L'Inde met le paquet sur l'emploi et la formation. Le gouvernement du pays a indiqué ce mardi qu'il allait inscrire dans son prochain budget pas moins de 24 milliards de dollars pour l'emploi et la formation de ses jeunes générations.
Une partie du budget sera consacrée à des « incitations » à la création d'emplois pour les entreprises.
Sous le gouvernement Modi, l'Inde a connu une croissance parmi les plus rapides au monde. Mais l'Organisation internationale du travail (OIT) estime que 29% des jeunes diplômés indiens étaient au chômage en 2022.
Le budget de Nirmala Sitharaman comporte aussi un « soutien financier spécial » pour une nouvelle capitale d'Etat dans l'Andhra Pradesh, dans le sud du pays. La forte croissance économique de l'Inde a généré une manne fiscale qui a permis au gouvernement d'augmenter ses dépenses tout en réduisant sa dette. Ainsi, l'Inde devrait ramener son déficit budgétaire à 4,9% du produit intérieur brut (PIB) pour l'exercice en cours, ce qui est inférieur aux 5,1% prévus lors d'un budget intérimaire en février.
Le parti de Narendra Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP), n'a pas obtenu de majorité absolue lors des législatives du printemps dernier, ce qui l'a contraint à former une coalition avec des partenaires. Sa campagne nationaliste hindoue s'est heurtée à de nombreux problèmes locaux, notamment le chômage et une forte inflation des denrées alimentaires.
L'une des croissances les plus élevées du mondeD'un point de vue macroéconomique, l'Inde n'a pas à rougir. Sa croissance annuelle atteint 8,2% sur son exercice budgétaire 2023-2024, contre 7% l'année d'avant. Le pays contribue pour 16% à la croissance mondiale en 2023, selon le FMI, et pour 2024, l'institution parie même sur une croissance de 6,8%, soit l'une des plus élevées dans le monde.
Mais si l'Inde affiche un PIB élevé, rapporté à son nombre d'habitants (1,4286 milliard de dollars courant 2023, selon les dernières estimations) la réalité est tout autre. Son PIB par habitant est ainsi de 2.410,9 dollars en 2022, d'après les chiffres de la Banque Mondiale, soit le plus faible des pays du G20. Concernant son indice de développement humain, l'Inde se classait au 134e rang mondial en 2022.
« Les programmes sociaux mis en place ont pu faire reculer l'extrême pauvreté, mais n'ont pas permis l'émergence d'une vraie classe moyenne en mesure de consommer davantage », pointe Catherine Bros, professeure d'économie et spécialiste de l'Inde à l'Université de Tours et chercheuse au laboratoire d'Économie d'Orléans (LÉO) auprès de La Tribune.