
« Rendez-nous Fedorov » : en Ukraine, la colère gronde après l'éviction du ministre de la Défense par Zelensky
En limogeant cette semaine Mykhaïlo Fedorov, le président ukrainien a déclenché une crise politique majeure. Saura-t-il calmer la colère ?
Les nouveaux chiffres de l'ONU sont alarmants. D'après le nouveau rapport du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), le nombre de déplacés dans le monde a atteint un nouveau sommet de 65,6 millions en 2016. Un chiffre proche de la population française et supérieur à la population du Royaume-Uni. "Quel que soit l'angle sous lequel on l'examine, ce chiffre est inacceptable", a déclaré Filippo Grandi, le haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.
.

.
Filippo Grandi, haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés au Soudan du Sud ce 18 juin. (Crédits : REUTERS/David Lewis).
Ce chiffre record prend en compte plusieurs types de population.
La somme de tous ces chiffres représente en moyenne 1 personne sur 113 qui vit déracinée aujourd'hui dans le monde.
Cette hausse progressive des déplacements est évidemment liée à l'apparition ou à l'intensification de la guerre, aux violences et persécutions présentes dans de nombreux pays du Moyen-Orient et en Afrique (Syrie, République de Centrafrique, Irak, Soudan du Sud). La guerre en Syrie continue de générer le plus grand nombre de départs de réfugiés dans le monde (5,5 millions), suivie de l'Afghanistan. La recrudescence des conflits au Soudan du Sud et l'échec des efforts de paix à l'été dernier ont provoqué le départ de 739.900 personnes avant la fin de l'année (et 1,4 million en tout).
RDC pour République démocratique du Congo et RCA pour République de Centrafrique.
Au niveau des pays d'accueil, la Turquie est pour la troisième année consécutive l'Etat qui a reçu sur son territoire le plus grand nombre de réfugiés (2,86 millions), suivie du Pakistan (1,352 million) et enfin du Liban (1,07 million).
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Mais pour avoir une approche plus juste du nombre de personnes accueillies, il convient de les rapporter à la population de chaque pays. Dans cette optique, le Liban arrive largement en tête du classement avec plus de 17.000 réfugiés accueillis pour 100.000 habitants, suivie de la Jordanie (9020 pour 100.000 habitants) et de la Turquie (3650 pour 100.000 habitants).
Ce sont donc souvent les pays frontaliers des pays en guerre qui accueillent la grande majorité de ces populations en difficulté et non les pays européens contrairement à beaucoup d'idées reçues comme le rappelle très bien les auteurs du rapport :
Pour l'agence internationale, ce déséquilibre est le reflet "de plusieurs facteurs dont notamment l'absence d'un consensus international sur la question de l'accueil de réfugiés, ainsi que de la proximité de nombreux pays pauvres des régions de conflits."
Parmi les principales constatations du rapport, le HCR souligne que les nouveaux déplacements de populations restent à un niveau considérable. Sur les 65,6 millions de personnes déracinées à travers le monde, 10,3 millions de personnes ont dû fuir leurs foyers en 2016, dont environ deux tiers (6,9 millions) fuyant au sein de leur propre pays. Cela correspond à une personne déplacée toutes les trois secondes.
Tous ces déplacements entraînent également une hausse de l'apatridie. Si les chiffres qui circulent se basent sur des estimations, ils demeurent très alarmants. A la fin 2016, le HCR estimait qu'au moins 10 millions de personnes n'avaient pas de nationalité ou risquaient l'apatridie. "Les statistiques enregistrées par les gouvernements et communiquées au HCR limitent cependant ce nombre à 3,2 millions d'apatrides répartis dans 75 pays".
À lire également