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ClimatEnergie & Environnement

L'année 2016 enregistre un record de chaleur depuis 1880

Photo de Grégoire Normand

Grégoire Normand

Publié le 19 janvier 2017 à 14:10 - Mis à jour le 22 janvier 2017 à 13:37

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[Graphiques] L’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) a annoncé ce mercredi que l'année 2016 était l'année la plus chaude sur la planète depuis que l'enregistrement des températures existe. Avec l'arrivée d'un climato-sceptique à la tête de l'agence de protection de l'environnement américaine, les perspectives ne s'annoncent guère meilleures.

L'année 2016 a été la plus chaude de l'histoire moderne. Bien qu'une vague de froid traverse actuellement la France, trois organismes mondiaux ont confirmé que l'année 2016 avait connu les températures les plus élevées depuis que l'enregistrement des données existe.

L'Alaska a également connu des températures bien plus élevées que la normale en 2016 alors qu'elles sont enregistrées depuis 1925. Ce qui a provoqué une importante fonte des glaces. Crédits : Bob Strong/Reuters.

>>Lire aussi: Un iceberg de la taille du Jura va se détacher de la banquise en Antarctique

Les températures ont bondi à la surface du globe

L'organisation météorologique mondiale, l'agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) et l'administration de l'aéronautique et de l'espace (NASA) ont confirmé que 2016 était une année exceptionnelle par rapport aux températures moyennes rencontrées tout au long du XXème siècle.

Les données fournies par la Nasa permettent d'observer que l'écart des températures par rapport à la moyenne du siècle dernier est de 0,9 °C sur terre et dans les océans (voir graphique). Cela fait la troisième année consécutive que cet écart bat des records.

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L'écart le plus impressionnant concerne les températures relevées à la surface de la terre l'année dernière. La différence s'élève à 1,48 °C par rapport à la moyenne du XXème siècle (13,9°C), soit un record et surtout une différence encore plus importante par rapport à 2015 qui avait déjà atteint des sommets.

Concernant les océans, les différences de températures sont moins marquées ces dernières années. Ce qui signifie que ce sont surtout les températures à la surface de la terre qui ont le plus augmenté.

[Graphique interactif] Vous pouvez changer d'indicateur grâce au sélecteur situé en haut à gauche du graphique. Plus les couleurs sont foncées, plus les écarts de températures sont importants.

Depuis le début du XXIème siècle, la planète a recensé cinq années de chaleur record en 2005, 2010, 2014, 2015 et 2016. A partir du graphique, on peut remarquer un véritable contraste dans les écarts de températures entre la première et la seconde moitié du XXème siècle. Et l'accélération des écarts depuis 40 ans peut s'expliquer en partie par une hausse des émissions de CO2 liées aux activités humaines.

L'homme responsable de la hausse des températures

Si des phénomènes naturels peuvent expliquer en partie la hausse des températures jusqu'à la moitié du XXème siècle, les émissions de CO2 provoquées par les activités humaines sont en grande partie responsable de l'accélération de la température moyenne sur les 70 dernières années. Les Etats-Unis, la Chine et l'Union Européenne ont régulièrement vu leurs émissions augmenter au siècle précédent dans une approche en valeur absolue (en millions de tonnes de CO2).

En valeur relative (tonnes métriques par habitant), les émissions de CO2 ont eu tendance à ralentir, voire diminuer dans les décennies précédentes. A l'inverse, la Chine a vu ses émissions augmenter ces dernières années. Mais selon Patrick Criqui, Directeur de recherche au CNRS, responsable de l'équipe Économie du développement durable et de l'énergie, le pic d'émissions en Chine devrait se situer autour de 2025. Son constat s'appuie sur le fait que "la consommation de charbon a atteint un maximum en 2014 et devrait décroître fortement d'ici à 2020" d'après des travaux universitaires publiés par la London School Of Economics. Le rôle des activité humaines sur le changement climatique est de moins en moins remis en cause. Les experts du GIEC estiment que l'impact de l'homme sur le réchauffement climatique est extrêmement probable à 95%.

Le second facteur souvent évoqué pour expliquer ce record est le phénomène El Nino. Les experts indiquent que ce courant marin équatorial a réchauffé une partie de l'océan Pacifique pendant les premiers mois de l'année. Mais même après la baisse de ce phénomène, les températures sont restées bien supérieures à la normale. D'après le professeur Piers Forster, directeur du Centre international Priestley pour le climat à l'Université de Leeds interrogé par l'AFP : "Même si on ne prend pas en compte le réchauffement dû à l'influence d'El Nino, 2016 reste l'année la plus chaude de l'histoire moderne".

Des perspectives incertaines

Pour Piers Forster, "2017 sera probablement moins chaude mais je m'attends encore à de nouveaux records de montée du mercure sur la planète d'ici quelques années". Mais avec l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, les perspectives à moyen et long terme pourraient être plus sombres du côté des Etats-Unis. En effet, ce dernier a menacé de revenir sur l'accord de Paris conclu à la fin de l'année 2015 et a également prévu de relancer les filières de charbon et d'hydrocarbures. Il a par ailleurs nommé un climato-sceptique à la tête de l'agence de protection de l'environnement.

>> Lire aussi : Etats-Unis : Trump nomme un climatosceptique à l'Environnement

Du côté de la France,  une étude menée par Jean Jouzel pour le compte du ministère de l'Ecologie et du développement durable prévoyait pour l'horizon 2021-2050 une hausse des températures moyennes, comprise entre 0,6 °C et 1,3 °C , toutes saisons confondues, par rapport à la moyenne de référence calculée sur la période 1976-2005. Le groupe de scientifiques prévoit également une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en été, comprise entre 0 et 5 jours sur l'ensemble. Le rapport indique néanmoins que "ces résultats ne doivent pas être interprétés comme des prévisions climatiques exactes pour des points géographiques précis."

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>> Lire aussi : Climat : Trump peut-il saboter l'Accord de Paris ?

Grégoire Normand

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