La Banque du Japon maintient son taux directeur, la Bourse de Tokyo rassurée
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L'inflation contenue, la Banque du Japon a choisi de laisser son taux directeur inchangé.
Kim Kyung-Hoon
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L'inflation contenue, la Banque du Japon a choisi de laisser son taux directeur inchangé.
Kim Kyung-Hoon
[Article publié vendredi 20 septembre 2024, mis à jour à 10h28] La Banque du Japon (BoJ) calme le jeu. Après avoir relevé son taux directeur à 0,25% fin juillet, elle a choisi cette fois-ci de ne rien changer, comme anticipé par les analystes. Cette décision intervient ce vendredi quelques heures après l'annonce d'une légère accélération de l'inflation en août (+2,8% sur un an hors produits frais).
Pour expliquer ce choix, le gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, a expliqué ce vendredi lors d'une conférence de presse que l'activité économique nippone « se redresse progressivement, malgré quelques signes de faiblesses ». Si les objectifs fixés par la BoJ se concrétisent, « nous continuerons à relever les taux directeurs », a-t-il ajouté.
Rassurée, la Bourse de Tokyo a clôturé la semaine en hausse vendredi. L'indice vedette Nikkei a ainsi gagné 1,53% à 37.723,91 points et l'indice élargi Topix a pris 0,97% à 2.642,35 points. A la cote, les actions japonaises liées au secteur des semi-conducteurs avaient reçu la faveur des investisseurs, dans les pas des mastodontes américains: Tokyo Electron (+5,32%), Disco Corp (+2,36%) ou Advantest (+1,27%). Sur le marché des changes, le yen a légèrement rebondi face au billet vert. La devise nipponne valait, quant à elle, 142,19 yens pour un dollar, contre 142,63 yens, jeudi à 23 heures (heure de Paris).
L'augmentation de l'inflation est conforme aux attentes du consensus d'économistes sondés par l'agence Bloomberg (+2,8%), après +2,7% enregistrés en juillet. Stefan Angrick, économiste chez Moody's Analytics, explique la récente hausse notamment par les coûts de l'énergie. Ces derniers « ont augmenté, alors que le gouvernement a progressivement supprimé certaines aides » aux ménages. Il souligne par ailleurs la progression des prix des denrées alimentaires « en raison de pénuries limitées de produits de base tels que le riz ».
Pour mémoire, l'archipel nippon, après avoir subi pendant des décennies une inflation quasi-inexistante voire la déflation, a connu un virage ces deux dernières années, avec une hausse des prix à la consommation systématiquement supérieure ou égale à 2% depuis avril 2022.
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La BoJ, qui vise une inflation stable autour de ce niveau, a amorcé depuis mars la normalisation de sa politique monétaire en mettant fin à ses taux négatifs, puis en procédant à une nouvelle hausse fin juillet. Début août, l'institut avait fait un pas résolu sur le chemin de la normalisation monétaire en relevant son taux directeur à 0,25%, un niveau plus vu depuis 2008.
La banque centrale avait légèrement abaissé fin juillet son objectif de hausse des prix à la consommation (hors produits frais) sur l'exercice 2024/25 entamé le 1er avril, à 2,5%, contre 2,8% envisagé en avril. Elle a cependant annoncé tabler sur une inflation de 2,1% en 2025/26, contre 1,9% précédemment, et maintenu son estimation de 1,9% d'inflation pour 2026/27.
La faiblesse du yen depuis 2022 est un facteur qui pèse sur la consommation des ménages japonais, laquelle est importante pour alimenter la croissance économique et une inflation saine, tirée par la demande et non par les coûts. La consommation des ménages a progressé de 0,9% au deuxième trimestre par rapport au premier, signe d'une reprise après quatre trimestres consécutifs de baisse.
La semaine dernière, la croissance du produit intérieur brut (PIB) du Japon au deuxième trimestre avait été révisée à la baisse par le gouvernement à +0,7%, contre 0,8% annoncée initialement, elle n'a pas entamé pour autant le sursaut entrevu de l'économie nippone.
De son côté, la Réserve fédérale américaine a annoncé mercredi sa première baisse de taux depuis 2020, d'un demi-point de pourcentage, ayant confiance dans la trajectoire à la baisse de l'inflation, et ne voulant pas risquer de nuire à l'évolution du marché du travail.
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Le gouverneur de la BoJ, a d'ailleurs commenté ce vendredi les perspectives de l'économie américaine, après que la Fed a annoncé mercredi sa première baisse de taux depuis 2020, d'un demi-point de pourcentage, ayant confiance dans la trajectoire à la baisse de l'inflation, et ne voulant pas risquer de nuire à l'évolution du marché du travail. « Nous surveillerons attentivement si la Réserve fédérale américaine réduira ses taux directeurs, car le tableau général n'est pas encore clair », a précisé le gouverneur de la BoJ.
(Avec AFP)
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