Le Super Bowl : une pluie de dollars au royaume du football américain
Julien Gouesmat

Le Super Bowl 2024 a vu s'affronter les Kansas City Chiefs et les San Francisco 49ers.
REUTERS/Mike Blake
Julien Gouesmat

Le Super Bowl 2024 a vu s'affronter les Kansas City Chiefs et les San Francisco 49ers.
REUTERS/Mike Blake
Il n'y a pas d'équivalent français au Super Bowl. Aucune finale de Coupe de France de football, aucun tournoi de Roland Garros ni même le Tour de France n'égale la ferveur et l'importance économique du match de football américain. Ce dimanche 9 février, les Philadelphia Eagles s'opposeront aux Kansas City Chiefs pour la 59e édition de cette finale, qui se déroulera au Caesars Superdome de la Nouvelle-Orléans (Louisiane). Pour l'occasion, même Donald Trump sera de la partie. Une première pour un président américain. « Par le passé, le sport le plus associé aux États-Unis était plutôt le baseball », explique Malcolm Biiga, consultant chez Havas.
L'enceinte de 73.000 places a déjà accueilli sept fois la finale de la ligue de football américain depuis 1978. Une aubaine pour la ville du jazz. La National football league estime que l'organisation de l'évènement rapport au moins 600 millions de dollars de retombées économiques pour la ville hôte. En 2022, le super Bowl de Los Angeles a même permis la création de près de 4.700 emplois dans la région, d'après une étude de micronomics.
Mais l'événement dépasse largement les frontières de la commune organisatrice. L'an dernier, 202 millions d'Américains ont regardé au moins une partie du match selon les données de Nielsen. C'est donc 60 % de la population des États-Unis qui ont vu les Chiefs inscrire un touchdown décisif à 3 secondes de la fin du match. Mais les téléspectateurs n'ont pas les yeux rivés seulement sur les 22 joueurs.
À la mi-temps, le show sera assuré par le rappeur Kendrick Lamar, qui sera rejoint par d'autres célébrités musicales. L'autre attente de la mi-temps concerne les publicités. De véritables courts-métrages promotionnels pour les plus grosses marques internationales qui y font jouer des stars du cinéma et de la chanson. Coût de 30 secondes de publicité : 7 millions de dollars. « C'est rentabilisé dans l'année. Pour les entreprises, les agences, c'est vraiment un moment crucial pour capter l'attention », commente Malcolm Biiga.
Incontestablement, ces chiffres jouent en la faveur d'un évènement économique majeur pour les États-Unis. Le jour du match est le second, derrière Thanksgiving, en termes de consommation. 18,6 milliards de dollars sont dépensés en nourriture et boissons par les fans de football américain. Néanmoins, ils pourraient être confrontés, cette année, à une inflation sur certains produits venant du Mexique et du Canada, en raison de l'anticipation de futurs droits de douane venant de la Maison Blanche.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Si Donald Trump a offert un sursis à Mexico et Ottawa, les producteurs d'avocats mexicain restent inquiets. Leur prix a augmenté de 11,5 % sur an, faisant croître celui du guacamole dans lequel les Américains trempent des tortillas, particulièrement appréciées à l'occasion de l'événement sportif. La vente de ces chips mexicaines augmente, en effet, de 30 % la semaine précédent le Super Bowl selon le cabinet Circana. En moyenne, le coût moyen d'une soirée de Super Bowl, en famille ou entre amis, a augmenté de 10 cents depuis la dernière édition pour atteindre 139 dollars.
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Toutefois, L'impact économique du Super Bowl n'est pas seulement positif. Selon UKG, citant le Bureau des statistiques du travail, près de 13 millions de personnes ont l'intention d'arriver en retard au travail lundi. Pire 22 millions devraient même s'absenter, alors que l'absentéisme coûte environ 84 milliards de dollars par an à l'économie américaine. Plus de quatre Américains sur dix estiment d'ailleurs que le lundi suivant le match devrait être férié.
Julien Gouesmat