braquage ».
Les républicains, soutiens du président, avaient répliqué en défendant la directive. Selon eux, elle aurait permis de concrétiser la promesse de campagne de Donald Trump de maîtriser le budget fédéral de 6.750 milliards de dollars. C'est une « mesure très responsable », avait assuré lors d'un point de presse mardi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, affirmant que les programmes d'aide aux particuliers n'étaient pas concernés par ce gel.
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Afin d'examiner le dossier, un tribunal avait temporairement suspendu la mesure mardi, jusqu'au lundi suivant. La présidence américaine avait dans un premier temps exprimé son intention de contester cette décision de justice. Avant finalement d'annoncer abroger la directive.
Les fonctionnaires dans le viseur
En plus de vouloir réformer le gouvernement fédéral, Donald Trump a promis de tailler dans les dépenses de l'État. Il a pour cela demandé à Elon Musk de lui faire des recommandations - l'entrepreneur américain pilote une mission consultative au gouvernement dans le but de lui faire faire des économies. Et il n'a pas fallu longtemps pour qu'une première mesure fracassante à ce sujet soit annoncée.
Mardi, dans une lettre, les fonctionnaires fédéraux ont ainsi été invités à démissionner s'ils le souhaitent, tout en conservant leur salaire et avantages sociaux jusqu'à fin septembre. Le bureau chargé des fonctionnaires fédéraux a aussi remercié ceux qui décident de rester, tout en précisant ne pas pouvoir garantir la pérennité de leur poste.
« On estime que 5% à 10% des effectifs démissionneront, ce qui pourrait permettre de réaliser des économies de l'ordre de 100 milliards de dollars », a déclaré Elon Musk sur X.
Et ce n'est pas la première directive concernant les fonctionnaires décidée par Donald Trump. Le président américain a notamment décrété l'interdiction du télétravail, la fin de la discrimination positive au recrutement, une attention accrue aux performances et de probables plans sociaux pour réduire le personnel. Autant de principes de management chers à Elon Musk, qui avait congédié les trois-quarts des employés de Twitter (désormais X) dans les semaines ayant suivi son rachat du réseau social fin 2022. Et cela fait seulement dix jours que le républicain est de retour au pouvoir outre-Atlantique.