Un iceberg de la taille du Jura va se détacher de la banquise en Antarctique

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Le bloc de glace géant ne s'est pas encore complètement détaché de Larsen C, mais pourrait offrir un spectacle aussi désolant que celui de cet immense iceberg (64 km de long sur 17 km de large) qui s'était détaché en octobre 1999 de la banquise antarctique, ici aperçu dérivant au sud du Cap Horn.
Le bloc de glace géant ne s'est pas encore complètement détaché de Larsen C, mais pourrait offrir un spectacle aussi désolant que celui de cet immense iceberg (64 km de long sur 17 km de large) qui s'était détaché en octobre 1999 de la banquise antarctique, ici aperçu dérivant au sud du Cap Horn. (Crédits : Reuters)
Jusqu'à récemment, la glace antarctique (pôle Sud) était bien moins touchée que la banquise arctique (pôle Nord) par le réchauffement climatique : mais celui-ci s'accélère plus vite que prévu et les scientifiques sont de plus en plus déboussolés par l'ampleur du phénomène.

Ce devrait être l'un des plus gros icebergs jamais vus dérivant à la surface des océans : le morceau de banquise qui est sur le point de se détacher de la barrière de Larsen, dans l'Antarctique est presque aussi grand que le département du Jura.

Larsen C, une étendue de glace côtière de la péninsule Antarctique, se fissure lentement depuis plusieurs années, mais le processus s'est brutalement accéléré le mois dernier, rapportent des scientifiques de l'université de Swansea, au Pays de Galles. La fracture s'étend désormais sur 80 kilomètres et il n'en reste que 20 pour retenir l'étendue de glace en train de se détacher.

"Larsen C est sur le point de perdre une surface de plus 5.000 km² après une nouvelle progression de la fracture", avertissent les chercheurs du Projet Midas, dans un communiqué.

La crainte d'une réaction en chaîne

L'événement, ajoutent-ils, "va changer fondamentalement l'aspect de la péninsule antarctique" et pourrait provoquer d'autres fracturations.

Les scientifiques craignent que le recul de la banquise dû au réchauffement climatique ne provoque une accélération du glissement des glaciers vers la mer, ce qui pourrait se traduire par une élévation du niveau de l'eau à l'échelle mondiale.

Plusieurs étendues de banquise se sont déjà fracturées récemment sur la côte nord de l'Antarctique, dont celles de Larsen A et B, qui se sont respectivement désintégrées en janvier 1995 et en février 2002 (voir ci-dessous).

Le 26 décembre 2016, dans une série en 5 volets publiée dans La Tribune, Didier Schmitt, ancien membre du Bureau des conseillers de politique européenne, rappelait :

"Bien que protégé par un courant marin circumpolaire, les eaux côtières antarctiques se réchauffent et les langues glaciaires ont commencé à fondre plus vite à leur embouchure. C'est un cercle vicieux qui a démarré ces dernières années avec l'accélération du glissement et donc du déversement des calottes vers la mer."

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Une combinaison de photographies aériennes prises en février et mars 2002 de parties de la plate-forme Larsen B dans l'Antarctique montre différents aspects des étapes finales de l'effondrement. Les images montrent (dans le sens des aiguilles d'une montre depuis le haut à g.) l'étagement se brisant près de Foca Nunatak, une fissure dans la calotte près du cap Desengano, une cascade d'eau provenant de la fonte de la glace de près de 30 mètres s'écoulant depuis la surface de l'entablement glaciaire, l'éclatement de la banquise près du cap Foyn. ©Reuters/Stringer

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> VOIR AUSSI : Comment la Nasa observe la fonte des glaces de l'Antarctique et la faille de Larsen C

