La Chine menace d'arrêter de vendre l'iPhone si Trump persiste sur les droits de douane

Le futur président des États-Unis veut mettre en place des droits de douane de 45% sur les produits importés de Chine afin de réindustrialiser son pays. Une décision qui ne plait guère à Pékin, qui l'a fait savoir par le biais d'un journal d'État.
Laszlo Perelstein

4 mn

Le futur président américain doit s'entretenir bientôt avec son homologue Xin Jinping lors d'un entretien téléphonique. Utilisera-t-il encore un iPhone à ce moment-là ?
Le futur président américain doit s'entretenir "bientôt" avec son homologue Xin Jinping lors d'un entretien téléphonique. Utilisera-t-il encore un iPhone à ce moment-là ? (Crédits : © POOL New / Reuters)

L'approche très offensive du libre-échange que prend le fraîchement élu président des États-Unis, Donald Trump, face à la Chine pourrait bien se retourner contre lui. Un éditorial publié dans le journal d'État Global Times estime que le futur chef d'État serait "naïf" de croire que les États-Unis tireront un quelconque bénéfice d'une guerre commerciale totale contre la Chine. Le journal présente un aperçu de ce que pourrait être la réponse de Pékin si Donald Trump se décidait à imposer une taxe de 45% sur les importations chinoises :

"La Chine rendra coup pour coup. Un lot de commandes de Boeing sera remplacé par des Airbus. Les ventes de voitures américaines et d'iPhone souffriront d'un revers, et les importations de maïs et soja américains seront arrêtées. La Chine peut également limiter le nombre d'étudiants chinois aux États-Unis."

Réindustrialiser les États-Unis

Pour mémoire, Donald Trump, alors simple candidat aux primaires républicaines, avait déclaré fin juin que "si la Chine n'arrête pas ses activités illégales, incluant le vol de secrets commerciaux américains, j'utiliserais tout pouvoir présidentiel légitime pour remédier à des différents commerciaux; incluant l'application de droits de douane".  Au cours de sa campagne, le milliardaire n'a cessé de rappelé à de nombreuses reprises qu'il voulait rendre leur grandeur passée aux États-Unis en obligeant les entreprises à construire leurs produits dans des usines localisées sur le sol américain.

"Je veux forcer Apple à arrêter de fabriquer des iPhones en Chine", a-t-il notamment affirmé.

Lors d'un discours prononcé début août dans la ville de Detroit, ex-symbole de l'industrie américaine qui a connu un long déclin, Donald Trump avait déclaré vouloir rétablir une "justice commerciale" entre la Chine et les États-Unis. Il avait ainsi exprimé son souhait une fois élu de renégocier tous les traités commerciaux, avec comme points de discussion majeur la sous-évaluation du yuan, le protectionnisme et la relance de l'industrie américaine.

    | Analyse Ronald Reagan, Donald Trump, même combat ?

Le précédent Obama

Par le passé, Barack Obama avait décidé d'augmenter pendant trois ans les droits de douane sur les importations de pneus chinois, comme le rappelle dans son éditorial le le Global Times. Auparavant à 4%, ils étaient passés en septembre 2009 à 35% (la taxe a été réduite à 30% la deuxième année puis 25% la troisième) suite à la demande du syndicats des ouvriers de l'acier qui souhaitait davantage de protection afin de protéger des emplois. Un "acte grave de protectionnisme" que le porte-parole du ministère chinois du Commerce avait gravement condamné. Pékin avait rapidement répliqué en imposant des droits de douane sur les automobiles et les poulets américains.

Si la décision de Barack Obama a semblé bénéfique un temps - les importations de pneus chinois ont baissé de 28% sur un an en 2010, à 899 million de dollars -, la décision s'est avérée par la suite coûteuse, note le Los Angeles Times, dans une analyse publiée fin juillet. Dans le même temps, la production américaine a certes progressé que de 14%, mais le prix des pneus importés a grimpé de 18%, d'autres pays asiatiques (Corée du Sud, Indonésie et Thailand) devant répondre à la forte hausse de la demande. D'après le Peterson Institute for International Economics, un think tank privé et indépendant, la décision a ainsi permis de sauver au mieux 1.200 emplois manufacturiers au détriment de 2.500 postes dans la vente.

