L'inflation repart aux Etats-Unis
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L'inflation a rebondi en octobre aux Etats-Unis, pour la première fois depuis le mois de mars, à 2,6% sur un an contre 2,4% en septembre.
LUCY NICHOLSON
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L'inflation a rebondi en octobre aux Etats-Unis, pour la première fois depuis le mois de mars, à 2,6% sur un an contre 2,4% en septembre.
LUCY NICHOLSON
L'inflation a rebondi en octobre aux Etats-Unis, pour la première fois depuis le mois de mars. Elle atteint désormais 2,6% sur un an, contre 2,4% en septembre. Sur un mois, la hausse des prix est de 0,2%, une hausse identique à celle du mois précédent, selon l'indice CPI, publié mercredi par le département du Travail. Cette évolution de l'inflation est conforme aux attentes des analystes.
L'indice mesurant les prix du logement a représenté « plus de la moitié de la hausse sur un mois », a précisé le département du Travail dans son communiqué. L'inflation dite sous-jacente, qui ne prend pas en compte les prix de l'alimentation et de l'énergie, plus volatils, est, elle, restée identique en octobre à celle de septembre, à 0,3% sur un mois et 3,3% sur un an, comme attendu.
« La reprise a été âpre, mais nous faisons des progrès pour les familles de travailleurs », a commenté la principale conseillère économique de Joe Biden, Lael Brainard, dans un communiqué.
En réaction, la Bourse de New York a ouvert en légère hausse mercredi, rassurée. Dans les premiers échanges, le Dow Jones prenait 0,15%, l'indice Nasdaq 0,13% et l'indice élargi 0,11%.
La flambée des prix aux Etats-Unis depuis 2021 a joué un rôle très important dans l'élection de Donald Trump. Les électeurs ont sanctionné le camp démocrate de Joe Biden et de Kamala Harris, considéré comme responsable de cette inflation, de n'avoir pas su la réduire plus vite. Œufs, essence à la pompe, assurances,... Les Américains ont vu les prix grimper au total de 20% depuis que Joe Biden a pris les rênes de la Maison Blanche en janvier 2021. L'opposition républicaine avait même surnommé cette inflation, « Bidenflation ».
Parmi les électeurs, 9 sur 10 se sont dit très ou plutôt préoccupés par le coût de l'alimentation, et environ 8 sur 10 par les coûts de leurs soins de santé, de logement et de l'essence, selon un sondage AP VoteCast.
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Durant la campagne, Donald Trump n'a eu de cesse de promettre de mettre fin à cette inflation, agitant le chiffon rouge de prix qui resteront élevés si Kamala Harris était élue. Et son discours a porté auprès des électeurs.
Trump a ainsi promis de régler le problème, à coups de baisses de droits de douane. Or, le protectionnisme qu'il entend appliquer risque de faire repartir l'inflation. Si Donald Trump appliquait toutes les hausses de droits de douane promises, « nous estimons que cela ajouterait environ 1,3 point de pourcentage à l'inflation américaine au cours de la première année », pointent les économistes d'UniCredit.
« Le programme de politique économique de Donald Trump menace d'empêcher l'inflation (...) de revenir à l'objectif », fixé par la Réserve fédérale (Fed) à 2%, relève, quant à lui, Samuel Tombs, chef économiste US pour Pantheon Macroeconomics. Il a également évoqué également l'impact probable sur la main-d'œuvre des expulsions massives d'immigrés en situation illégale promises par le républicain, ainsi que les baisses d'impôts à partir de 2026 qui « pourraient aggraver un déséquilibre croissant entre l'offre et la demande ».
Ce rebond devrait cependant compliquer le travail de la Fed. À la manœuvre pour réduire l'inflation, elle avait relevé ses taux. Mais elle a commencé à assouplir sa politique monétaire. Elle a ainsi abaissé ses taux d'un quart de point de pourcentage, au lendemain de la réélection de Donald Trump. Les taux sont désormais dans la fourchette de 4,50 à 4,75%. Elle intervient après celle d'un demi-point en septembre - la première depuis mars 2020.
L'inflation a fortement reflué depuis son pic de 9,1% en juin 2022. Et le reste de l'économie américaine affiche une belle santé, avec une croissance du PIB un peu moins forte qu'espéré au troisième trimestre, à 2,8% en rythme annualisé, ce qui est toutefois près de deux fois plus élevé que dans la zone euro. Le taux de chômage reste faible, à 4,1%, malgré des créations d'emplois très faibles en octobre, à cause d'ouragans et de grèves, notamment chez le constructeur aéronautique Boeing.
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Le président de la Fed, Jerome Powell, avait alors salué, semaine dernière, la vitalité de l'économie américaine : « L'économie est globalement solide (...). Le marché du travail s'est détendu après avoir été surchauffé et est resté solide ». « L'inflation a considérablement diminué », a-t-il ajouté, mais « le travail n'est pas terminé », celle-ci restant supérieure à l'objectif de 2% sur un an.
(Avec AFP)
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