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Comme pour le Covid, le groupe Lufthansa mesure-t-il mieux l'impact de la crise du Moyen-Orient sur le transport aérien ?

latribune.fr

Publié le 16 avril 2024 à 06:29 - Mis à jour le 16 avril 2024 à 06:33

Cette année, la compagnie allemande table désormais sur un bénéfice opérationnel d'environ 2,2 milliards d'euros.

Cette année, la compagnie allemande table désormais sur un bénéfice opérationnel d'environ 2,2 milliards d'euros.

Kai Pfaffenbach

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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La première compagnie européenne a abaissé ce lundi ses prévisions de résultat opérationnel pour 2024, invoquant des effets « encore imprévisibles » au Moyen-Orient et après un premier trimestre en perte de 849 millions d'euros, alourdi par des grèves.

Le groupe Lufthansa sera-t-il pour la crise au Moyen-Orient le même baromètre du transport aérien qu'il ne l'a été pour la crise du Covid ?

Ce lundi, au lendemain de l'attaque iranienne contre Israël, le groupe de transport aérien a abaissé ce lundi ses prévisions de résultat opérationnel pour l'année 2024, invoquant notamment des effets « encore imprévisibles » au Moyen-Orient et après un premier trimestre en perte de 849 millions d'euros, alourdi par des grèves. Cette année, la compagnie allemande table désormais sur un bénéfice opérationnel d'environ 2,2 milliards d'euros, alors qu'il prévoyait un résultat similaire aux 2,68 milliards dégagés en 2023. Cette nouvelle prévision pourrait encore être rabotée en raison d' « effets encore imprévisibles de la récente escalade du conflit au Moyen-Orient et de nouvelles incertitudes géopolitiques » qui « représentent des risques pour les perspectives du groupe pour l'ensemble de l'année », prévient l'entreprise dans un communiqué. En Bourse, le cours de Lufthansa a perdu ce lundi après-midi 3,31% à Francfort, après ces annonces.

Dès samedi matin, Lufthansa et Austrian Airlines (également membre du groupe Lufthansa) avaient déjà été les premières à suspendre de la desserte de Téhéran et du survol de l'Iran.

Une réactivité qui rappelle celle du Covid en 2020. quand très tôt, fin février, Lufthansa a cloué au sol 13 gros-porteurs, puis quelques jours plus tard 150 avions, alors que les autres compagnies réfléchissaient encore à déployer leurs appareils vers d'autres destinations.

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Des grèves qui ont perturbé son premier trimestre 2024

Au plan opérationnel, Lufthansa a subi de janvier à mars de cette année une perte « plus élevée que prévu en raison de diverses grèves » déclenchées par des salariés au sein du groupe et chez des partenaires. Ces mouvements ont en tout grevé le résultat d' « environ 350 millions d'euros », selon le communiqué.

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De sorte que la compagnie s'attend à ce que le bénéfice d'exploitation du deuxième trimestre 2024 soit inférieur de 100 millions d'euros, par rapport à celui de l'année précédente. En cause : des conséquences des conflits de salaires désormais résolus, notamment chez Lufthansa Airlines, une faible demande de réservations à court terme et des conflits en cours chez Austrian Airlines.

Mais dans l'ensemble, les réservations sont « conformes aux attentes initiales, notamment pour les mois de vacances d'été, ce qui conforte les perspectives du groupe pour le second semestre », qui devrait afficher à lui seul une meilleure performance par rapport à l'été 2023.

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Difficultés pour se relever depuis la pandémie de covid

Depuis le choc de la crise sanitaire, le compagnie allemande peine à remettre de la capacité en ligne et est encore loin de ses niveaux de 2019. En 2022, Lufthansa n'avait retrouvé que 72 % de ses capacités d'avant la crise - calculées en sièges au kilomètre offerts (SKO).

Malgré un bond significatif l'an dernier, le groupe plafonnait à 84 %. Le groupe, seul, est même en dessous de ce seuil, tandis que les compagnies dont il est propriétaire, (Austrian Airlines, Swiss, Brussels Airlines et Eurowings) sont au-dessus. Début mars, Carsten Spohr, directeur général du groupe, visait pour 2024 une moyenne de 94 % avec une réduction des écarts. Mais si la trajectoire est bien ascendante, elle souffre de la comparaison avec la compétition.

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C'est le cas avec les compagnies nord-américaines : portées par le dynamisme de leur marché intérieur, elles ont rapidement retrouvé de l'envergure avant de dépasser leur niveau d'avant crise dès 2023 selon les statistiques de l'Association internationale du transport aérien. Les compagnies européennes n'en sont pas encore là, mais le niveau moyen sur le Vieux continent est tout de même de 96 %.

Si l'on prend les concurrents directs et comparables de Lufthansa, Air France-KLM a redémarré plus vite et possède quelques longueurs d'avance. Le groupe français était à 93 % de son niveau d'avant crise en 2023 et devrait tutoyer son niveau d'avant crise cette année.

Et, selon les propres données du groupe allemand, ce retard va rester prégnant sur tous les marchés, mis à part l'Afrique où il devrait faire mieux qu'avant le covid en 2024. Il se retrouvera ainsi encore sur les marchés ultra-stratégiques de l'Atlantique Nord et de l'Asie-Pacifique, ainsi que l'Amérique du Sud de façon encore plus marquée. Lors de la présentation des résultats ce jeudi, Carsten Spohr a eu beau vanter la diversité et l'étendue du réseau de son groupe, les chiffres ne lui sont clairement pas favorables.

Des bons résultats financiers malgré tout

Malgré ces obstacles, Lufthansa garde le cap sur le plan financier. Avec en 2023, 2,7 milliards de résultat opérationnel ajusté (Ebit, bénéfice avant intérêt et impôts, retranché d'éléments exceptionnels) et 7,6 % de marge, le groupe a réalisé le troisième meilleur exercice de son histoire.

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La compagnie le doit notamment à une demande dynamique associée à une gestion fine de la tarification. Son revenu unitaire largement plus élevé que celui de ses concurrents : chaque siège mis en ligne lui rapporte environ 1,5 euro de plus qu'Air France-KLM ou IAG. A cela s'ajoute une forte discipline pour limiter la hausse des coûts.

Le groupe aérien devance largement son concurrent français, plombé qui plus est par un quatrième trimestre difficile et les difficultés de Transavia à passer dans le vert. En revanche, il subit la loi d'IAG qui a profité à plein de la croissance de son offre.

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La compagnie aérienne allemande Lufthansa et sa filiale autrichienne Austrian Airlines ont annoncé vendredi dernier la suspension de leurs vols de et vers Téhéran et ne plus emprunter l'espace aérien iranien. Une mesure valable jusqu'au 18 avril. La compagnie allemande anticipait, à ce moment-là, les menaces de frappes de l'Iran contre Israël, ce qui s'est finalement produit dans la nuit de samedi à dimanche.

La compagnie aérienne a continué dans cette lancée dimanche après-midi en annonçant la suspension jusqu'à ce lundi inclus de ses vols à destination et en provenance de Tel Aviv ainsi que d'Erbil en Irak et Amman en Jordanie. La compagnie dit « surveiller en permanence la situation au Moyen-Orient ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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