Rebelle au décret Trump, le Pdg de Starbucks va embaucher 10.000 réfugiés

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Le dirigeant de Starbucks affirme que la chaîne de cafés veut servir ses clients où qu'ils soient, dans un pays chrétien ou un pays musulman.
Le dirigeant de Starbucks affirme que la chaîne de cafés veut servir ses clients où qu'ils soient, "dans un pays chrétien ou un pays musulman". (Crédits : Reuters)
Howard Schultz, démocrate et soutien de Hillary Clinton, est un des rares Pdg américains à s'immiscer dans les débats politiques. Il a également affirmé son désaccord sur le mur avec le Mexique et va soutenir financièrement l'action d'Obama en faveur de la régularisation des clandestins.

Dans un courrier mis en ligne dimanche et adressé notamment à ses employés, le Pdg de Starbucks, Howard Schultz, s'est ému de la brutalité du décret anti-immigration avec effet immédiat signé vendredi soir par Donald Trump, et a annoncé plusieurs contre-mesures :

"Je vous écris aujourd'hui avec une grande inquiétude, le coeur gros et une promesse ferme."

En l'occurence, la promesse de la chaîne de cafés américaine est d'embaucher 10.000 réfugiés à travers le monde dans les cinq prochaines années: plus précisément, des personnes ayant fui les guerres, les persécutions et discriminations dans les 75 pays où il est présent. Et, aux Etats-Unis, Starbucks va commencer par recruter les réfugiés ayant travaillé pour l'armée américaine, comme interprètes par exemple.

Soutien au programme d'Obama de régularisation des clandestins

M. Schultz, proche du parti démocrate, indique que Starbucks est en contact avec les employés affectés par le décret présidentiel ayant mis en place de sévères restrictions dans l'accès au territoire américain et des "vérifications extrêmes" à l'encontre des ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Syrie, Libye, Soudan, Iran, Irak, Somalie et Yémen). Le dirigeant ajoute que la chaîne de cafés veut servir ses clients où qu'ils soient, "dans un pays chrétien ou un pays musulman".

La chaîne s'engage par ailleurs à rembourser les frais versés par les employés faisant partie du programme DACA (Deferred Action for Childhood Arrival), mis en place en 2012 par Obama. Ce programme a permis à plus de 750.000 clandestins arrivés sur le territoire américain alors qu'ils étaient mineurs d'obtenir des permis de séjour et de travail.

Le PDG donne aussi de la voix contre le mur avec le Mexique

M. Schultz, un des rares Pdg américains à s'immiscer dans des débats politiques, comme la question des relations raciales il y a deux ans, en se prenant un peu les pieds dans le tapis au passage. Dimanche il a également volé au secours d'une autre cible privilégiée de Donald Trump: le Mexique.

"Construire des ponts et non des murs avec le Mexique", déclare-t-il, en référence au mur que le nouveau président américain veut ériger à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique pour empêcher l'immigration illégale.

De fait, Starbucks va continuer à investir au Mexique, où il est propriétaire de 600 cafés et emploie 7.000 personnes.

Howard Schultz aurait-il l'intention de restaurer le rêve américain?

Howard Schultz a soutenu Hillary Clinton, l'adversaire de Donald Trump, pendant la campagne électorale, mais a écarté toute idée de briguer un mandat politique, malgré des rumeurs persistantes. Le 1er décembre 2016, le charismatique Pdg de 63 ans démissionnait à la surprise générale, prenant de court les marchés financiers. Aujourd'hui, on lui prête notamment l'intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle.

"Nous vivons dans une période sans précédent, un moment au cours duquel (...) la promesse du rêve américain est remise en cause."

Les litiges fiscaux de Starbucks avec l'Union européenne

Pour autant, la chaîne de cafés américaine n'est pas totalement une société philanthropique : elle est accusée d'optimisation fiscale par la Commission européenne. Le 21 octobre 2015, Mme Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence, déclarait à l'appui de la décision de la Commission de déclarer illégaux les avantages fiscaux accordés à Starbucks aux Pays-Bas :

"Toutes les entreprises, qu'elles soient grandes ou petites et qu'il s'agisse ou non de multinationales, devraient payer leur juste part de l'impôt."

     >Lire aussi : Optimisation fiscale : les sanctions contre Fiat et Starbucks, un coup d'épée dans l'eau ?

Résultats mitigés et baisse de l'action

Vendredi 27 janvier 2017, la multinationale américaine annonçait une hausse moins forte qu'attendu de ses ventes comparables en Amérique du Nord lors du trimestre écoulé et réduisait sa prévision de chiffre d'affaires pour l'ensemble de son exercice 2017, en raison d'une moindre fréquentation de ses cafés aux Etats-Unis. Le titre de la première chaîne mondiale de cafés avait alors trébuché de 3,8% à 56,26 dollars dans les transactions électroniques à Wall Street.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 31/01/2017 à 15:23 :
Il pense surtout à sa marge bénéficiaire le gars, ça lui fait de la pub partout dans le monde ainsi.

Je crois due trump va anéantir nos politiciens et nos médias incapables de sortir de la pensée binaire néolibérale et autant d'impuissance, autant de faiblesse européenne c'est désespérant.
a écrit le 31/01/2017 à 7:02 :
"Howard Schultz, démocrate et soutien de Hillary Clinton, est un des rares Pdg américains à s'immiscer dans les débats politiques"... ah oui? Si j'en crois la dernière campagne présidentielle, ou les derniers débats dits de société, on ne cesse de voir en première ligne des activistes utilisant l'entreprise qu'ils dirigent comme plateforme politique.
Maintenant que celui-ci le fasse parce qu'il cherche à servir une clientèle particulièrement sensible à un certain discours militant, pourquoi pas. Mais c'est une proposition risquée...
Sinon une question pratique: comment fera-t-il pour embaucher spécifiquement ces personnes? Ne risque-t-il pas de se trouver en porte à faux avec les lois antidiscrimination qui ont cours un peu partout aujourd'hui?
a écrit le 30/01/2017 à 21:49 :
Il préfère embaucher des immigrés plutôt que des Américains. C'est son droit. C'est son choix. On a donc tout autant le droit de ne pas faire le même choix que lui... Mais lui, il n'accepte pas qu'on ne pense pas comme lui : parce qu'à ses yeux, ce n'est pas un droit, c'est un délit...
a écrit le 30/01/2017 à 18:44 :
Courageux actionnaire qui soigne sa marge bénéficiaire, l'humanisme néolibéral.
a écrit le 30/01/2017 à 18:07 :
Personnellement, je n'aime pas le café de Starbucks. Je préfère celui de Tim Horton's qui est meilleur et coûte deux fois moins cher. Mais bon, chacun ses goûts :-)
Réponse de le 30/01/2017 à 23:55 :
Moi j'ai acheté une machine espresso et je fais mon propre café. Résultat : qualité coût délai satisfaction client imbattable.
Pourquoi donner son argent à des entreprises qui profitent des aides publiques et ne paient pas d'impôt ?
a écrit le 30/01/2017 à 17:43 :
Dans un pays où les citoyens sont surarmes il yen aura au moins un tente pour le desinguer

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