Déjà désavoué par la Chine pour ses prises de positions dans la lutte contre le réchauffement climatique, Donald Trump pourrait bien avoir à revenir sur sa promesse de campagne s'il ne veut pas envenimer les relations bilatérales avec le pays. Le futur président américain doit justement s'entretenir "bientôt" avec son homologue Xin Jinping lors d'un entretien téléphonique. Utilisera-t-il encore un iPhone à ce moment-là ?

Laszlo Perelstein

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Commentaires 13
à écrit le 18/11/2016 à 14:53
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Motif de la prochaine guerre: néo-libéralisme réactionnaire américain contre dictature communiste chinoise. Arbitre Poutine. Dégâts collatéraux: l'Europe.

à écrit le 15/11/2016 à 5:04
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Des accords commerciaux ont ete enterines & signes. Trump sera dans l'obligation de les respecter. Le bras de fer commercial sera tjrs a l'avantage des chinois, super pied de nez de l'histoire. Heureusement de nombreux pare-feux existent dans la cons...

le 16/11/2016 à 23:06
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les gens sont obnubilés par la chine! certes elle deviendra dans quelques années la première puissance mondiale (et de loin) mais elle sera vite rattrapé par d autres pays notamment l inde qui n aura pas les mêmes problèmes que sa voisine! en effet,...

à écrit le 15/11/2016 à 1:37
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La Chine est membre de l omc depuis 2001. Faut vérifier ses infos. Breef. De toute façon, nous pauvres européens (nous sommes 400 millions mais même pas unis) de l union européenne (qui, rappelons le, a été pensé entre autres pour mieux lutte...

le 15/11/2016 à 10:09
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Mauvaise analyse

le 16/11/2016 à 4:12
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Nous verrons bien monsieur Pacop. Ça me rappelle une anecdote que j ai personnellement vécu il y a un peu moins de 30 ans. J avais dit à un ami mozambicain qui apprenait le mandarin (il est depuis devenu diplomate mais peu importe) qu il avait bien r...

le 17/11/2016 à 17:25
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EXAT?BONNE ANALISE ???

à écrit le 14/11/2016 à 23:57
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Trump va vite devoir se confronter à la réalité: les Chinois sont les derniers gros acheteurs d'obligations américaines, et ils détiennent des réserves en dollar faramineuses. En fait, la Chine tient les USA par les cou****s, tout simplement.

à écrit le 14/11/2016 à 21:22
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La Chine n'est toujours pas dans l"OMC, il est temps qu'elle y rentre et laisser sa monnaie flotter comme les autres :))

le 14/11/2016 à 23:17
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La Chine a adhéré à l'OMC depuis novembre 2001

à écrit le 14/11/2016 à 18:32
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Et c'est enclenché....d'aucuns disent que la Chine et les USA entreront en conflit armé assez rapidement....l'escalade se profile....les européens seront contraints de choisir leur camp...le sujet des ilots de la mer dite de Chine est un autre sujet....

le 17/11/2016 à 17:35
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SI C EST VRAIS? LA GUERRE NUCLAIERE N EST PAS LOIN.? MAIS JE NE PENSE PAS QU ILS IRONS JUSQUA LA? CE SERAIS LA FIN DU MONDE CIVLISE? J AI TOUJOUR DIT QUE LEXPLOSTION DEMOGRAPHIQUE SERAIS UN GROS PROBLEME? DANS UN SIECLE ONT VAS AVOIR 3MILLIARDS D HAB...

à écrit le 14/11/2016 à 18:31
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"un think tank privé et indépendant" Indépendant !? Ha bon ? Et que faisaient les conseillers avant de devenir rentier d'idées svp ? IL n'y a que comme cela que l'on peut savoir si une institution est indépendante ou pas si vous les écoutez s...

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