La ratification définitive du Brexit avance d'un cran mais, Irlande du Nord oblige, les eurodéputés freinent

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L'accord de retrait prévoit que l'Irlande du Nord reste dans le marché unique européen, ce qui signifie que les contrôles douaniers et sanitaires sont placés entre la province britannique et le reste du Royaume-Uni depuis le 1er janvier. Cette solution provoque le mécontentement des unionistes qui dénoncent une frontière en mer d'Irlande (eux voulaient une frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande).
L'accord de retrait prévoit que l'Irlande du Nord reste dans le marché unique européen, ce qui signifie que les contrôles douaniers et sanitaires sont placés entre la province britannique et le reste du Royaume-Uni depuis le 1er janvier. Cette solution provoque le mécontentement des unionistes qui dénoncent une "frontière en mer d'Irlande" (eux voulaient une frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande). (Crédits : Reuters)
Le vote favorable de deux commissions concrétise un peu plus la ratification définitive de l'accord post-Brexit qui est toujours d'application provisoire tant que les eurodéputés ne l'ont pas ratifié. La période "d'essai" qui dure depuis le 1er janvier est censée se clore le 30 avril. Mais, très remontés contre les Britanniques qui ont unilatéralement prolongé de six mois la période où ils s'abstiennent d'effectuer certains contrôles de marchandises en Irlande du Nord, les eurodéputés retardent le moment de fixer la date de ce fameux vote définitif.

La ratification de l'accord post-Brexit entre l'Union européenne et le Royaume-Uni a franchi une étape clé jeudi au Parlement européen avec le vote favorable de deux commissions parlementaires, avant une approbation finale des eurodéputés en session plénière, a annoncé un porte-parole de l'institution.

L'accord conclu en décembre dernier et entré en vigueur provisoirement le 1er janvier a été approuvé massivement par 108 eurodéputés sur un total de 113 (1 vote contre et 4 abstentions) appartenant aux deux commissions chargées du commerce international et des affaires étrangères, selon la même source.

Protocole nord-irlandais: les eurodéputés remontés contre les Britanniques

Cette application provisoire doit prendre fin au 30 avril mais les eurodéputés retardent le moment de fixer une date pour leur vote, en signe de protestation contre le report par Londres de certains contrôles de marchandises en Irlande du Nord.

Une décision doit être prise sur ce vote la semaine prochaine par les présidents des groupes parlementaires, en fonction des progrès dans les discussions qui se tiennent actuellement entre la Commission européenne et le Royaume-Uni. La session plénière est prévue du 26 au 29 avril.

"Avant de planifier le vote en plénière, nous attendons de recevoir des assurances de bonne foi sur l'application correcte de l'accord de retrait et du protocole nord-irlandais", a déclaré l'un des rapporteurs du texte, Andreas Schieder (Socialists&Democrats).

Réunion ce soir à Bruxelles

Les eurodéputés espèrent un signal positif d'une rencontre prévue dans la soirée à Bruxelles entre le vice-président de la Commission Maros Sefcovic et David Frost, chargé au sein du gouvernement britannique des relations avec l'UE.

L'annonce par Londres d'un report jusqu'au 1er octobre de certains contrôles sur les marchandises arrivant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne a suscité la colère de Bruxelles.

Lire aussi : Brexit: menacé, le personnel des ports de Belfast et Larne suspend les contrôles à la frontière nord-irlandaise

Accusant le Royaume-Uni de violer le protocole irlandais contenu dans le traité de retrait signé fin 2019, la Commission a déclenché une procédure contentieuse.

Le dîner entre MM. Sefcovic et Frost s'inscrit dans le cadre des "efforts intenses déployés pour trouver des solutions pour la mise en oeuvre du protocole", a indiqué jeudi un porte-parole de la Commission.

La frontière, placée en Irlande du Nord, mécontente les unionistes

L'accord de retrait prévoit que l'Irlande du Nord reste dans le marché unique européen, ce qui signifie des contrôles douaniers et sanitaires entre la province britannique et le reste du Royaume-Uni depuis le 1er janvier. Mais cette solution provoque le mécontentement des unionistes qui dénoncent une frontière en mer d'Irlande, et alimente depuis une quinzaine de jours des violences dans cette province britannique, sans précédent depuis plusieurs années.

