Rebelle au décret Trump, le Pdg de Starbucks va embaucher 10.000 réfugiés

latribune.fr

latribune.fr
Dans un courrier mis en ligne dimanche et adressé notamment à ses employés, le Pdg de Starbucks, Howard Schultz, s'est ému de la brutalité du décret anti-immigration avec effet immédiat signé vendredi soir par Donald Trump, et a annoncé plusieurs contre-mesures :
En l'occurence, la promesse de la chaîne de cafés américaine est d'embaucher 10.000 réfugiés à travers le monde dans les cinq prochaines années: plus précisément, des personnes ayant fui les guerres, les persécutions et discriminations dans les 75 pays où il est présent. Et, aux Etats-Unis, Starbucks va commencer par recruter les réfugiés ayant travaillé pour l'armée américaine, comme interprètes par exemple.
M. Schultz, proche du parti démocrate, indique que Starbucks est en contact avec les employés affectés par le décret présidentiel ayant mis en place de sévères restrictions dans l'accès au territoire américain et des "vérifications extrêmes" à l'encontre des ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Syrie, Libye, Soudan, Iran, Irak, Somalie et Yémen). Le dirigeant ajoute que la chaîne de cafés veut servir ses clients où qu'ils soient, "dans un pays chrétien ou un pays musulman".
La chaîne s'engage par ailleurs à rembourser les frais versés par les employés faisant partie du programme DACA (Deferred Action for Childhood Arrival), mis en place en 2012 par Obama. Ce programme a permis à plus de 750.000 clandestins arrivés sur le territoire américain alors qu'ils étaient mineurs d'obtenir des permis de séjour et de travail.
M. Schultz, un des rares Pdg américains à s'immiscer dans des débats politiques, comme la question des relations raciales il y a deux ans, en se prenant un peu les pieds dans le tapis au passage. Dimanche il a également volé au secours d'une autre cible privilégiée de Donald Trump: le Mexique.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

De fait, Starbucks va continuer à investir au Mexique, où il est propriétaire de 600 cafés et emploie 7.000 personnes.
Howard Schultz a soutenu Hillary Clinton, l'adversaire de Donald Trump, pendant la campagne électorale, mais a écarté toute idée de briguer un mandat politique, malgré des rumeurs persistantes. Le 1er décembre 2016, le charismatique Pdg de 63 ans démissionnait à la surprise générale, prenant de court les marchés financiers. Aujourd'hui, on lui prête notamment l'intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle.
Pour autant, la chaîne de cafés américaine n'est pas totalement une société philanthropique : elle est accusée d'optimisation fiscale par la Commission européenne. Le 21 octobre 2015, Mme Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence, déclarait à l'appui de la décision de la Commission de déclarer illégaux les avantages fiscaux accordés à Starbucks aux Pays-Bas :
>Lire aussi : Optimisation fiscale : les sanctions contre Fiat et Starbucks, un coup d'épée dans l'eau ?
À lire également
Vendredi 27 janvier 2017, la multinationale américaine annonçait une hausse moins forte qu'attendu de ses ventes comparables en Amérique du Nord lors du trimestre écoulé et réduisait sa prévision de chiffre d'affaires pour l'ensemble de son exercice 2017, en raison d'une moindre fréquentation de ses cafés aux Etats-Unis. Le titre de la première chaîne mondiale de cafés avait alors trébuché de 3,8% à 56,26 dollars dans les transactions électroniques à Wall Street.
(Avec AFP et Reuters)
latribune.fr