Laurent Vinatier, un Français aux mains de Moscou
Marin Paulay
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Laurent Vinatier lors de son audience de détention provisoire à Moscou, le 7 juin 2024.
© LTD / NATALIA KOLESNIKOVA/AFP
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Laurent Vinatier lors de son audience de détention provisoire à Moscou, le 7 juin 2024.
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Laurent Vinatier va-t-il faire les frais de l'affaire Dourov ? Après l'arrestation et la mise en examen du fondateur de Telegram à Paris cette semaine, la justice russe pourrait être tentée par cette option. Le chercheur français de 48 ans, spécialiste de l'espace postsoviétique, doit comparaître mardi devant un tribunal moscovite. Arrêté à Moscou en juin alors qu'il effectuait une mission pour une ONG suisse spécialisée dans la gestion de conflits, il risque jusqu'à cinq ans de prison pour « non-respect de la loi sur les agents de l'étranger ».
Cette disposition oblige toute personne qui « reçoit un soutien » extérieur à la Russie à s'enregistrer comme tel auprès des autorités. Des faits que le Français a reconnu dès sa première audience et de nouveau le 31 juillet, expliquant ignorer cette contrainte. Cette arrestation a tout de même de quoi surprendre. Laurent Vinatier n'est pas inconnu des autorités russes, ne serait-ce que parce qu'elles lui ont délivré des visas. La mise en scène de son interpellation, une équipe de policiers masqués faisant irruption dans le restaurant où il déjeunait et la publicité qui a été faite autour d'elle montrent la volonté de Moscou d'instrumentaliser son cas.
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L'affaire Vinatier témoigne surtout de la dégradation des relations entre Paris et Moscou, devenues totalement délétères ces derniers mois. Avant Dourov, Paris avait procédé à l'interpellation d'un autre citoyen russe, le 23 juillet. Kirill Griaznov, qui se présentait comme un chef cuisinier mais était surtout un espion du FSB, se vantait de vouloir « déstabiliser les JO » à l'approche de la cérémonie d'ouverture. Auparavant, Moscou a été soupçonnée de multiples tentatives d'ingérence sur le sol français, notamment en juin quand trois jeunes moldaves ont été missionnés pour taguer sur les murs parisiens des cercueils avec la mention « soldats français en Ukraine ». Au milieu de cette sourde guerre, Laurent Vinatier apparaît comme une monnaie d'échange. Lors de sa comparution fin juillet, le natif de Nantes a pourtant assuré entretenir une relation forte avec la Russie, d'où sa femme est originaire.
Marin Paulay