"Méthode Coué" : Trump assure que l'économie américaine est en pleine forme

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(Crédits : Kevin Lamarque)
"Je vais bien, tout va bien" serai le nouveau mantra de Donald Trump à propos de l'économie américaine dans la perspective des élections américaines de 2020.

Donald Trump a insisté mardi: les États-Unis n'ont pas à craindre une récession qui serait potentiellement désastreuse dans l'optique de sa réélection en 2020. Mais l'élu républicain a laissé penser qu'il se préparait, au cas où, à cette éventualité.

"Le mot 'récession' est inapproprié", a lancé le président américain devant des journalistes à la Maison-Blanche.

"Nous sommes très loin d'une récession", a-t-il encore assuré.

Alors que sa cote de popularité est en dessous des 50% et que les derniers sondages le donnent battu par un démocrate lors de la prochaine élection présidentielle, Donald Trump est convaincu que sa réélection dépend de la vigueur de l'économie américaine, dont il ne cesse de vanter la bonne santé.

Portant des indices d'une récession

La croissance est au rendez-vous depuis une décennie maintenant et le successeur de Barack Obama s'en attribue tout le crédit possible, citant souvent le taux de chômage au plus bas depuis presque 50 ans et l'économie "la plus dynamique" de la planète.

Mais il évite de parler des mauvaises nouvelles, comme ce signal d'alarme lancé par les marchés financiers la semaine dernière. Les rendements des obligations à 10 ans du Trésor américain sont brièvement tombés sous ceux des bons à deux ans, l'inverse de ce qui est censé se produire.

Cet "inversement de la courbe" des taux est un phénomène statistique qui, dans le passé, a été le signe précurseur d'une récession.

Lire aussi : États-Unis : une récession d'ici deux ans ? Une possibilité pour une majorité d'économistes

Ajoutez à cela les craintes grandissantes des retombées de la guerre commerciale sino-américaine, les avertissements de l'Allemagne quant à un ralentissement et le chaos britannique autour du Brexit et surgit alors le grand mot de "Récession" qui fait de nouveau partie des conversations. Sauf pour Donald Trump.

'Récession', connait pas !

Le milliardaire républicain prétend qu'il ne peut y avoir de repli économique. Plus tôt mardi, il a tweeté ou retweeté plus d'une douzaine de personnes se vantant de la vigueur de l'économie de la première puissance mondiale.

"Trump fait vibrer cette économie comme un moteur bien huilé", était-il écrit dans l'un de ces tweets.

Les conseillers de l'ancien magnat de l'immobilier ont également inondé les médias d'interviews dans lesquelles ils martèlent le même message.

"Ne craignons pas d'être optimistes !", a déclaré dimanche Larry Kudlow, qui a l'oreille du président à la Maison-Blanche.

Donald Trump, néanmoins, semble inquiet. Il trouve déjà des personnes à blâmer pour cette récession qui, dit-il, ne se produira pas.

Sa cible numéro un est la Réserve fédérale (Fed), qu'il attaque, rompant avec toutes les traditions, depuis des mois à cause de la réticence de la Banque centrale à baisser les taux d'intérêt. Il a ainsi traité la semaine dernière son patron Jerome Powell d'"incompétent".

Lire aussi : Pourquoi Donald Trump veut aussi se débarrasser de Jerome Powell (Fed)

Lire aussi : Historique : quatre anciens patrons de la Fed défendent Powell contre Trump

Son bouc émissaire numéro deux, ce sont les médias américains, accusés par le président et ses collaborateurs de vouloir délibérément attiser les craintes de récession. Leur but ? Handicaper, par ricochet, le bilan du républicain.

"Ils mettent en avant le mensonge de la récession. Le fait est que beaucoup de gens de gauche veulent que ces horribles choses deviennent réalité", a déclaré mardi le porte-parole adjoint de la Maison-Blanche, Hogan Gidley, à Fox News.