Lire aussi : Nouvelle nuit d'émeutes post-Brexit à Belfast

L'examen approfondi du texte de 1.250 pages par le Parlement européen a débuté à la mi-janvier.

A défaut de ratification d'ici la fin du mois ou d'une nouvelle prolongation de la période d'application provisoire, "l'accord de commerce et de coopération" entre l'UE et le Royaume-Uni cesserait d'être valable. Les échanges seraient alors régis par les seules règles de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Le divorce entre l'UE et le Royaume-Uni est intervenu le 31 janvier 2020 mais il a été suivi d'une période de transition jusqu'à la fin de l'année dernière pour permettre de négocier la nouvelle relation entre Londres et le bloc européen.

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a écrit le 16/04/2021 à 11:41 :
quel sont les intérêts des anglais ? garder une Irlande du nord sans contrôle comme cheval de Troie dans l'union européenne. Il est illusoire de croire qu'ils vont appliquer un traité, signé qui va a contre sens de leur intérêt. il faut fermer la frontière entre les deux Irlande et ça sera la guerre car pour conquérir le pouvoir Mr Johnson est d'accord avec çà. il le sait parfaitement depuis le début , mais lui ne risque plus rien personnellement ou familialement.
je plaint les irlandais.
a écrit le 16/04/2021 à 10:05 :
Il y a forcément une frontière quelque part, à cause du Brexit.

C'est un problème sans solution miracle, qui ne peut pas donner lieu à un consensus.
Dans la solution actuelle, les grands perdants, ce sont les unionistes, qui se considèrent comme membres du Royaume Uni mais en sont de fait mis à l'écart.

L'irlande du nord est dans une situation ou elle subit les contraintes que lui apposent à la fois l'ue et la GB, sans en contrepartie recevoir d'avantages ni de l'une, ni de l'autre.

On comprend qu'ils fassent la gueule, c'est pas agréable de se retrouver dans le rôle de la variable d'ajustement
Réponse de le 16/04/2021 à 14:12 :
SVP .
Quelles sont les contraintes opposées aux unionistes que ne supporteraient pas les autres habitants républicains du nord .
S il s agit d idéologie , ils ne sont pas loin d exiger le séparatisme !
Etes vous d accord ?
Moi pas !
Mais si ils l obtiennent tant mieux pour eux .
a écrit le 16/04/2021 à 9:41 :
Ah on peut dire que le Royaume Uni aura eu largement le temps de bien la préparer cette sortie de l'UE. Cela fera bientôt 5 ans le vote du peuple anglais sortant le pays de l'enfer de l'UERSS, empire prévu pour durer mille ans mais ce serait étonnant.
a écrit le 15/04/2021 à 23:50 :
Les eurodeputes sont surtout jaloux des anglais qui sont parti et qui vivent très bien sans eux et la bande de fontionnaires de Bruxelles.
Réponse de le 16/04/2021 à 9:25 :
Encore un commentaire à deux balles le résultat du brexit ne pourra se mesurer avant plusieurs années. Pour l'instant nous sommes encore dans une phase de divorce. Le pb de l'Irlande du Nord montre que rien n'est encore réglé.
a écrit le 15/04/2021 à 21:19 :
Nous verrons rapidement si le deal joue ou non en faveur de la GB.... si la GB sort gagnante, nos députés auront du mal à se justifier tout comme Barnier etc...
Réponse de le 16/04/2021 à 2:36 :
Vous avez une meconnaissance crasse du peuple d'Angleterre.
Un anglais s'en sort toujours.
Réponse de le 16/04/2021 à 9:30 :
Aujourd'hui le premier point du R.U est de maintenir la cohésion dans le Royaume hors les écossais d'un côté, les irlandais du nord mais également les gallois dont on parle moins sont un vrai sujet pour BJ qui n' a pas semble t il évalué l'impact sur la cohésion du R.U.
a écrit le 15/04/2021 à 19:05 :
La ratification c'est faire de nous "the rat race" ?

Le labyrinthe à rats...

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