Les Occidentaux cherchent toujours à sanctionner le pétrole russe sans relancer une hausse des cours

Malgré les sanctions occidentales, la Russie continue à vendre son pétrole sur le marché international, la baisse de volume étant largement compensée par les prix du baril en terme de recettes. Washington va proposer vendredi au G7 un mécanisme pour imposer un prix plafonné au pétrole russe qui permette d'éviter les conséquences négatives pour les économies occidentales.
Robert Jules
La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, veut plafonner les prix du pétrole russe.
La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, veut plafonner les prix du pétrole russe. (Crédits : Reuters)

Comment rendre plus efficaces les sanctions sur les exportations de pétrole russe? C'est ce dont discuterons les ministres des Finances des pays du G7 lors d'une rencontre à Washington, ce vendredi, où l'administration Biden va proposer un mécanisme de plafonnement du prix du pétrole russe vendu sur le marché international.

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Concrètement, la Russie vendrait son pétrole à aux pays du G7 à un prix inférieur à celui auquel elle le cède aujourd'hui, mais qui resterait supérieur au prix de production, afin qu'elle ait un intérêt économique à continuer à leur en vendre, et ainsi qu'elle ne coupe pas ses livraisons.

« Il y a une marge importante entre le prix de la production et ce que la Russie fait aujourd'hui, dans laquelle nous pouvons fixer le plafond qui créera des incitations économiques pour que la Russie continue à produire du pétrole, tout en leur refusant les revenus excédentaires qu'ils obtiennent aujourd'hui », avait indiqué fin juillet un responsable du G7.

Jusqu'à maintenant, les embargos imposés par les pays occidentaux sur les exportations d'or noir russe en rétorsion de l'invasion de l'Ukraine décidée par Moscou le 24 février n'ont pas eu l'effet escompté, c'est le moins que l'on puisse dire.

Moscou a gagné 97 milliards de dollars grâce aux ventes de pétrole et de gaz jusqu'en juillet de cette année, dont environ 74 milliards de dollars grâce au pétrole, selon l'Institut international de la finance. « Le pétrole russe continue à couler librement », soulignait mercredi dans un tweet, son économiste en chef adjointe de l'Institut, Elena Ribakova. Elle estime que l'excédent commercial de la Russie pourrait atteindre 300 milliards de dollars en 2022, largement en partie grâce aux ventes d'hydrocarbures qui profitent largement des prix élevés du baril depuis mars dernier.

Troisième mois consécutif de baisse

Les prix du pétrole, qui ont dépassé les 130 dollars le baril au cours des premières semaines de la guerre, se sont stabilisés autour de 100 dollars ces dernières semaines. Bien qu'il soit encore plus élevé qu'il y a un an, le prix du baril s'est affiché en baisse sur le mois d'août, pour le troisième mois consécutif. Celui de Brent évoluait ce jeudi autour de 95 dollars, celui du WTI, la référence américaine, autour de 88 dollars. Des reculs qui s'expliquent surtout par une probabilité plus élevée que les économies occidentales connaissent une récession en raison d'une politique monétaire beaucoup plus restrictive des banques centrales qui donnent la priorité à la lutte contre l'inflation élevée.

En effet, les sanctions à l'égard des hydrocarbures ont également alimenté une hausse des prix de l'énergie qui ont provoqué une hausse des prix de l'essence à des niveaux historiques aux Etats-Unis et une flambée des prix du gaz en Europe qui continue à fragiliser les économies de l'Union européenne.

D'autant que même en volume, la Russie a été finalement peu sanctionnée. Elle a exporté 7,4 millions de barils de brut et de produits tels que le diesel et l'essence chaque jour en juillet, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), en baisse d'environ 600.000 barils par jour depuis le début de l'année. Moscou a pu compenser la chute des ventes vers l'Europe, les Etats-Unis et le Royaume uni par les achats de la Chine, dont elle devenue le premier fournisseur supplantant l'Arabie saoudite, et l'Inde, qui lui achète aujourd'hui près de 1 million de barils par jour, alors que le géant asiatique n'était qu'un client très marginal en début d'année.

Enjeu limité

L'enjeu de la réunion des ministres des Finances du G7 reste donc limité, avec ce mécanisme de plafonnement des prix. « Il s'agit, selon nous, de la meilleure façon de peser sur les ressources de Poutine. Ce faisant, ce ne sont pas seulement les recettes que perçoit Poutine sur les ventes de pétrole russe qui baisseront, mais aussi les prix de l'énergie au niveau mondial », a résumé Karine Jean-Pierre, la porte-parole de la Maison blanche, lors d'un point de presse mercredi.

C'est ce subtil équilibre gagnant pour les pays du G7 qu'il s'agit de trouver. Et selon la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, les recherches avancent bien. Mercredi, elle s'est, dite « vraiment optimiste quant aux progrès substantiels qui ont été réalisés par nos équipes et l'ensemble du G7 pour que nous arrivions à plafonner les prix », lors d'une rencontre à Washington avec son homologue britannique, le Chancelier de l'Echiquier Nadhim Zahawi.

Robert Jules

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Commentaires 6
à écrit le 02/09/2022 à 10:09
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....a voir dans le temps mais pour le moment les gagnants de ce conflit sont les chinois , les indiens , les américains et ..........les russes qui n'ont jamais aussi bien exporté gaz et pétrole ! Quand aux baisés ......

le 02/09/2022 à 18:14
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les dindons sont encore et toujours les francais il n'y a personne pour nous défendre face au monde et face a nos elites tous corrompu par la vision du dollar roi et qui commence a nous dire quil faut etre patriote les memes qui hier nous insul...

à écrit le 02/09/2022 à 8:40
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Imposer un prix du pétrole à la Russie sera une véritable déclaration de guerre, cette fois. Les Russes ont été patients, ce sont des joueurs d'échecs, pas de poker. Sachons jusqu'où ne pas aller trop loin parce qu'on se monte le bourrichon les uns l...

à écrit le 01/09/2022 à 18:28
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Et on s'assoit allègrement sur la loi du "saint marché" quand ça nous arrange...

à écrit le 01/09/2022 à 12:39
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comment 20 pays meme les plus riche peuvent imposer a 163 autres nation un prix sur le petrole alors que de ces 20 pays 1seul est producteur c'est une dictature alors qu'ils ont eu meme imposer une tarification de l'electricite sur le gaz qu'il n...

à écrit le 01/09/2022 à 12:12
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Biden se fiche bien des prix du pétrole et de la guerre en Ukraine puisqu'il empêche les producteurs américains de forer des puits profitables pour inonder le marché et ainsi réaliser une saine concurrence aux dictatures du Golfe tout en privant P...

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