Ce revirement, une première depuis les années 1960, cache toutefois de très fortes disparités en fonction du sexe, de l'âge, du parti politique ou encore de l'ethnie des Américains interrogés lors du sondage.
| Article publié le 04/10, mis à jour le 09/11 après que les habitants du Nebraska aient voté pour le retour de la peine capitale.
Le "pro"-type : un républicain blanc peu éduqué et âgé de plus de 30 ans
Si la tendance baissière est clairement observable depuis le pic au milieu des années 1990, période pendant laquelle 80% étaient pour la peine de mort, on constate néanmoins de très fortes disparités.
Entre hommes et femmes d'abord. Ces dernières sont très divisées, avec 45% qui s'opposent à la peine de mort, contre 43% en faveur. Les hommes, eux, semblent avoir une opinion plus tranchée (55% pour, 38% contre).
Selon le parti politique des sondés. Ainsi, la peine de mort récolte 72% d'adhésion chez les républicains (contre 87% en 1996), 34% chez les démocrates (71% en 1996) qui constituent la part la plus importante du recul des "pro" et 44% chez les indépendants (79% en 1996), qui sont ainsi pour la première fois depuis des décennies autant à soutenir la sanction qu'à s'y opposer (45%), note le cabinet d'études.
Au niveau de l'origine ethnique des sondés, catégorie dans laquelle les Blancs (57% pour, 35% contre) s'opposent aux Noirs (29% pour, 63% contre) et aux Hispaniques (36% pour, 50% contre). Une large différence qui s'explique notamment par l'important déséquilibre dans l'ethnie des condamnés à morts, très loin d'être représentatif de la population américaine : en 2015, 43% étaient noirs (alors qu'ils ne représentent que pour 13,3% de la population totale selon les derniers chiffres du recensement), 33% blancs (61,6% de la population) et 16% hispaniques ou latino (17,% de la population).
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
L'âge joue également pour beaucoup. Les moins de 30 ans sont ainsi à 51% opposés à la peine capitale (42% pour) mais la tendance s'inverse pour les générations passées.
Enfin, le niveau d'éducation est également un facteur à prendre en compte, puisque les personnes sans diplôme du supérieur sont entre 51 et 52% à soutenir la peine de mort, contre 43% pour les diplômés.
À ce jour, la peine de mort reste tout de même abolie dans 19 États, dont 7 ont pris la décision au cours des 16 dernières années. À cela, il faut également ajouter quatre États (Colorada, Oregon, Pennsylvanie et Washigton) où la peine de mort est en suspens, sous moratoire du gouverneur.