 (Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 20/01/2017 à 8:03 :
Mais alors ? Comment expliquer les régressions / transgression marines ?
a écrit le 10/01/2017 à 17:49 :
Soyons clair, si un iceberg fond, le volume de l'océan reste inchangé. La glace est moins dense que l'eau, d'où le flottage, la fonte obtenue reprend exactement le même volume, donc pas d'élévation de niveau.
Allons plus loin dans les effets physiques de cette fonte :
l'eau en se réchauffant peut, au-delà d'un certain seuil (plusieurs degrés), se dilater. Cependant, d'un réchauffement allant de 0 à 4°, il y a au contraire une rétraction du volume, c'est ce que l'on nomme l'effet paradoxal de la densité de l'eau en fonction de la température.
Cela peut-il faire augmenter le niveau des eaux ?
La réponse est plus complexe qu'elle n'en à l'air. Dans un premier temps le passage de la glace à l'état liquide va faire baisser le niveau pour sa propre masse, l'effet de contagion provoquera un refroidissement de l'eau environnante, donc toujours pas d'élévation de niveau. Si le réchauffement des océans est tel qu'il prendra à la longue plus de volume c'est possible, mais il faudra plusieurs degrés d'élévation pour que le résultat soit sensible, sachant que la fonte des glace produit au début un effet contraire.
Par ailleurs seule la surface des océans est sensible aux variations de températures, en grande profondeur, les variations n'ont pas encore été détectées. La profondeur moyenne des océans est d'environ 1500 mètres, c'est dire que l'on est pas près de constater une élévation des eaux au sujet de la banquise.
S'agissant des glaces terrestres, leur réduction est bien une cause d'élévation du niveau des mers, mais fondent elles à une échelle alarmante ? Soyons sérieux, ce n'est pas la fonte de la mer de glace qui impactera les océans, ni même celle du Kilimandjaro. La fonte des glaces terrestres du Groenland pourraient quant à elle provoquer une élévation de l'ordre de 1 m du fait de l'importance de sa masse. Mais nous sommes là dans une échelle de temps de plusieurs millénaires.
Bref, inquiétons-nous de la pollution grandissante liée notamment à une progression exponentielle de la population mondiale et laissons de côté les craintes chimériques, faites pour éduquer le gentil peuple. Ce n'est pas en supprimant l'esprit critique que l'on fait avancer durablement une cause juste.
a écrit le 09/01/2017 à 15:20 :
Iceberg de la taille du Jura ? C'est pas trop parlant. Il faudrait donner une mesure plus terre à terre, qui puisse parler au Français moyen, par exemple combien de glaçons dans le pastis représente cet iceberg :-)
a écrit le 09/01/2017 à 5:47 :
Prenez un verre rempli d'eau avec un ou plusieurs glacon(s). Compensez le reste du volume jusqu'au bord avec de l'eau du conteneur. Laissez fondre. Qu'observez-vous. Vous avez dix minutes.
Réponse de le 09/01/2017 à 11:00 :
Oui, le niveau baissera quand les glaçons fonderons. Mais le (toute) grosse différence ici c'est que les "glaçons" qe quelques milliards de m3 sont AU DESSUS du niveau de la mer. Je parle bien sûr des glaciers qui sont au dessus de l'antarctique. Si c'est glaciers se déversent plus vite dans le mer en été et ne se reforment plus autant en hiver alors le verre débordera. C'est bien de cela que l'on parle ici.
a écrit le 08/01/2017 à 11:36 :
en cette saison en Antarctique que des icebergs se détachent n'a rien d'anormal on est en été là bas. quant à la fonte de la calotte et de la banquise c'est une légende urbaine véhiculée par les alarmistes réchauffistes car selon le GIEC l’Antarctique contribue plutôt à une baisse du niveau des océans ....
Réponse de le 08/01/2017 à 22:44 :
la fonte de la banquise est très documentée et ce ne sont pas des alarmistes qui en parlent ou bien qui l'observent mais des scientifiques sérieux et indépendants. L'antarctique n'est pas responsable d'une baisse du niveau des océans !!! Ou bien il y a très longtemps comme toutes les calottes. Il est aujourd'hui à peu près à l'équilibre (fonte/neige) si les glaciers ne débâclent pas à outrance, mais c'est bien là le pb et alors cette glace entrainera inéluctablement une hausse du niveau des mers. C'est très simple à montrer...
a écrit le 08/01/2017 à 9:57 :
Encore un article écrit à la va-vite sans savoir la différence entre banquise et iceberg, super boulot de journalisme une fois de plus. Un article traduit à partir de la version anglaise, comme bien souvent... Un peu de lecture ? http://www.sblanc.com/ice-shelf-ou-plateforme/
a écrit le 07/01/2017 à 0:00 :
Et nous ne sommes qu'au tout début des réjouissances...
a écrit le 06/01/2017 à 17:29 :
Cela serait bien pratique pour faire une piste d’atterrissage itinérant!
a écrit le 06/01/2017 à 15:12 :
"sur la cote nord de l'Antarctique". Quelle surprise! Toutes les cotes de l'Antarctique, sont des "cotes nord".
a écrit le 06/01/2017 à 14:09 :
Et pendant ce temps nos décideurs politiques et économiques produisent des millions de tonnes de co2 pour nous dire qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique.

Guignols.
Réponse de le 28/05/2017 à 1:57 :
tot ou tard on sera 50 milliard sur le globe helas plus de glace pour le pastaga

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