"Les décideurs doivent concentrer leurs efforts sur les pauvres et sur les classes moyennes" (FMI)

Dans un rapport publié lundi, le FMI relève que les inégalités sont néfastes pour la croissance, voire à l'origine des crises financières.
Dans l'étude le FMI, qui refuse pourtant d'abandonner la voie de l'austérité vis-à-vis de la Grèce, prône un accroissement des investissements dans l'éducation et la santé.
Dans l'étude le FMI, qui refuse pourtant d'abandonner la voie de l'austérité vis-à-vis de la Grèce, prône un accroissement des investissements dans l'éducation et la santé. (Crédits : Reuters)

Pour dynamiser la croissance, la solution pourrait résider dans plus de justice sociale. Améliorer les conditions des 20% de familles aux plus bas revenus engendrerait en effet une accélération de l'augmentation du PIB, relève un rapport publié lundi 15 juin par le Fonds monétaire international.

En revanche, lorsque les revenus des 20% les plus riches grimpent, la croissance du PIB ralentit sur le moyen terme, pointe le FMI.

La théorie du "ruissellement" désavouée

Rédigée par cinq économistes de l'institution internationale, l'étude désavoue ainsi explicitement la théorie économique d'inspiration libérale dite "du ruissellement", selon laquelle favoriser les hauts revenus aurait un effet bénéfique global, puisque ces derniers seraient de toute façon réinjectés dans l'économie.

Au contraire, elle affirme que les inégalités, "défi majeur de notre époque", sont néfastes, dans les pays émergents ou en voie de développement comme dans les économies avancées.

Dans ces dernières, une influence accrue des plus riches accompagnée d'une stagnation des revenus des plus pauvres résulte même être directement impliquées dans les crises financières, d'une part en engendrant une prolifération excessive du crédit, d'autre part en facilitant l'oeuvre des cercles d'influence favorables à une dérégulation financière, selon le rapport.

Aux sources de l'inégalité: "globalisation, progrès technologique..."

C'est pourquoi le FMI, qui, vis-à-vis de la Grèce, refuse pourtant d'abandonner la voie de l'austérité, adresse surtout son message aux décideurs politiques.

Les rédacteurs du rapport les appellent à prendre conscience des diverses causes du creusement progressif des inégalités: la globalisation, certes, mais encore plus le progrès technologique, l'affaiblissement des syndicats et l'exclusion financière.

Agir par une taxation plus progressive

Ils les invitent ensuite surtout à agir, en prônant la mise en place d'un système de taxation plus progressif, notamment via:

  • l'attribution d'un rôle plus important aux impôts sur la propriété;
  • la suppression des niches fiscales;
  • la lutte contre l'évasion fiscale;
  • mais aussi : un accroissement des investissements dans l'éducation et la santé.

Soit dit en passant, ces dernières mesures ont été refusées à Athènes.

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Commentaires 11
à écrit le 16/06/2015 à 19:07
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L'économie devrait fonctionner comme la thermodynamique. Il faut un foyer chaud et un foyer froid. Dans un chauffage central l'eau se réchauffe en bas, refroidit en haut, mais redescend pour se réchauffer. Ça circule, ou ça ne marche pas. Depuis tren...

à écrit le 16/06/2015 à 18:57
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C'est sûr qu'une société de consommation avec de moins en moins de consommateurs ne peut pas durer éternellement. Mais, l'assitanat permanent n'aide pas non plus les gens à prendre des initatives :-)

le 16/06/2015 à 21:46
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Vous etes comme Churchill qui s'est distingue par son commentaire impayable Vous vivez dans un monde que vous ne comprenez plus...accrochez au années apres guerre...

à écrit le 16/06/2015 à 15:39
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mmmmmmouais c'est un peu simpliste la france est en train de faire ca en decourageant tt le monde avec un nivellement par le bas generalise, puis decouvre avec stupefaction qu'entre les gens qui partent ceux qui reduisent la voilure que ce soit en ...

le 18/06/2015 à 11:31
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Et encore heureux que les gens refuse de travailler 90h par semaine.

à écrit le 16/06/2015 à 14:47
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Le FMI enfonce des portes depuis longtemps ouvertes. Rien ne change mais il est quand même heureux qu'il s'en inquiète de temps en temps.

à écrit le 16/06/2015 à 14:39
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C'est bôh ! Il n'a fallu que quelques dizaine d'années (centaine ?) aux économistes pour découvrir ce que n'importe quel homme de la rue avec 2 sous de bon sens sait déjà ! youpi !

le 16/06/2015 à 15:29
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d'accord avec vous, à quoi servent d'ailleurs ces commissions qui coutent très cher et d'une incompétence totale...!

le 16/06/2015 à 20:05
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A rien ,si ce n'est qu'à arroser quelques potes !!!!

à écrit le 16/06/2015 à 14:29
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Je veux des croquettes

à écrit le 16/06/2015 à 14:28
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Après celle de l'OCDE, une nouvelle étude d'organismes fort peu bolchéviques qui vient mettre au moulin des travaux de Piketty. Quand la perception économique rejoindra la réalité et que les marchés en tomberont, nul doute que le ruissèlement de misè...

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