La croissance indienne reste loin de ses objectifs
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Le produit intérieur brut de l’Inde a progressé de 5,4 % sur un an.
Punit Paranjpe
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Le produit intérieur brut de l’Inde a progressé de 5,4 % sur un an.
Punit Paranjpe
La croissance de l'économie indienne a repris de la vigueur au 4e trimestre de 2024, à 6,2 % sur un an par rapport à la même période de 2023. Le produit intérieur brut (PIB) de l'Inde a ainsi progressé un peu plus vite d'octobre à décembre que lors du trimestre précédent (5,4 % sur un an), indiquent les chiffres publiés vendredi par le gouvernement indien. Les analystes tablent sur une croissance de seulement 6,4 % pour l'exercice budgétaire annuel qui s'achèvera en mars 2025, nettement moins qu'au précédent (8,2 %).
Ce recul a pour origines la baisse des dépenses dans les infrastructures, un secteur manufacturier moins dynamique et une consommation de la population urbaine en berne. Même si elle confirme la place de l'Inde comme l'une des économies mondiales les plus performantes, un tel ralentissement de la croissance la ferait tomber à son plus bas niveau ces quatre dernières années. « Avec du recul, la principale leçon est que l'économie reste fragile si on se réfère aux récents standards indiens », a résumé dans une note Harry Chambers, de la firme d'analyse Capital Economics.
« Si la croissance du PIB rejoint désormais les niveaux des estimations, elle reste légèrement décevante », a relevé pour l'AFP Teresa John, de la firme Nirmal Bang Institutional Equities. « La croissance reste soutenue par l'agriculture, celle de l'industrie ne décolle guère », a-t-elle ajouté. « Notre taux de croissance reste supérieur à celui de nos pairs des économies avancées ou en développement », s'est réjoui pour sa part devant la presse V. Anantha Nageswaran, le principal conseiller économique du gouvernement.
Les experts évaluent à environ 8 % le taux de croissance nécessaire au pays le plus peuplé de la planète pour créer suffisamment d'emplois et atteindre le camp des pays développés. Or, en présentant son projet de budget il y a un mois, le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi a indiqué tabler sur une progression de 6,3 à 6,8 % de son PIB pour l'année fiscale 2025-2026.
Pour tenter de le raffermir, il a annoncé une réduction de près de 12 milliards d'euros des prélèvements obligatoires, principalement à destination des classes moyennes victimes de la hausse des prix des denrées alimentaires et de la faible croissance des salaires. De son côté, la banque centrale indienne (RBI) a abaissé début février ses taux d'intérêt pour la première fois depuis 2020, dorénavant plus inquiète du ralentissement de l'économie que des risques d'inflation (5,2 % sur un an en décembre).
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« La politique d'accompagnement s'avère désormais nettement plus soutenue, il est donc désormais probable que la croissance économique s'accélère au cours des prochains trimestres », a anticipé l'économiste Harry Chambers. Teresa John s'est montrée moins optimiste. « Pour atteindre l'objectif de 6,5 % fixé pour cette année fiscale, il va falloir qu'elle dépasse les 7 % au prochain trimestre s'achevant en mars », a-t-elle mis en garde, « cela me semble difficile à atteindre ».
Les cabinets Nomura et SBI Research ont souligné les risques que faisait courir sur la croissance indienne la guerre des droits douane ouverte par le nouveau locataire de la Maison-Blanche. New Delhi a pris les devants en abaissant de sa propre initiative ses tarifs douaniers sur les motos ou les alcools made in USA.
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Et lors de sa visite plus tôt ce mois-ci à Washington, le Premier ministre Narendra Modi avait annoncé que son pays négociait déjà avec les États-Unis une « première tranche » d'un accord commercial bilatéral, à conclure dès l'automne.
(Avec AFP)
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