« L'attitude de Trump peut déboucher sur une guerre fiscale »
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Pascal Saint-Amans est professeur à HEC et ancien directeur de la fiscalité à l'OCDE.
Brunswick
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Pascal Saint-Amans est professeur à HEC et ancien directeur de la fiscalité à l'OCDE.
Brunswick
LA TRIBUNE - Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l'accord mondial sur l'impôt minimum sur les multinationales. En tant que négociateur et architecte de cette réforme fiscale d'ampleur lorsque vous étiez à l'OCDE, comment interprétez-vous cette décision du président américain ?
PASCAL SAINT-AMANS - Trump utilise une rhétorique très agressive et a brandi des menaces fortes. Il refuse que les autres pays appliquent l'impôt minimum mondial sur les entreprises américaines. Comme les États-Unis ne prélèvent pas cet impôt, le mécanisme prévoit que les autres pays prendront l'impôt sur les entreprises américaines si elles ont des profits dans des pays qui taxent en dessous de 15 %.
Si les États prélèvent cet impôt sur les entreprises américaines, il a annoncé qu'il allait prendre des mesures fiscales : un doublement des impôts sur les sociétés et sur le revenu des personnes qui viennent de pays taxant les entreprises américaines. Le président américain a également prévu des mesures de rétorsion fiscale contre les pays qui ont mis en place des taxes sur les services numériques. Il reste cependant des incertitudes sur l'impact.
Faut-il s'attendre à de grand changement compte tenu de la réticence des États-Unis à appliquer cet impôt minimum mondial ?
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Les États-Unis n'ont pas appliqué l'impôt minimum sous Joe Biden, donc on ne doit pas s'attendre à un grand changement. Ce n'est pas aussi dramatique que certains veulent bien croire. La matérialité du risque n'est peut-être pas si importante. Le mécanisme est déjà appliqué par une cinquantaine de pays, mais les déclarations de Trump peuvent provoquer des tensions fortes. Les États-Unis vont se battre pour que les autres pays n'appliquent pas l'accord aux entreprises américaines. Sous le mandat de Joe Biden, les républicains s'étaient déjà largement opposés au prélèvement à 15 %.