Lire aussi : Présidentielle américaine : Trump laisse tomber la Fox pour une chaine plus à droite

Réduction d'impôts pour limiter les dégâts

Selon l'enquête d'un groupement professionnel d'économistes, une large majorité d'entre eux (72%) pensent qu'il y aura un ralentissement économique avant la fin 2021. La moitié des prévisionnistes interrogés par la National Association for Business Economists prévoient même une récession dès 2020.

De hauts responsables de la Maison-Blanche réfléchissent donc à plusieurs mesures destinées à stimuler l'économie, notamment en réduisant temporairement des charges sociales pour augmenter la paie des travailleurs.

"Nous y pensons", a confirmé Donald Trump mardi.

"Il considère de nouvelles réductions d'impôts", avait reconnu Hogan Gidley auparavant.

Lire aussi : États-Unis : vers une baisse d'impôts pour éviter la récession ?

Selon le New York Times, l'imposition de nouveaux tarifs douaniers par l'administration Trump sur des marchandises chinoises est aussi à l'étude. Le locataire de la Maison-Blanche a assuré mardi qu'il n'était "pas prêt à faire accord" avec la Chine. "On est en train de gagner !", a-t-il encore martelé.

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Commentaires
a écrit le 21/08/2019 à 19:04 :
M TRUMP à l'air d'être en pleine forme, après les rapports s........ avec Kim Jong un Président de la Corée du Nord. C'est vrai, qu'il tire de gros missiles.
a écrit le 21/08/2019 à 11:29 :
Si les médias arrêtaient un peu leur bashing vis à vis de Trump (qui représente tout de même les US et n'est pas "seul" pour gouverner…) et reprenaient les chiffres officiels de l'économie US actuelle, ils devraient convenir qu'il n'a pas tout à fait tort...
Réponse de le 21/08/2019 à 18:10 :
C'est vrai ça, les médias sont durs avec Trump et pourtant aucun président avant lui n'avait eu l'idée d'acheter le Groenland.
a écrit le 21/08/2019 à 11:22 :
C'est la même méthode qu'utilise ceux qui ne veulent pas qu'il réussisse!
a écrit le 21/08/2019 à 11:16 :
@ lachcor
la dette publique US est en fait de 120% PIB (il faut ajouter l'endettement des Etats fédérés et des collectivités locales).
et le déficit budgétaire fédéral resterait au dessus de 4,6% PIB jusqu'à au moins 2028, d'après les projections du Congressional Budget Office.
Réponse de le 21/08/2019 à 23:11 :
la dette privée (particuliers entreprises) aux USA est de 250% du PIB, elle est de 115% du PIB en France.

Sans compter que le déficit budgétaire des collectivité locales en France est quasi nul (puisque illégal), toute la dette publique est contractée par l'état.

Bref, les USA sont plus sensibles à un retournement de situation, notamment à un crédit crunch.
a écrit le 21/08/2019 à 10:29 :
Une croissance mondiale de 3%, une croissance américaine de 3%, les US ne sont pas en perte de vitesse. Un chômage à 3% et une dette publique égale à la production intérieure brute. Ces chiffres sont dans les normes de l'âge d'or. Alors que les vieux empires européens démembrés s'essoufflent et toussent, avec une bureaucratie inefficaces et des services publics obsolètes qui favorisent la co-dépendance et l'assistanat.
Réponse de le 21/08/2019 à 10:55 :
Bon bah les usa vont très très bien alors, finalement la méthode Coué marché un peu.
a écrit le 21/08/2019 à 8:39 :
20 205 milliard de dollars 105% du pib américain c'est le montant de la dette publique américaine alors que leur système sociale de redistribution est presque nulle et leurs services publiques anémiques. En France on a une dette publique un peu moindre mais équivalente mais un service publique puissant, une sécurité sociale, des alloc chômage, la cmu le rsa les apl etc, etc. rien de cela au US....
Réponse de le 21/08/2019 à 10:06 :
Certes, mais tous ces "avantages" a credit et sur le dos de vos generations a venir.
Je prefere de loin des regles claires.
Réponse de le 21/08/2019 à 10:20 :
Le mythe américain fonctionne toujours aux US, mais pour de moins en moins de monde. Trump sera-t-il le fossoyeur de ce mythe en tentant de le faire perdurer ?

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